Area 51

Area 51


Résumé :

Toutes les divinités, toutes les créatures mythologiques et folkloriques, toutes les légendes d’hier et d’aujourd’hui existent vraiment. Elles sont parquées dans une ville cachée du monde et forcées d’y mener une existence calquée sur celle des humains. Cette ville a un nom : Area 51. Arpentez ses rues et risquez-vous dans ses bas-fonds sur les traces de Tokuko McCoy, détective privé qui y a ouvert une agence d’enquête et filature, où elle y accueille des clients à l’image de la faune locale.
Source : Casterman

Avis principal par Beldaran

J’ai découvert Hisa Misato grâce à Jabberwocky proposé par Glénat. J’ai tellement accroché à l’univers de l’auteur que c’est avec une certaine impatience que j’attendais Area 51, annoncé chez Casterman et je n’ai pas été déçue !
Nous connaissons tous la mystérieuse zone 51 localisée au fin fond des Etats-Unis, lieu qui nourrit de nombreuses théories, sur les extraterrestres entre autres, depuis des décennies. Hisa Misato nous livre sa version de l’Area 51 et quelle version ?!

Les premières pages annoncent la couleur et promettent un récit riche en action, appuyé par une narration survoltée. L’histoire semble pour l’instant dénuée de tout fil conducteur et les chapitres s’enchainent sans véritable lien entre eux. Cependant, ils servent à planter le décor qui évoque une grande ville américaine des années 50. Pour le moment, on ne sait pas vraiment comment elle fonctionne, même si l’on devine que certains quartiers sont sous la coupe de « chefs ».
Les différents récits sont prenants, certains étant plus durs que d’autres et instaurent une ambiance assez sombre, digne des polars noirs. C’est donc un univers très riche qui nous est offert avec le renfort de créatures issues des différentes mythologies du monde.

Le bestiaire est l’élément central de l’œuvre. Le récit s’articule autour de lui et on sent que le mangaka prend plaisir à exposer ces différentes légendes, qu’elles soient monstrueuses ou divines. Ces dernières sont à chaque fois rapidement présentées mais ces encarts ne gênent en rien la lecture qui reste fluide. Le premier tome révèle la multitude de personnages folkloriques à utiliser. C’est ainsi que j’ai découvert certains êtres du folklore asiatique et cela m’a fait comprendre que les mythes sont une source quasiment inépuisable de personnages. Les créatures ne sont pas toutes égales en terme de puissance et se dessine, de ce fait, une sorte de hiérarchie. Elles ne sont pas toutes non plus très aimables ou fréquentables à l’image du chapitre sur le vampire qui souligne un des aspects sombres de cette ville pas comme les autres. Au milieu de tous ces êtres uniques, quelques humains sont présents, comme le personnage principal Tokuko Magoi alias Mc Coy.

Mc Coy est une détective privée qui, pour une grosse liasse de billets, s’occupe de tout: de la récupération de biens au sauvetage. Mais soyez prévenus : où elle passe architecture et autres créatures trépassent. C’est un personnage très classe qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui surtout manie le colt comme personne. Pour le moment on ne sait pas vraiment pourquoi elle se trouve dans l’area 51 et les infos sur son passé sont distillées au compte goutte.

Mc Coy est accompagnée dans son travail par un Kappa fraichement débarqué du Japon : Kishiro. Il est là pour tempérer le caractère explosif de sa coéquipière, enfin, du moins, il essaie. Sinon il fait surtout office de chauffeur et ne paraît pas très très fort. Il tente de s’adapter à cette nouvelle vie. Le duo croise d’autres personnages qui deviennent récurrents dans le récit mais dont je vous laisse le plaisir de la découverte.

Si vous avez jeté un œil à Jabberwocky, les graphismes d’Area 51 ne vous surprendront pas, sauf qu’ils sont mieux travaillés et plus aboutis. En effet, le côté brouillon du premier a disparu et laisse place à des planches très dynamiques, portées par un découpage vraiment vivant. Ce style graphique correspond parfaitement à l’histoire qu’il conte et surtout la nourrit.

L’édition proposée par Casterman est au poil et très agréable. Les couvertures et les pages couleurs sont classes. La traduction est efficace et accentue le dynamisme de la narration.

Tomes 3 et 4 par Beldaran

Hisa Masato confirme avec les tomes 3 et 4 qu'il maîtrise son récit et nous offre deux volumes absolument brillants et terriblement efficaces.

Tome 3 :
Il est divisé en trois parties. La première boucle l'intrigue lancée dans le volume 2 et nous réserve de multiples surprises grâce notamment à un flash-back sur Kishirô depuis son arrivée dans l'Area51 et sa rencontre avec McCoy. Il est très bien fichu et nous révèle toute la complexité pour survivre dans ce monde, sans forcément tomber dans le pathos. De menus informations nous sont également données sur McCoy. Le tout se conclut par un affrontement de haute volée qui met fin à un fait dont on ne s'attendait pas à ce qu'il se stoppe si brutalement.

La deuxième partie est beaucoup plus légère et fait retomber la tension de la première partie. C'est une intrigue totalement farfelue qui va très très loin, menée de main de maître avec un humour parfaitement dosé. (Le coup des aliens drogués à la sauce Chili est tout simplement magique!) Cette petite histoire l'air de rien nous en apprend un peu plus sur le fonctionnement de l'Area51.

La troisième partie nous plonge dans une intrigue qui touche de près au passé de McCoy et s'avère particulièrement prenante et toute en pression. Une nouvelle fois le récit est très bien structuré et la suite promet d'être explosive !

Le chapitre bonus m'a bien fait marrer, en mettant en scène des personnages croisés dans les tomes précédents.

 

Tome 4 :
La première partie souligne la richesse de l'univers qui ne cesse de nous surprendre avec l'introduction du conseil des Dieux et le big méchant qui est particulièrement bien trouvé. En bref, Mc Coy est dans la moise et s'en rend compte un peu tard. Cependant, cela nous permet d'en apprendre plus sur son passé et lui offre un très grand moment de classe ultime. Le fil rouge s'étoffe considérablement et promet de grandes choses pour la suite.

Comme à son habitude après un arc très prenant, Hisa Masato nous en offre un plus léger qui développe encore plus (oui c'est possible) ce monde. Les contes de fées vus au travers du prisme de l'Area51 cela ne peut donner qu'un récit magistral. De plus, certains éléments pourraient contribuer à l'intrigue principale : rien n'est laissé au hasard.

Le petit chapitre final est très très drôle.

Les graphismes sont toujours aussi bons avec des doubles pages époustouflantes servit par un découpage toujours aussi dynamique. Ce style est parfaitement adapté à l'histoire qu'il raconte.

Si vous n'avez pas encore cédé à l'appel de l'Area51, succombez ! C'est assurément un titre qui va devenir indispensable à toutes mangathèques.

Tome 5 par Beldaran

Après deux tomes assez fous et sombres, le volume 5 se veut plus posé tout en enrichissant l'univers de l'Area 51 et nous dévoile un peu plus son fonctionnement à travers trois histoires qui font malgré tout échos, de manière discrète, à des évènements passés dans les tomes précédents.

La première a un déroulement totalement fou et permet au nouvel assistant de McCoy de s'illustrer ou du moins d'essayer. Le clin d'oeil à Kishiro en début de tome me fait espérer son retour. Je n'ai rien contre le Prince mais je ne sais pas, je ne suis pas fan.

L'US Army est mise en avant avec un aspect de l'Area 51 qui n'avait pas été abordé jusqu'à présent : le fait que les créatures enfermées à l'intérieur souhaitent sortir.

La deuxième histoire apparaît assez simple dans son récit mais le déroulement est tout simplement génial et permet l'introduction d'une nouvelle créature. Le Prince déguste toujours autant. Je ne le sens pas adapté au métier.

La dernière est la plus longue et correspond à une des conséquences des événements du tome 3. Le récit s'articule autour du panthéon grec et on comprend que pour survivre au milieu des autres dieux, il a fallu faire des sacrifices. Hades possède une classe folle. Cette inversion dans le panthéon est bien trouvée et finalement compréhensible.

Les références à Jabberwocky sont cool, voir Sabatha et Lily en mode "mignon", c'est chou.
Le chapitre bonus est totalement cinglé, à l'image de la série et finalement nous fait comprendre beaucoup de choses.^^

Ce fut un plaisir de dévorer ce tome qui enrichit l'univers du titre encore un peu plus.

Tome 6 par Beldaran

Le tome 6 confirme l'excellence du titre !

Il débute de manière assez classique avec un chapitre-une histoire qui nous transporte du côté du panthéon chinois avec une histoire de zombie fou. Encore une fois le récit est très bien construit et le duo McCoy- Le Prince fonctionne, même si ce dernier est souvent malmené mais c'est dans sa nature de "prince".
Après ce chapitre fort sympathique qui développe un plus l'univers (ce dernier ne semble pas avoir de limite et c'est tant mieux !), le ton de l'histoire change et revient sur l'intrigue principale McCoy et l'épée de Kusanagi. Et là, cela devient particulièrement bon !
Le panthéon nordique est mis en avant, avec le fameux Ragnarök. Plus le récit défile et plus on comprend que la paix qui existe entre les différents panthéons est fragile et un certain personnage ultra flippant va en profiter. La tension monte crescendo jusqu'à un passage où j'ai du relire la page trois fois. Quel choc ?!

Le petit chapitre pour les 10 ans de carrière du mangaka est génial et enfin, on comprend le pourquoi du comment d'un point particulier ! Ahah !

Les graphismes sont de plus en plus percutant. La suite promet de l'être tout autant !
En bref, vivement le tome 7 !

Tome 7 par Beldaran

Tome 7 :

C'est toujours aussi bon !

Le récit débute en pleine guerre ente les Dieux qui ont légèrement pété les plombs. Le passage nous offre des combats assez bons.
Le Prince a réussi à atteindre le restaurant Gods of Earth mais il lui reste du chemin à parcourir pour atteindre le Valhalla. Heureusement il recevra l'aide d'une divinité rencontré dans le dernier tome et que je trouve fort sympathique et trop honnête pour être un Dieu comme dirait Pike.

L'arrivée de Zeus est très classe et très en décalage avec sa représentation, ce qui apporte une touche d'humour bienvenue dans cette tension ambiante. A ce moment là, deux batailles se mettent en place, Zeus versus Odin et cela envoie du pâté puis Tokuko contre le serpent originel.

Le récit se nourrit toujours de mythes et légendes. C'est toujours très bien amené. On comprend les motivations du Serpent Originel. J'ai trouvé cela génial et en même temps logique quand on y pense.
L'affrontement qui concerne Tokuko et celui qui nous livre le plus de révélations, notamment sur le passé de cette dernière. Mais c'est aussi celui-ci qui livre son moment le plus triste. Je ne m'y attendais vraiment pas.


L'arc en cours n'est toujours pas fini mais on s'approche de sa conclusion et on comprend que l'Area 51 ne sera plus la même après ses événements. Encore une fois, vivement la suite !

Tome 15 par Beldaran

Area 51 T15

La série s’est terminée le mois dernier et quelle fin ?!

Je réalise que j’ai abandonné les chroniques en cours de route, en plein milieu de la guerre des dieux. Je ne vais pas reprendre tome par tome mais arrivée à la dernière page, je peux écrire que l’auteur nous a offert une histoire d’une incroyable cohérence.

Le récit a alterné avec brio gros arcs narratifs qui ont eu un impact considérable sur le fonctionnement de l’Area 51 et petits chapitres indépendants qui ont enrichi l’univers et ont permis aux lecteurs de souffler.

Masato Hisa est un grand conteur qui a su exploiter un vaste folklore, tout en passant par les paradoxes temporels. Ce passage est réellement extraordinaire. Je n’ai jamais été déçue par le contenu d’un tome.

L’histoire, intense, n’a jamais ménagé ses nombreux personnages. Il y a eu des morts tragiques et bigrement poignantes, de forts liens d’amitié et là je retiens le duo McCoy - Amaterasu qui s’offre une dernière scène toute en sobriété et en puissance.

Ce dernier volume met en avant toute l’intensité dont a fait preuve le titre avec ses révélations chocs et le combat, final, tant attendu, absolument dantesque. McCoy est au centre du tome, même si toute la galerie de personnages vient faire un dernier salut. La détermination et surtout la haine de notre détective transcende le papier dans une mise en scène particulièrement dynamique et forte. Et qu’écrire sur le dernier chapitre, quasiment sans dialogue et d’une puissance narrative folle qui éclipserait, presque, l’affrontement final de McCoy.

Les graphismes ont été à l’image de l’histoire, intenses. Ils ont servi à merveille le récit avec des découpages bien trouvés, pour un rendu dynamique des scènes d’action. Nous avons eu également le droit à de somptueuses pleines pages.

Area 51 a été, de bout-en-bout, une série extravagante et fabuleuse. Je conseille très, très fortement la lecture de ce titre.

Série complète par ladybird3000

Masato Hisa est un mangaka que j'ai d'abord découvert avec Jabberwocky et que je n'avais pas vraiment réussi à apprécier, en partie à cause des dessins. J'avais donc un peu de réticence à lire cette nouvelle série, mais j'ai fini par me lancer, surtout que Beldaran en faisait l'éloge à chaque nouveau tome.

L'histoire se déroule dans une zone regroupant tous les mythes et toutes les légendes pouvant exister, dans la fameuse Area 51. Dans cette ville, chaque être doit vivre une existence ressemblant à celle d'un humain normal. McCoy est humaine et elle ouvre une agence de détective dans cette ville. On la suit au gré des enquêtes qu'elle prend en charge.

Au final, j'ai plutôt bien accroché à l'histoire. Au début, nous avons surtout plusieurs affaires concernant des mythes et légendes connus. Même si ces histoires sont sympathiques, c'est lorsque l'on découvre qui est réellement McCoy que cela devient le plus intéressant. En effet, McCoy est humaine et on se demande ce qu'elle vient faire dans l'Area 51. Au fur et à mesure, on comprend pourquoi elle est là et on découvre que certaines personnes en ont après elle mais qu'elle-même suit également un but précis. C'est tout cela et l'interaction des différents personnages issus des mythes qui va être vraiment intéressant.

L'Area 51 est une zone dangereuse et les mystères se multiplient avec tous ces êtres surnaturels. Le mangaka nous fait découvrir les mythes de différents pays et cultures, les faisant se rencontrer et interagir. C'est parfois explosif, parfois drôle à voir. Il y a également des moments plus durs et émotionnels. La fin de l'histoire est à la hauteur de ce que l'on attendait.

J'en viens enfin au point qui m'avait vraiment déplu dans Jabberwocky : le dessin. Je ne dirais pas que j'ai complètement changé d'avis concernant le style du mangaka, mais j'ai trouvé qu'ici, les personnages, les décors et les actions étaient plus lisibles et mieux réalisés. C'est un style vraiment atypique qui fait la marque de fabrique de l'auteur. Et je dois dire que cette fois-ci, j'ai réussi à mieux les apprécier et surtout à les comprendre. Car ce qui me gênait dans sa série précédente, c'est que je n'arrivais pas à comprendre certaines scènes ou dessins. Les différents personnages sont bien réalisés et ce style fait bien ressortir les aspects monstrueux de certains mythes.

En conclusion, une série intéressante, pleine de suspens et de rebondissements, qui se termine de façon poignante.

  • Scénario
  • Dessin
5

En conclusion

Area 51 nous plonge dans une ville mystérieuse, remplie de créatures mythiques, révélant un univers très riche et bien construit. J’espère que l’intrigue va s’étoffer par la suite mais sinon pour le moment c’est tout bon !

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