Avis principal par Beldaran
Persuadée, j’étais persuadée que le manga était sorti en début d’année alors qu’il est disponible depuis le mois d’octobre 2024. Ma PAL tord l’espace-temps, c’est terrifiant.
Le thème m’a poussé à m’intéresser à cette première publication du travail de Yoh Matsumoto, le Japon de 1950. J’ai apprécié la lecture même si un second volume aurait permis de mieux développer certains points dont la romance.
Le Japon a perdu la guerre et les bases américaines fleurissent sur le littoral japonais afin de participer à la reconstruction du pays vaincu et ruiné. Cet apport de soldats entraine le développement de bars et autres lieux de divertissement. La misère suinte à chaque coin de rues et les femmes misent sur les soldats américains pour s’en sortir provoquant le dégoût des japonais rongés par la défaite. Le contexte est parfaitement exploité, c’est un plaisir à suivre et l’autrice ne s’arrête pas seulement au Japon mais aborde également l’homosexualité aux États-Unis, considéré comme un crime. L’atmosphère est particulièrement bien rendue et on sent que cela peut basculer à tout moment, notamment lorsque les deux hommes quittent l’espace chaleureux qu’ils ont construit pas à pas.
Sei est un ancien soldat japonais devenu serveur, totalement détruit par ce qu’il a vécu, notamment par la mort de son meilleur ami. Désabusé, il passe de femme en femme et est incapable de rester seul la nuit. Jim est un soldat américain solaire, d’une grande gentillesse qui lui avoue son attirance rapidement. La relation ne débute pas sous les meilleurs hospices mais les deux hommes y trouvent leur compte : Sei un échappatoire et Jim être lui-même. Sei pousse Jim dans ses retranchements mais l’américain garde le cap. La bascule du récit aurait mérité plus de développement. C’est brutal, pour les deux hommes, mais cela reste bien ancré dans la période historique. Sei a changé grâce à la bienveillance de Jim. Il en résulte une relation touchante grâce à deux êtres qui le sont tout autant.
Le dessin de Yoh Matsumoto est fin et soigné. Les personnages sont expressifs. Le découpage est classique.
L’édition est plaisante. Le papier est souple et la qualité d’impression correcte. Le titre français est bien trouvé. La traduction, signée Isabelle Eloy, est fluide et agréable.
Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Taifu Comics.
En conclusion
Le soldat qui m’a rendu mes nuits est un boy’s love historique qui exploite parfaitement la période et aux personnages attachants. Une jolie lecture.
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