Avis principal par Beldaran
La fort sympathique collection Life des éditions Kana vivote depuis sa création en 2020, accueillant quelques titres au petit bonheur la chance. La dernière série à rejoindre la collection totalise sept volumes et dévoile un très joli titre français, Esquisses de nos cœurs en devenir. C’est l’occasion de découvrir le travail de Daichi Kawada qui œuvre depuis une décennie sur des récits de tranche-de-vie. Cela faisait un long moment que je n’avais pas lu de shônen issus de la Shûeisha. Le fait que ce dernier ait été publié en ligne sur le site Shônen Jump+ avait un côté rassurant. Résultat, j’ai adoré la lecture.
L’histoire prend place dans un lycée, plus précisément dans une salle d’arts plastiques où Shintarô essaie tant bien que mal de construire une boite en bois à la demande de son professeur. Le hic, il est plus à l’aise avec un crayon qu’avec une scie. A cela, s’ajoute une lycéenne, Kyôko, qui lui jette des regards noirs du fond de la salle et qui, excédée, finit par intervenir. C’est une rencontre peu banale qui lance un récit bienveillant et doux (enfin doux, si je fais abstraction du moment de violence à la page 17).
La relation que noue, au fil des jours, les deux lycéens, est touchante. Cela balbutie un peu mais les quiproquos sont rapidement effacés parce que les deux adolescents discutent, même s’il y a quelques coups de pouce du destin. L’histoire avance à un bon rythme avec les étapes « obligatoires » d’un couple en formation dont le fameux rencard qui nous permet de découvrir leurs amis respectifs qui font le boulot de soutien émotionnel. Le passage est également l’occasion de comprendre le rapport de Kyôko à l’entreprise familiale, réputée dans la fabrication de Taiko. Car oui, l’art et l’artisanat forment un décor très agréable au développement de cette romance. L’auteur exploite parfaitement ces deux activités qui sont complémentaires. Shintarô prend des cours du soir pour intégrer une école d’art tandis que Kyôko épaule déjà son grand-père pour intégrer de manière officielle l’atelier familial. Leurs voies sont tracées, ils savent où ils vont et leur rencontre renforce leurs passions pour leur art car ils se comprennent. L’autre point intéressant est que nous avons leurs deux points de vue ce qui offre un bel équilibre au récit tout en lui conférant une certaine justesse. Comment ne pas être touché par la passion de Kyôko qui se dévoue, peut-être trop, à la fabrication des tambours ? Elle a un côté bourru car peu à l’aise avec l’expression de ses sentiments mais elle avance. Shintarô fait plus accessible, même si réservé. Il se triture le cerveau pour bien faire et reste à l’écoute. Ils sont vraiment choux à suivre.
Comme écrit plus haut, les deux lycéens peuvent compter sur leurs amis. Himari est un rempart de protection pour Kyôko ce qui offre une scène assez drôle avec le pauvre Taki qui n’en demandait pas tant.
Le dessin colle parfaitement à l’histoire. Le trait est fin et aéré. Il fait la part belle à l’expressivité des personnages et surtout est détaillé lorsqu’il le faut, notamment pour les décors et je pense à l’atelier de fabrication des Taiko. Le découpage est classique mais fait la part belle aux différents gestes, minutieux de l’artisane et de l’artiste.
L’édition reprend les standards de la collection Life : un papier souple, légèrement transparent pour une qualité d’impression correcte. La traduction, signée Aline Kukor-Pitas, est très agréable.
Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Kana.
En conclusion
Esquisses de nos cœurs en devenir propose une entrée en matière très agréable, bien rythmée avec des personnages passionnés et attachants. Vivement la suite !
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