Ce qu’aimer veut dire

Ce qu’aimer veut dire

Résumé :

Yû Terada est un étudiant solitaire et taciturne qui semble hanté par une relation passée. Une nuit de janvier, il tombe par hasard sur Hikari Fujimiya, coincée hors de chez elle en pleine tempête de neige. Si elle le reconnaît, lui n’a aucune idée de qui est cette fille sans gêne au tempérament étrange. Cette rencontre va être l’occasion pour ces individus diamétralement opposés de découvrir qu’ils ont en commun un sentiment bien particulier : la solitude.
Entre malentendus et tentative d’acceptation de soi, Yû et Hikari vont commencer à se fréquenter, à se connaître et, qui sait… à s’aimer ?
Source : Maho

Avis principal par Beldaran

Les éditions Mahô poursuivent l’élargissement de leur catalogue light novel en accueillant une nouvelle série, le premier tome de la trilogie, Ce qu’aimer veut dire. Le roman écrit par Renri Hôjô et illustré par Sako, a terminé premier de la dixième édition du Grand Prix Overlap.

Nous quittons les récits de fantasy pour une romance contemporaine, post COVID-19 qui explore le spectre de l’asexualité. La découverte de cet élément fut une agréable surprise car les romans sur l’asexualité ne courent pas les rues. Et non, ce n’est pas du spoil puisque le roman s’ouvre quasiment sur la définition de l’asexualité que je vous livre ici : « orientation sexuelle qui se définit par l’absence de désir envers autrui. Une personne qui éprouve des sentiments amoureux mais aucune attirance sexuelle est asexuelle. Une personne qui ne ressent ni l’un ni l’autre est aromantique et asexuelle ». Et j’ajoute que Renri Hôjô précise dans sa postface que le personnage de Yû n’a pas vocation à incarner l’asexualité au sens large mais d’une façon qui lui est propre, notamment autour du sentiment de solitude qui est l’émotion phare du roman.

Yû Terada, en deuxième année de fac à Tokyo, décide par une soirée glaciale et neigeuse de janvier de se rendre à la supérette. Coup du sort, il tombe sur une étudiante frigorifiée sur banc, Hikari, qui le hèle sans gêne. La rencontre est peu banale et s’annonce à l’image du développement de leur relation.

La construction du récit est intéressante car nous alternons les points de vue des deux protagonistes et obtenons souvent un éclairage différent sur une situation, même si, ce qu’il en ressort, est qu’ils ne savent pas communiquer ce qui entraine des quiproquos qui m’ont fait me cogner le livre sur le front. Les enfants non de nom, au lieu de vous insulter, discuter des choses importantes. C’est le point agaçant de l’histoire.

Comme je l’écrivais en introduction, le récit s’articule autour de la solitude qui revêt différentes formes suivant le caractère de l’individu mais aussi son passif. Yû a connu une rupture brutale au lycée car il n’a pas su poser de mots sur ses ressentis et s’est perçu comme anormal jusqu’à ce qu’il découvre l’asexualité. Afin de ne plus faire de mal à autrui et pour se protéger, il s’est enfermé dans une gangue pessimiste qui tient les autres à distance, tout essayant de mettre des mots sur ce qu’est l’amour.

Le fait que le roman soit à la première personne du singulier nous place au plus près des pensées de Yû. Il y a de longues phases introspectives qui nous permettent de saisir le désarroi du jeune homme qui a du mal avec les interactions sociales. Ses manques, ses vides, Hikari vient les combler au bulldozer en apportant ses propres blessures. L’étudiante a été brisée psychologiquement par l’indifférence de ses parents qui ont eu un enfant parce que ça fait partie du cahier des charges du couple hétérosexuel. Le bien-être de l’enfant, kesako ? Elle est touchante car elle déploie une énergie folle pour être acceptée mais le masque qu’elle se force à porter est lourd et le fait de pouvoir le tomber avec Yû est un soulagement. Naturellement, comme les deux font tomber leurs barrières lorsqu’ils sont ensemble cela donne des échanges bruts de décoffrage où ils s’insultent une fois sur trois.

Les jours filent, les sentiments se transforment et chacun se dépatouille avec les siens mais le blocage de Yû est tenace. La fin, eh bien, elle appelle, très clairement le tome 2 car si une mini étape est franchie, de nombreux non-dits planent et le relation ne tient sur un fil.

Si j’ai apprécié l’histoire, j’ai eu plus de mal avec le style d’écriture, même si à force je m’y suis habituée. J’ai eu la sensation qu’il y avait un décalage entre les moments introspectifs et les dialogues plus familiers comme si les personnages possédaient deux modes. Ce décalage de ton a rendu les échanges souvent peu naturels. Également, la manie de l’auteur de montrer quelque chose par l’action d’un personnage et de nous expliquer ladite action dans la foulée, m’a donné l’impression d’être une idiote. Et j’observe, qu’il y a le même type de narration dans les séries animées où tout nous est expliqué au-cas-où : c’est fatigant comme truc.

Aucun rapport, mais si le clin d’œil aux héroïnes de shôjo manga est prévisible, la référence à Demon Slayer m’a cueilli. Je relu deux fois le passage pour être sûre. Vive Giyu Tomioka.

Les dix illustrations dessinées par Sako s’intègrent bien au récit, en représentant des moments importants. En revanche, je regrette l’absence de variété dans les tenues vestimentaires.

L’édition reprend le format light novel de l’éditeur, un format agréable à prendre en main. La mise en page est aérée pour un bon confort de lecture, même si le papier est légèrement transparent. Nous avons droit à trois illustrations couleurs en double page, sur papier glacé, avec en plus, une reprise du visuel de couverture. La traduction, signée Lola Vendries, est claire. Je ne lui impute pas le problème de style, propre à l’auteur, au contraire, je salue la recherche d’un vocabulaire varié.

Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Mahô.

  • Scénario
  • Dessin
3.5

En conclusion

Ce premier volume de Ce qu’aimer veut dire aborde avec justesse les tourments de la solitude, tout en s’attachant à explorer le spectre de l’asexualité grâce à des personnages touchants. A voir ce que nous réserve la suite.

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