Avis principal par Beldaran
Au mois de juin les éditions Pika ont publié leur nouveau shônen d’aventure encensé par MASHIMA Hiro qui a fini par débarquer dans ma boite à lettres il y a une quinzaine de jours, Galaxias.
Galaxias est la première série de Ao Hatesaka lauréat en 2022 du 108e Rookie Manga Award du Shônen Magazine des éditions Kôdansha. La série est toujours en cours au Japon avec trois volumes au compteur. Je suis toujours en quête d’un p’tit shônen d’aventure car cela peut être une lecture sympa et malgré de nombreuses maladresses, Galaxias s’en sort plutôt bien, si je fais également abstractions des nombreuses blagues autour du caca (la première est en page 1, j’ai soufflé fort).
Une île perdue aux confins du royaume de Laniakea est arpentée en long en large et en travers par la jeune Geo qui ne rêve que d’une chose, d’aventures ! Le hic, son père, un dracoïde armé d’une queue puissante, la contraint à vivre jusqu’à sa mort sur ce caillou. Mais, intervention du Destin, incarné par un rescapé amnésique, Nereid qui lui ouvre les yeux en grand.
Le lancement de l’histoire évoque de nombreux récits de ce type, à l’image de Granblue Fantasy. Bref, s’en suit un affrontement avec un méchant très méchant qui révèle un secret à Geo qui change son futur. Point appréciable de cette première partie, Geo sait se défendre, elle a de la ressource et ça fait plaisir. En ce qui concerne, Nereid, l’auteur joue beaucoup avec son amnésie. Il a littéralement tout oublié, du monde ou des conventions sociales et parfois, le décalage créé est lourdingue mais correspond à l’âge du public visé.
Après, le chapitre introductif s’en suit un long mini-arc autour des caléchiers d’une grande cité portuaire. J’ai bien aimé le propos sur la manière de faire évoluer une ville sans léser personne et on tourne toujours autour du même concept, suivez/réalisez vos rêves. Le problème de ce passage : il est mal construit. Cela aurait pu être une étape avec une mini-péripétie mais non, ça traine en longueur pour pas grand-chose : une révélation autour des ordres de chevaliers dragons, avec un combat sortit du chapeau et un final ridicule. Par conséquent, le dernier chapitre, très court, doit donner des informations importantes mais se prend les pieds dans le tapis de la narration : grosse révélation sur les deux comparses puis chute (une vraie) puis découverte d’un gros indice pour la suite de leur aventure. C’est comme si Ao Hatesaka essayait de prendre le temps pour développer son univers, tout en accélérant le récit de manière artificielle par moments. Résultat, la narration manque de fluidité.
Je ne reviens pas sur l’humour qui est au ras de la fosse septique. Je pense être trop vieille pour les blagues pipi caca.
Néanmoins, on sent que Ao Hatesaka en a sous le coude pour le déploiement de son univers, les capacités des dracoïdes laissent entrevoir de larges possibilités dans les pouvoirs et donc dans les affrontements tandis que le mystère de Nereid et de Geo fait office de fil conducteur convainquant.
En ce qui concerne les dessins, il y a de nombreuses maladresses et des faux raccords, un coup le personnage est blessé, la case d’après il est ok et il est reblessé. Les scènes d’action sont brouillonnes et qu’écrire sur les cous des personnages, Nereid possède un cou de taureau et Geo un coton tige sur lequel on a vissé sa tête ronde. Ceci étant écrit, le trait de Ao Hatesaka est fin et particulièrement soigné pour représenter les décors et notamment la ville des caléchiers. Il y a également de très jolis doubles pages qui apportent du dynamisme au découpage classique. Les personnages sont très expressifs, qu’est-ce qu’ils gueulent (ça en fait des chicots à dessiner).
Pour l’édition, on retrouve le petit format shônen avec un papier souple, crème, très légèrement transparent et une bonne qualité d’impression. Nous avons droit à des premières pages couleurs sur papier glacé dont une très chouette illustration sur double page. Le visuel de couverture est fidèle à la version japonaise jusque dans la typographie du logo titre. La traduction, signée Benjamin Moro, est dynamique et colle bien aux personnages.
Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Pika.
En conclusion
Galaxias est un shônen d’aventure de fantasy qui se laisse parcourir avec plaisir malgré quelques maladresses narratives et visuelles. A voir comment se développe la suite.
User Review
0 (0 votes)