Un nécromancien maléfique a tué le roi et emporté la princesse dans la titanesque “tour des dragons” ! La garde royale se lance à son secours mais est mise en déroute par les redoutables monstres qui infestent le bâtiment. Les habitants des villages alentour sont alors mobilisés. L’un d’eux est un jeune homme à la force prodigieuse : Yuva, le héros de cette histoire.
Source : Glénat
Avis principal par Beldaran
C’est en 2014, donc tardivement, que j’ai découvert le travail de Tsutomu Nihei avec l’adaptation animée de Knights of Sidonia dont j’ai été fascinée par l’animation. La venue de l’auteur en 2019 à Angoulême m’a poussée à m’intéresser à son travail et notamment à ses déploiements de mégastructures, pour reprendre le terme du monde clos de Blame !. Soit dit en passant, j’ai trouvé l’exposition qui lui était consacrée à l’espace Franquin décevante.
Les titres de Tsutomu Nihei ont été publiés en France dans leur grande majorité aux éditions Glénat depuis Blame ! en 2000 et c’est donc logique que l’éditeur propose la dernière série en date de l’auteur, Tower Dungeon.
Le premier tome est paru en mai 2025 (oui, je suis toujours aussi en avance) et le troisième sortira le 18 mars prochain. Avec Tower Dungeon, Tsutomu Nihei quitte le vaste monde de la SF pour plonger dans celui de la fantasy.
Un nécromancien a dégommé le roi et a enlevé sa fille qu’il maintient prisonnière dans une gigantesque tour, la Tour des Dragons. Le déroulé de ce premier volume est classique et exploite différents éléments des récits d’heroic-fantasy avec la phase d’exploration, de libération de princesse et de quête initiatique pour le héros qui est un fermier à l’origine.
Yuva possède une incroyable force et se trouve envoyé à la Tour car son village doit participer à l’effort de sauvetage. C’est le type de personnage nonchalant, qui se laisse porter par les évènements et qui, à un instant T, fait un choix qui le conduit de fil en aiguille à mettre sa vie en jeu, en se découvrant de nouvelles émotions et des compagnons d’aventure.
Le récit est assez linéaire dans ce tome d’exposition qui en révèle peu sur l’univers extérieur à la Tour. La Tour est une énorme structure verticale, scandée de paliers où un monstre-gardien différent, attend les chevaliers explorateurs/libérateurs. La notion d’exploration est bien montrée dans la gestion du matériel à porter, dans l’aspect labyrinthique de l’espace où à chaque coin les chevaliers peuvent tomber sur des morts vivants et autres joyeusetés.
La Tour est marquée par le passage du temps, en dévoilant de ci de là, les traces anciennes d’autres chevaliers et surtout, elle est un lieu à part, hors du temps. Elle possède également son propre fonctionnement et son propre langage. L’ambiance étouffante et étrange à l’intérieur des murs est parfaitement retranscrite, la rupture est nette avec le temps extérieur.
Par moments, la narration est quelque peu décousue. L’histoire subit des accélérations pour coller au déroulé classique du récit d’heroic-fantasy avec l’apparition d’éléments clefs, à l’image du personnage féminin agaçant, très fort mais qui a eu besoin d’être sauvé et qui lorsqu’elle utilise la magie se retrouve à poil. Pourquoi ? Pourquoi les deux personnages féminins forts et importants du volume doivent être présentées nues. Pourquoi ? Les récits de fantasy n’ont donc pas évolué depuis le début du XXe siècle ?!
L’histoire nous embarque facilement grâce aux graphismes qui, derrière une fausse simplicité, dégagent beaucoup de force. La Tour dévoile sa verticalité écrasante grâce à des angles de vue astucieux et variés qui assoient la puissance de la structure sur les chevaliers, infiniment petits face à sa grandeur. A chaque page d’exploration, Tsutomu Nihei rappelle l’infini verticalité du donjon, même sur les paliers où les colonnes se perdent dans un noir d’encre. Les scènes d’action sont dynamiques grâce au découpage et à l’importance des onomatopées. La mise en scène des gardiens de paliers est saisissante, je pense notamment à la double page avec le dragon qui est incroyable. Le bestiaire bien que classique, surprend dans la manière dont l’auteur se le réapproprie.
L’édition est dans les standards de l’éditeur avec un papier fin, très légèrement transparent et une qualité d’impression correcte. A la traduction, nous retrouvons avec plaisir Yohan Leclerc, déjà à l’œuvre sur de nombreuses séries de l’auteur, pour un résultat très agréable. A noter que l’éditeur a proposé une version collector du tome qui comprenait une couverture en similicuir, à l’image de ce que fait Ki-oon pour la collection des Chefs-d’œuvre de Lovecraft avec en plus une illustration couleur qui reprend le dessin de la couverture du tome 1 classique.
Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Glénat.
Scénario
Dessin
4.3
En conclusion
Tower Dungeon introduit un récit d’heroic-fantasy classique, porté par de superbes dessins qui offrent une ambiance singulière très réussie. A voir par la suite si l’histoire s’étoffe.
En conclusion
Tower Dungeon introduit un récit d’heroic-fantasy classique, porté par de superbes dessins qui offrent une ambiance singulière très réussie. A voir par la suite si l’histoire s’étoffe.
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