Ares

Ares


Résumé :

Dans un environnement médiéval très détaillé, le royaume de Cronos est une nation dévastée par les guerres incessantes. C’est dans ce contexte qu’Ares s’enrôle chez les soldats de l’ordre du Temple en quête de logis et de repas gratuits. Il trouve sur sa route de talentueux compagnons d’arme. Source : Meian

Avis principal par Beldaran

Les 12 premiers volumes de la série ont d’abord été publiés par les anciennes éditions Booken entre 2011 et 2016. Les éditions Meian reprennent le flambeau et déclineront le titre en trois coffrets comprenant les volumes et autres cadeaux. Le premier coffret contient les 10 premiers tomes que j’ai littéralement dévoré en deux petits jours.

C’est une grande épopée qui nous attend, une vaste aventure qui s’étend sur 26 volumes et qui surprend de prime abord par son univers, riche de multiples inspirations. En effet, le monde proposé s’inspire fortement et très librement de la mythologie grecque et de l’Empire romain avec un soupçon de période médiévale, le tout saupoudré d’une bonne grosse couche de modernité. Le rendu est surprenant et bigrement bien fichu. C’est brillant. Ce melting-pot improbable donne des costumes extravagants mais vraiment classes et des décors soignés, pour une lecture des plus immersive et captivante.

L’histoire se déroule dans le royaume de Chronos qui doit faire face à un voisinage belliqueux qui a la rancune tenace et à des complots qui le mine de l’intérieur. Au cœur de la tourmente, se trouve un groupe, L’ordre du Temple, qui est appelé pour épauler l’armée de Chronos lors de conflits. Les héros appartiennent à ce groupe de mercenaires.

La narration est dynamique et nous conduit avec brio d’une confrontation à une autre tout en mettant en place diverses intrigues politiques et en dévoilant le passé de ses personnages. Le récit est bien équilibré mais le changement de ton peut surprendre. En effet, l’histoire peut vite passer d’un événement comique à l’horreur des combats. C’est un récit sans concession sur la guerre donc qui sait être dur, notamment avec ses personnages.

L’histoire est transcendée par ses personnages, tous plus charismatique les uns que les autres, le trio, Ares, Mikaël et Barouna. Le destin les a réunis au sein de L’ordre du temple pour le meilleur et pour le pire. L’évolution de leur lien est très agréable à suivre, même si on sent, plus l’histoire avance, qu’ils devront faire des choix tragiques.

Ares est jeune homme enjoué, nonchalant mais qui cache un grand talent de bretteur. Son triste passé est dévoilé dans un long flash-back et explique son objectif à atteindre, simple mais efficace. Il est accompagné par Mikaël qui possède une personnalité trouble. Il est glacial mais incroyablement doué à l’épée et Ares semble l’adorer. Barouna est fort également. Il se bat avec une arme particulière et fait preuve d’une grande volonté. Son passé est assez terrible. J’ai failli oublier Gogh. Il a élevé la lâcheté au rang d’art mais c’est un grand artiste.

J’en arrive au point qui divise, les graphismes. Pour moi, les dessins collent parfaitement à l’histoire. Si j’ai immédiatement accroché au récit, c’est en parti grâce à eux. L’auteur a un style atypique, brut, qui fait un bien fou aux rétines. Les scènes d’actions sont incroyablement variées et fluides, malgré un côté brouillon dans les premiers volumes. Le design des personnages est fort sympathique aussi. Le mélange des genres paye.

Les 10 volumes sont compilés dans un chouette coffret et accompagnés de quatre ex-libris exclusifs, et d’un poster inédit au format A2. En revanche, le couac vient du fait que de multiples bulles sont mangées par la reliure rendant la lecture désagréable par moment. Certaines sont tout bonnement illisibles. C’est la seule fausse note de l’édition avec la présence de quelques coquilles.

Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Meian.

Box 2 par Beldaran

Ares Coffret 2

La Box 1 comprenant les 10 premiers volumes avait été une excellente surprise totalement addictive. La Box 2 est encore mieux puisque j’ai dévoré en une nuit les tomes 11 à 20. Je ne m’attendais pas à ça. La lecture fut déroutante, difficile et encore une fois totalement captivante, présentant un récit parfaitement maîtrisé.

Les tomes 11 et 12 marquent la fin de la première partie de l’histoire d’une certaine façon avec la présentation du contexte historique et politique et de l’ensemble des personnages. C’est surtout ici que la première publication réalisée par les éditions Booken s’est arrêtée en 2016. Avec le volume 11, nous retrouvons l’armée de Cronos face aux féroces Chevaliers noirs darakiens. C’est avec angoisse que nous suivons le dérouler de l’affrontement qui est dramatique. Les tactiques de combats sont bien retranscrites et offrent une lecture immersive.

En même temps, nous suivons le duel, à l’écart, entre Ares et le charismatique Cygnus, auquel le lecteur s’attache. Le combat est exaltant, épée contre lance et le final surprenant, même s’il correspond totalement au caractère d’Ares. L’arrivée de Mikaël fait frémir et le résultat est inéluctable. Le personnage est trouble depuis les premiers tomes. On sent qu’il peut faire basculer l’histoire. Le choix qu’il fait en rentrant au pays d’Isiris déclenche une série d’événements tragiques qui viennent bouleverser la géographie politique de ce monde et le plonger dans un conflit à grande échelle.

A partir du volume 13 l’histoire s’emballe et prend une ampleur époustouflante. Il est impossible de lâcher les tomes, tellement le récit nous scotche. Encore une fois, l’auteur subjugue par sa manière de conter l’histoire. Mikaël est un stratège redoutable. Le royaume d’Isiris a développé une forme de frappe exceptionnelle et les pays voisins cèdent inéluctablement. Cronos est poussé dans ses retranchements et même le brillant Icarus semble dépassé mais il faut écrire que Cronos est frappé en plein cœur. L’action n’est pas figée à Cronos et se déplace avec fluidité de Silonika à la fédération Ladink. Nous avons une vision d’ensemble de cette vaste guerre, ce qui met en avant la force extraordinaire de Mikaël.

Les affrontements sont nombreux et surtout variés. La palme revient pour le moment à la terrible bataille d’Hakouna qui occupe la totalité du tome 17 et qui fait basculer le destin d’un pays. Le déroulement est totalement fou et le final particulièrement dur. Le volume 19 offre encore un sacré rebondissement mais qui s’avère être la seule solution pour Cronos et qui installe une sorte de calme avant la tempête poursuivit dans le tome 20. L’impatience de connaître la suite est grande mais cette coupure est moins frustrante que la première.

Je rajouterai qu’il ne s’agit nullement d’un enchainement de combats. Non. L’auteur mêle habilement révélations sur les personnages et informations sur l’univers, notamment du côté d’un bataillon particulier d’Isiris, ce qui permet au lecteur de reprendre son souffle avant de replonger dans les champs de bataille. La lecture est vraiment fluide.

L’histoire fonctionne parfaitement grâce à sa narration enlevée mais surtout grâce à ses personnages toujours aussi bien travaillés et particulièrement malmenés dans cette partie. L’auteur s’attache à s’arrêter sur chacun d’eux et nous en dévoile de nouveaux, comme du côté de Cronos avec les Mercenaires de la Madeleine ou les chevaliers de Baren. Deux protagonistes présentent une grande puissance et permettent à Ares d’évaluer sa puissance. Il y en a un qui reste mystérieux pour le moment mais qui intrigue très très fortement.

Ares, pauvre Ares, sa haine du chevalier aux yeux rouges est toujours forte mais un autre nom s’ajoute à la liste. Il est profondément meurtri au fil des pages et subit une évolution forcée, à la fois psychologique et physique. Cela promet pour la suite. Heureusement, Gogh est là ! Il fait office de soutien, presque infaillible et apporte une touche de légèreté. Barouna reste égal à lui-même et tente d’apaiser Ares. Je ne vais pas les lister mais de multiples personnages se démarquent dans les différents « camps » et enrichissent l’univers, toujours en conservant l’aspect non-manichéen du récit. En ce qui concerne Mikaël, j’en ai parlé en filigrane tout au long de ma chronique. Il fait ce qu’il a à faire, de manière froide, méthodique. Il est difficile de savoir à quoi il pense.

Je n’ai rien de plus à ajouter sur les graphismes à ce que j’ai déjà écris au sujet des tomes de la box 1, c’est du bon, du très bon. Il y a de sacrées pleines pages, très impactantes.

A nouveau, les éditons Meian proposent un superbe coffret qui reprend le magnifique visuel du tome 17 qui résume parfaitement le récit des 10 volumes. Le coffret comprend quatre nouveaux ex-libris exclusifs et un poster inédit au format A2. En ce qui concerne, l’édition, il n’y a quasiment plus aucune bulle mangée par la reliure mais il y a encore quelques coquilles.

Ares confirme son statut de puissante épopée avec ces 10 volumes supplémentaires. L’histoire prend une direction inattendue et reste particulièrement captivante. Je suis impatiente de découvrir la fin.

Chronique réalisée grâce au service de presse des éditions Meian.

Box 3 par Beldaran

Ares Box 3

Nous y voici, l’heure est venue de découvrir la fin de cette incroyable épopée avec la troisième box contenant les six derniers volumes.

Le dramatique conflit lancé dans le tome 13 qui a malmené les personnages psychologiquement et physiquement rentre dans sa dernière phase. L’avancée terriblement irrésistible d’Isiris a totalement modifié le rapport de force entre les différents pays. Cependant, Cronos n’a pas dit son dernier mot. L’heure de rendre les coups à sonner et le déroulement des événements est encore une fois magistral. Jusqu’au bout Ryu Geum-Chul aura maitrisé cette bataille hors norme, se déroulant sur divers fronts et impliquant un nombre conséquent de personnages aussi complexes les uns que les autres.

Du volume 21 au 24, nous assistons à la résolution de cette guerre « internationale ». Après avoir observé la tête pensante d’Isiris poser ses pions de manière froide et victorieuse, c’est au tour de celle de Cronos de faire parler son talent. La tension est palpable et malgré quelques passages plus posés, l’atmosphère devient rapidement étouffante.

Ryu Geum-Chul présente la guerre de manière clinique, sans concession, dans toute son absurdité et son horreur. Nous le percevons à travers le revanchard général Rakyon, dévorer par sa haine envers Isiris qui massacre village après village : œil pour œil, dent pour dent. Le personnage est littéralement transformé, difficilement gérable.

Les personnages des deux camps ne sont pas épargnés que ce soit les « armes » d’Isiris ou les compagnons d’armes d’Arès. Les morts sont réellement poignantes et notre petit cœur n’est pas épargné, tant le final reste imprévisible.

L’auteur exploite différentes stratégies militaires de manière judicieuse et convaincante avec notamment un affrontement dans des ruines terriblement prenant qui peut basculer à tout moment. Jusqu’à ce que le confit se déplace totalement et nous offre un assiègement de forteresse. Malgré la tension ambiante, l’auteur use d’un stratagème qui fait sourire, pauvre Arès & co. C’est un moyen totalement délirant mais qui marche.

La fin du tome 23 nous annonce la confrontation tant attendu entre Arès et Mikaël qui orne la couverture du volume 24. Les anciens compagnons sont au cœur de ce dernier acte émouvant et dramatique avec un Barouna toujours là quand il faut. Le cœur des jeunes hommes s’exprime au travers de leurs lames qui s’entrechoquent violement.

L’auteur nous propose quelques flashbacks qui offre un éclairage nouveau sur certaines scènes et sur les pensées nébuleuses de Mikaël. A l’image de ce personnage, le récit n’aura jamais été manichéen, chaque protagoniste dévoilant ses forces mais aussi ses faiblesses.

L’arc se conclut de manière mélancolique grâce à un procédé plutôt classique qui fonctionne parfaitement et qui nous permet de repenser avec émotion au chemin parcouru pour le groupe d’Arès.

Après la folle cavalcade de cette guerre, nous en oublions presque une autre intrigue, celle autour de l’épéiste aux yeux rouges. C’est sous la forme d’un long épilogue que Ryu Geum-Chul met en place le dernier duel. Le ton du récit se transforme profondément, la guerre étant terminée depuis 1 an auréolée de légendes autour des différents personnages.

Les volumes 25 et 26 sont dévolus au déroulement plutôt classique de ce combat dantesque. L’affrontement dévoile quelques surprises dont une nous ramène au premier tome et met en avant l’importance du personnage de Barouna pour Arès.

Finalement, l’histoire ne pouvait pas se terminer autrement, tous les personnages sont marqués mais vont poursuivre leur route. Les dernières dialogues nous arrachent un sourire, la vie a repris son cours.

Les graphismes restent impeccables. Le trait de l’auteur aura su magnifier cette épopée avec des pleines pages terriblement marquantes et des combats réellement dynamiques et bien mis en scène.

Cette troisième et dernière box contient les 6 derniers volumes mais également 4 ex-libris, un poster et surtout un artbook au format A4. Ce dernier est un régal pour les yeux grâce à une multitude d’illustrations qui permettent d’apprécier à sa juste valeur le trait si particulier de Ryu Geum-Chul. L’artbook contient également une rapide présentation de l’auteur ainsi qu’une courte présentation des personnages. La présentation de l’œuvre et la conclusion sont redondantes, seul petit bémol. Dernier point, sur le coffret en lui-même dont l’aspect n’est plus brillant comme les deux premiers mais mat.

En 26 volumes, Ryu Geum-Chul nous aura offert une magnifique fresque épique, surprenante, marquante et captivante portée par des personnages attachants et tout en nuance. Une très grande saga que je relirai avec plaisir.

Chronique réalisée grâce au service de presse des éditions Meian.

  • Scénario
  • Dessin
4.5

En conclusion

Ares est un manhwa qui frappe fort et qui fait un bien fou. L’histoire est bien construite et s’articule autour de personnages attachants et charismatiques. Je suis réellement impatiente de m’attaquer à la suite.

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