Blade & Bastard

Blade & Bastard

Résumé :

Dans les profondeurs du « donjon », où les aventuriers bravent les monstres à la recherche de richesses, un groupe découvre un jour le corps sans vie d’un homme dans une zone pourtant considérée comme inexplorée. Ce cadavre, dénommé Iarumas, est ramené d’entre les morts mais n’a aucun souvenir de sa vie précédente… Prêt à tout pour découvrir qui il est, il devient collecteur de cadavres dans le donjon. Méprisé par beaucoup pour ce travail, Iarumas accomplit ses expéditions seul, jusqu’au jour où il croise la route de Garbage, une jeune esclave aux fabuleux talents d’épéiste. Mais la mystérieuse guerrière a tout d’un animal sauvage et ne communique que par des grognements. Bizarrement attachée à Iarumas, elle se met à le suivre partout, au grand dam de celui-ci ! Elle pourrait cependant se révéler une bien meilleure alliée qu’il n’aurait pu l’imaginer…
Source : Pika

Avis principal par Beldaran

Le light novel s’inscrit dans la vaste licence Wizardry dont les premiers jeux de rôle sont sortis sur ordinateur au début des années 1980. Au Japon, la licence connait un très fort engouement avec le développement de jeux sur de nombreuses consoles et dont certains ne passeront jamais les frontières de l’archipel.

Je ne connaissais pas l’univers mais ce ne fut pas dérangeant, j’espère seulement que les jeux sont plus trépidants que le light novel. Le nom de So-bin m’a attiré car j’apprécie ses illustrations pour Overlord mais j’aurais dû m’arrêter au nom de l’auteur KAGYU Kumo, déjà aux manettes de Goblin Slayer. Quel ennui mes aïeux, mais quel ennui. Pour vous dire, l’histoire connaît un sursaut à la page 230 et l’épilogue pseudo-cryptique pourrait presque me donner envie de lire le tome 2.
Ah, et sinon, Kumo Kagyu s’est lancé dans l’écriture de ce nouvel univers en 2022 tandis qu’en 2023, Fugetsu Makoto s’en est emparé pour le basculer au format manga. Les éditions Pika ont lancé le light novel et le manga simultanément le 04 mars dernier. Une adaptation animée a également été annoncée.

Un trou béant plongeant dans les entrailles de la terre attire certaines personnes en quête de richesse, de gloire ou de frissons : place aux aventuriers. Ce donjon labyrinthique qui déploie ses couloirs tortueux est à l’image d’une boite de chocolat, vous ne savez pas sur quoi vous allez tomber : pièges mortels, monstres assoiffés de sang et autres joyeusetés. Heureusement pour vous, si vous avez du bol et de l’argent, vous pourrez être ressuscité au sanctuaire par une sœur, une elfe magnifique, à la chevelure argentée, toute douce et je vous ai dit qu’elle était magnifique ? Si vous avez de la chance la résurrection fonctionne, sinon vous restez cané : merci pour ce moment.

Si votre groupe, ne peut rapporter votre dépouille, n’hésitez pas à contacter au 3615 pilleur de cadavres, Iarumas, qui se fera un plaisir de vous dépanner contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Naturellement, ce Iarumas est entouré de mystères très mystérieux et il est aussi loquace qu’un tabouret mais c’est pour le mystère.

Dans cet univers les guildes n’existent pas, on parle de clans, c’est plus chic, d’après le sous-entendu de l’auteur. Les aventuriers existent bel et bien et pullulent autour et dans le donjon, donjon qui impose ses petites règles qu’on découvre au petit bonheur la chance et qu’on nous répète au cas où on se serait endormis 20 pages avant.

La seule intrigue vendue par le résumé est celle autour du passé de Iarumas. Il y a une tentative de déviation avec l’apparition d’un personnage féminin, une esclave, Garbage et d’un autre personnage, un voleur Raraja. Le traitement de l’évènement autour de Raraja et notamment la manière dont il rejoint le groupe, ce n’est pas possible, en termes d’écriture, c’est mauvais, c’est mal construit. J’ai relu le passage plusieurs fois, tellement c’est absurde dans la manière dont les personnages passent rapidement à autre chose, pour que le gars 50 pages plus tard se dise, « hum, je reconnais cette cape, tientien ». MAIS ! En ce qui concerne, les intrigues c’est zéro et celle lancée par l’épilogue arrive comme un cheveu sur du gruau.

La tension narrative est inexistante mais on s’accroche, il va finir par se passer un truc. Malheureusement, la narration est à l’image de son personnage principal, Iarumas, plate, désespérément plate. Alors attention, le gars découvre les joies du travail en groupe à la page 265. C’est beau, j’en aurais lâché une larme. La révélation finale sur son compte, ah ah ah, j’ai ri et même remarque pour Garbage. Tout au long du bouquin, certains personnages font des remarques sur son visage, ses yeux, ses cheveux, genre la fille leur évoque quelqu’un mais qui ? D’ailleurs, Garbage a le comportement d’un chien. Elle ne parle pas, elle aboie. Elle ne bite rien. Elle a une grande épée et elle tranche des trucs. Tout le monde la touche sans son consentement. C’est un festival. Le voleur, Raraja, c’est celui qui a le plus de réflexions intérieures et par qui les réponses arrivent. Il s’interroge beaucoup, pour finalement suivre le mouvement. De toute façon, en ce qui concerne l’ouverture des coffres, c’est Frieren la meilleure.

Iarumas côtoie le groupe phare de la cité, la crème de la crème des aventuriers les All-Stars. A chaque fois qu’ils apparaissaient dans le récit, j’avais la voix de Nicky Doll qui clamait « qu’on me ramène mes All Stars ».

Aucun des personnages n’est attachant. Il leur arrive des trucs : ok, vu. Passons à autre chose.

Et maintenant, je vais devoir m’attaquer à l’adaptation manga, je suis impatiente (non).

Face à une histoire aussi palpitante qu’un caillou en bord de sentier, je misais tout sur le trait de so-bin. Ah. Ah. Ah. Quatre illustrations disséminées entre les pages, plus ou moins pertinentes, avec cinq visuels pour les chapitres qui reprennent les personnages de la page couleurs mais le tout est flou. Je ne sais pas si cela vient de l’impression mais les visuels ne sont pas nets et trop sombres. Seule l’illustration de la couverture est correcte. La déception est forte.

En ce qui concerne l’édition, c’est le format standard des romans Pika, avec une mise en page aérée pour un bon confort de lecture. En revanche, je m’interroge sur la qualité d’impression des illustrations couleurs et noir et blanc : c’est flou et c’est très marqué sur l’illustration couleurs qui se déploie sur papier glacé.

La traduction, signée Mathilde Tamae-Bouhon, est plutôt agréable, malgré les nombreuses répétitions, notamment pour la description des personnages.

Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Pika.

  • Scénario
  • Dessin
2

En conclusion

Blade & Bastard est un récit de dark fantasy, plutôt fantasy que dark, mou du genou avec une histoire et des personnages aussi intéressants que du chiendent.

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