Avis principal par Beldaran
L’année 2026, c’est L’Année pour Kocha Agasawa qui voit deux de ses mangas s’animer sur petits écrans, dont celui qui nous intéresse aujourd’hui, Tani & Suzuki – You and I are polar opposites qui est diffusé sur Crunchyroll depuis le 11 janvier et The Ramparts of Ice dont la diffusion débutera le 02 avril sur Netflix.
Les éditions nobi nobi! nous ont proposé les deux premiers volumes en sortie simultanée le 07 janvier. Le manga totalise huit tomes et nous permet de découvrir une nouvelle mangaka. Mangaka qui a publié deux romcom, une dans un magazine shônen et l’autre dans un magazine shôjo et c’est le shônen qui nous est proposé en France. (Ne me faites pas écrire ce que je n’ai pas écrit). Bref, je ne pars jamais conquérante lorsque j’aborde une romcom pré-publiée dans un magazine shônen mais, le fait qu’elle soit écrite par une femme (oui, cela ne fait pas tout) plus le fait que les couvertures flashy mettent en scène les deux personnages, m’ont fait sauter le pas. Résultat ? J’ai dévoré les volumes. Je me suis gondolée comme pas possible. Suzuki présidente !
Le postulat de départ est simple, la bout-en-train Suzuki est amoureuse de l’impassible Tani mais tout les oppose. Elle et son caractère solaire qui braille fort, à tort et à travers et lui, plutôt taciturne qui fait son petit bonhomme de chemin à l’écart des différents groupes. Suzuki n’hésite pas à poser des questions, totalement perchées à Tani pour l’inclure dans ses délires. Du point de vue de ses amies, elle est envahissante. Très clairement, ce thème est exploité dans de nombreux mangas mais ici, l’autrice l’utilise uniquement comme point de départ à l’histoire car la suite s’intéresse à la manière dont le duo évolue au contact l’un de l’autre et surtout la façon dont ils sont perçus par les autres. Le récit fonctionne car les personnages sonnent justes jusque dans leurs dialogues. La narration s’accorde au caractère survolté de Suzuki et l’histoire enchaine les moments clefs des romances lycéennes (travail à la bibliothèque, premier rencard, festival de l’école…) avec intelligence et surtout beaucoup d’humour. Suzuki a souvent deux trains d’avance sur la situation alors que le train est toujours à quai, cela offre des moments décalés et très drôles. Nous suivons ses pensées et elle passe souvent du coq à l’âne mais elle s’adapte à l’inexpressif Tani qui lui, se demande, comment une fille comme elle peut être avec lui. On le sent bousculer par la fraicheur de Suzuki mais il reste lui-même, c’est-à-dire d’une grande franchise.
La force de frappe de ce type de récit sont les personnages. Si Suzuki et Tani forment un merveilleux binôme, les personnages secondaires ne sont pas en reste, olalala non, c’est du caviar. Il y en a pour tous les goûts et ils sont tous moteurs de l’histoire avec des caractéristiques propres et donc, des délires personnels. Leurs échanges sont savoureux, drôles, tout en posant des questions pertinentes sur les tourments adolescents. Je suis une grande fan du désabusé Taira. Attention, l’humour occupe une place importante mais Kocha Agasawa sait ménager des instants émouvants et choupis qui font fondre nos petits cœurs, avant de refaire travailler nos zygomatiques. D’ailleurs, à un moment donné, il faudrait nous dire qui est Gapacho ?
Le dessin de Kocha Agasawa est simple pour un rendu clair où les décors laissent la place aux personnages, même s’ils sont toujours détaillés et soignés. Le trait de l’autrice est particulièrement expressif. J’adore toutes les bouilles de Suzuki. Derrière un découpage classique, l’autrice propose des jeux visuels (je ne sais pas comment le définir autrement) qui accentue le côté humoristique de certains passages. Je pense en particulier à une case du chapitre 8 où Suzuki crie « Waouh » avec au premier plan, un enfant qui souffle dans un sifflet en papier. J’ai entendu le son en même temps que le cri de Suzuki. J’ai trouvé ça génial et non, je n’extrapole pas. Également, Kocha Agasawa apporte un soin particulier aux vêtements des personnages ce qui est vraiment appréciable.
En ce qui concerne l’édition, la qualité d’impression est correcte avec un papier souple, peu transparent. La traduction, signée Gaëlle Ruel, est de toute beauté.
Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions nobi nobi!
En conclusion
Tani & Suzuki s’offrent un départ sur les chapeaux de roues grâce à des personnages attachants et drôles. Vivement le troisième tome.
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