Arte

Arte


Résumé :

Florence, début du 16e siècle.
Dans ce berceau de la Renaissance, qui vit l’art s’épanouir dans toute sa splendeur, une jeune aristocrate prénommée Arte rêve de devenir artiste peintre et aspire à entrer en apprentissage dans un des nombreux ateliers de la ville…
Hélas ! Cette époque de foisonnement culturel était aussi celle de la misogynie, et il n’était pas concevable qu’une jeune femme ambitionne de vivre de son art et de son travail. Les nombreux obstacles qui se dresseront sur le chemin d’Arte auront-ils raison de la folle énergie de cette aristo déjantée ?
Source : Manga News

Avis principal par ladybird3000

Cette histoire met en scène Arte, une jeune aristocrate qui veut devenir artiste peintre. Depuis son plus jeune âge, elle est éduquée afin de pouvoir devenir une épouse digne de ce nom. Mais pour elle, seule la peinture est une vraie passion, qu’elle peut entretenir grâce au soutien de son père. Malheureusement, sa mère est d’un autre avis et ne laisse à Arte qu’un choix : devenir une épouse modèle ou entrer dans les ordres.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome qui nous montre comment Arte va essayer de sortir de ce chemin tout tracé et choisir sa voie. En plus de cela, Arte est une jeune fille de bonne famille, il sera donc encore plus dur pour elle de se frayer un chemin vers son rêve et de vivre comme elle l’entend. Elle va souvent se heurter aux hommes qui ne la considèrent pas car c’est une femme. La mangaka dépeint très bien le peuple de Florence, au bord de l’Arno. Les décors sont très jolis et très fournis. On arrive à ressentir l’effervescence de la vie là-bas à cette époque.

Les personnages ont chacun leur personnalité. J’aime beaucoup les mimiques d’Arte, notamment lorsqu’elle essaie de ne pas pleurer. Quant à Léo, c’est un gentil bougre. Pour le moment, on sait seulement que tous deux sont issus de milieux radicalement différents et que pourtant, cette passion va les rassembler. Ils ont beau être complétement à l’opposé l’un de l’autre, au final leurs idéaux ne sont pas si éloignés.

La mangaka sait parfaitement doser les moments de flashback qui arrivent à point nommé et qui ne durent jamais plus longtemps que ce qu’il faut. J’ai vraiment apprécié chaque chapitre. D’ailleurs, après chacun d’entre eux, on a une petite « storia parallela » qui est plutôt sympa à lire.

Pour le moment, il n’y a pas beaucoup de personnages, mais cela vient petit à petit et on n’est pas submergés. J’ai vraiment hâte d’en savoir plus sur eux, et d’en découvrir de nouveaux. Le thème de la peinture est bien décrit. Et c’est aussi la position de la femme à cette époque qui ressort à travers ce premier tome. On ne voit pas seulement Arte, mais on peut aussi voir les servantes qui s’occupaient d’elle, sa mère, et Véronica, une courtisane qu’elle rencontre.

A travers ce livre qui est le premier manga de la mangaka, on voit vraiment un travail de recherche. Elle arrive à nous embarquer dans son histoire, avec des décors assez précis. Les dessins sont aussi très beaux, pour les décors, mais aussi pour les personnages et notamment les robes d’Arte que j’ai trouvé très jolies.

Tome 1 par Beldaran

Arte nous propose une visite fort sympathique de Florence au XVIe siècle.


C'est à travers les pérégrinations d'Arte que nous découvrons les différents fonctionnements de la ville. Le côté aristocrate avec sa famille dont on perçoit le rôle très étroit de la femme et le côté artistique avec les multiples ateliers où la encore le rôle de la femme est inexistant.
La lecture est vraiment intéressante tant la société de la période y est bien représentée. Le travail des ateliers est également bien mis avant, à travers les différentes techniques et le rapport avec les commanditaires. On sent qu'il y a de la recherche derrière et c'est vraiment agréable.

Le point fort du récit réside dans sa petite galerie de personnages qui sont à peine esquissés pour le moment, laissant la place d'honneur à l’héroïne. Héroïne qui dans ce premier  tome s'offre déjà une évolution qui promet d'être chouette à suivre.

Les dessins sont très beaux et particulièrement détaillés.


L'édition de Komikku est au top, même si le langage d'Arte m'a surprise au début mais finalement la traduction très moderne renforce le côté "frais" d'Arte.

C'est un brillant premier tome, vivement la suite !

Tomes 2 à 4 par Beldaran

Les tomes 2 à 4 continuent de lever le voile sur le travail des artistes mais surtout sur la place de la femme dans cette société italienne. C'est toujours aussi finement abordé et nous sommes toujours autant happés par le dynamisme et la volonté d'Arte.

Tome 2 : la présence de de Veronica au côté d'Arte apparaît comme de plus en plus importante dans la "construction" de cette dernière. On apprend plus sur le terrible "métier" de courtisane. Pas mal d'infos nous sont données sur Angelo : il est touchant. Arte se rend à son atelier et va tout simplement faire sensation.^^ L'autre partie du tome, nous permet de faire la rencontre de Dacia qui travaille dans un atelier de couture. La rencontre entre les deux femmes, met le côté décalé d'Arte en avant : c'est très chouette à suivre. Le dernier chapitre, propose un nouveau défi à Arte : convaincre un client "encombrant". Ce passage donne lieu à des doubles pages somptueuses qui nous plonge au coeur du rapport qu'entretiennent les aristocrates et l'art.

Tome 3 : Arte cherche toujours le moyen de convaindre Ubertino et va chercher conseils chez Veronica et la manière dont la négociation se déroule est très sympa.^^ Ubertino révèle un aspect important de la valeur de l'art pour l'époque. Ces informations donnent du poids au récit, lui donnant plus de consistance. Mais et Léo dans tout ça ? Il se dévoile un peu plus, notamment son passé d'apprenti. Il semble s'ouvrir un peu plus à Arte et cette dernière fait ce qu'elle peut pour penser à autre chose.^^ La seconde partie du volume est consacrée à la corporation et c'est un plaisir d'en découvrir toujours plus sur les artistes. Cela va être un énorme challenge pour Arte. En effet, les différents ateliers de Florence vont travailler sur la fresque d'un palais et Arte joue sa place. L'auteur nous fait découvrir la mise en place d'un important chantier et la technique de la fresque. Encore un tome particulièrement intéressant.

Tome 4 : Le récit prend un tournant inattendu avec l'arrivée d'un noble de Venise. Encore une fois l'auteure enrichit son histoire avec des récits de femmes, ici, elle traite de la dot. Et nous permet de découvrir la première amie de Léo, Lusanna qui rencontre un problème délicat. C'est donc un volume de transition qui nous est présenté avec une Arte qui va devoir faire un choix capital pour la suite de sa formation. La manière dont l'affaire d'Arte et le problème de Lusanna vont se croiser et se résoudre apparaît comme assez "facile" mais c'est bien réalisé. Nous quittons Florence pour Venise où Arte aura fort à faire !

La série est toujours aussi agréable à suivre. On suit avec beaucoup de plaisir le parcours d'Arte. En ce qui concerne l'édition, c'est du tout bon avec de magnifiques couvertures. L'attente va être longue jusqu'à décembre.

Tome 5 par Beldaran

Je pensais savourer ce tome 5, chapitre par chapitre mais je l'ai dévoré. Maintenant, l'attente du suivant va être une véritable torture.

Nous quittons Florence pour Venise et découvrons le faste de cette ville ouverte sur le monde, animée par ses marchands venus de tout horizon. On ressent la frénésie de la ville. C'est réellement très bien fait. Les décors sont minutieux : l'immersion est totale. J'ai été également fascinée par la représentation de l'activité dans les cuisines. Mais revenons en à Arte.
Ici son activité de peintre est légèrement délaissée au profit de celle de préceptrice. Ainsi, nous découvrons un autre fait de la condition des femmes riches, en ce qui concerne leurs enfants. Cependant, l'accent est surtout mis sur le grand écart qu'il existe entre la classe riche et pauvre, plus exacerbé à Venise de part son luxe très apparent. Nous découvrons l'art de la cuisine et c'est chouette. On sent que l'auteur s'est documentée.

Arte est toujours égale à elle-même, totalement accaparée par la petite Caterina dont le lien avec son oncle Youri m'a laissé perplexe un moment (les parents sont bruns, la petite est blonde... Les effets dévastateurs de Game of Thrones sur mon esprit). Plus on découvre Caterina, plus je l'ai trouvé attachante. Elle fait grandement penser à Arte. Arte qui s'adapte peu-à-peu à cette nouvelle vie toujours avec dynamisme et optimisme ! Il me tarde de connaître le passé de la petite Caterina. Sinon la servante, Dafne m'intrigue... Le prochain volume devrait également se dérouler à Venise.

Le récit nous fait encore une fois prendre conscience que la peinture n'est qu'un prétexte pour dévoiler la condition des femmes à cette époque, tout en présentant d'autres points intéressants. Le tout est effectué avec justesse, sans tomber dans le pathos. Ce fut une très agréable lecture.

Tome 6 par Beldaran

Le tome 6 est enfin là et cette fois-ci j’ai presque réussi à le savourer.

Comme annoncé, nous découvrons le passé de Caterina qui occupe une bonne partie du volume mais qui est capital pour comprendre le comportement de la jeune fille. La peinture est donc mise de côté, même Arte l’oublie !

C’est l’occasion de découvrir comment les nobles s’occupaient ou plutôt ne s’occupaient pas de leur bébé puisqu’il était confié à une nourrice à la naissance, ce fut le cas pour Caterina qui fut expédiée à la campagne avec sa nourrice Bona et son fils de 2 ans Gimo. Ces instants campagnards sont plaisants à découvrir mais un malaise persiste car le père ne se préoccupe pas du tout de sa fille, espérant un fils. La mère, Sofia, est effacée et semble suivre son mari sans discuter. Il faut attendre un événement dramatique pour que Caterina revienne à Venise dans sa famille, à l’âge de 6 ans. Elle qui était libre de jouer et autres, sous le regard bienveillant de son oncle Youri, n’est qu’une étrangère dans sa propre famille. Arte a donc fort à faire pour guider, accompagner la jeune Caterina dans cette nouvelle vie, qu’elle rejette en bloc.

Encore une fois, l’auteur croque avec justesse cette société patriarcale qui étouffe le rôle des femmes qui consiste soit à trouver un bon parti en étant docile et disciplinée soit à terminer sa vie au couvent. Naturellement, Arte bouscule les codes d’après sa propre expérience et en aidant la fille va guider la mère. C’est un passage particulièrement émouvant.

L’histoire n’hésite pas à quitter la maison Fariel pour l’île de Murano, grouillante de vie et d’ateliers de verrerie. Les décors sont minutieux et agréables. Ils rendent parfaitement comptent de l’activité sur l’île.

Le dernier chapitre nous plonge dans une journée de travail aux côtés de Leo. Quel plaisir de retrouver ce personnage et de croiser d’autres connus. Ils commencent à me manquer. Cependant, il semblerait qu’Arte reste encore un peu à Venise. Il faut dire qu’elle n’a pas beaucoup avancé sa peinture…

Kei Ohkubo propose encore une fois un récit riche en émotions et en décors bien travaillés. La lecture est toujours aussi agréable.

Tome 7 par Beldaran

Encore un tome que je dévore seulement 3 jours après sa sortie, je suis faible, je veux la suite…

Arte est toujours à Venise et maintenant que Caterina a fait la paix avec son passé et travaille à accepter son statut, le récit s’intéresse à nouveau à Arte et à son travail de portraitiste du clan Fariel mais pas seulement.

En effet, c’est avec beaucoup d’émotions que nous découvrons le triste passé de Dafne dont on sentait bien depuis le début qu’elle avait quelque chose de différent par rapport aux autres domestiques. L’auteur ne sombre pas dans le pathos et nous propose encore une fois, un personnage féminin fort qui a su se débrouiller seule et trouver sa place. C’est également grâce à Dafne que nous découvrons un autre aspect de Youri et que nous en apprenons un peu plus sur les hommes Fariel. Franchement, j’ai eu un doute dès que j’ai vu Caterina mais par la suite j’ai oublié et puis là paf, confirmation ! Du coup, je me demande si ce n’est pas pour cela que Marco est infect avec sa fille. Il se doute peut-être de quelque chose. Là également, c’est finement suggéré par l’auteur et l’histoire se poursuit.

Arte et la peinture reviennent sur le devant de la scène, pour mon plus grand plaisir et nous découvrons qu’être portraitiste demande une attention, un regard particulier et surtout beaucoup de recherches. Ainsi, nous visitons les ateliers de dentelles, d’orfèvrerie et le plus important un atelier de peintres. C’est dans ce lieu qu’Arte sera confrontée à son statut de femme et d’aristocrate. Notre joviale héroïne, perturbée par cette rencontre, s’enferme dans le travail, au grand désespoir de Caterina qui va tout mettre en œuvre pour aider sa nouvelle amie. Le lien créé entre Arte et Caterina est vraiment touchant et c’est au tour de cette dernière de sortir Arte de son marasme. Elle le fera de la plus jolie des manières et notre peintre prend conscience de sa valeur.

Cette longue parenthèse vénitienne aura permis à Arte de faire un pas de géant dans sa vie de peintre et de rencontrer des personnes très intéressantes qui continuent d’enrichir cet univers italien. L’autrice a présenté avec brio le côté bouillonnant de Venise, n’oubliant jamais de travailler le cadre dans lequel évolue Arte. C’est toujours un plaisir de se perdre dans le détail des pages qui sont particulièrement riches.

Dans le prochain tome Arte devrait retrouver Leo, enfin !

Tome 8 par Beldaran

Arte T8

Après de nombreux mois, Arte regagne enfin Florence et le petit atelier de Leo.

A l’occasion du chapitre d’ouverture, Arte dit au revoir à Venise qui se prépare pour le carnaval. C’est l’occasion d’apercevoir une dernière fois, la souffrance de Youri vis-à-vis de la situation de son frère qui possède tout. Cependant, il m’a manqué un petit je ne sais quoi dans la séparation entre Arte et Caterina pour être tout à fait satisfaite et la même remarque peut être faite sur le retour d’Arte à Florance que j’ai trouvé trop rapidement expédié.

Il y a un problème de liant entre Venise et Florence, surtout que l’autrice fait un long focus sur la vie de Léo sans Arte dont on sent qu’il est affecté par l’absence de son apprentie. Les retrouvailles sont bouclées en 2 pages et le chapitre suivant, la chevelure d’Arte qui a bien poussé, nous fait comprendre que le temps a passé et qu’Arte a repris ses habitudes.

Le séjour à Venise chez les Fariel a un impact très important sur la vie de peintre d’Arte. Elle reçoit de nombreuses commandes personnelles, des portraits.

Son succès grandissant entraine de multiples interrogations pour Léo. Doit-il l’aider à trouver un atelier plus prestigieux que le sien afin qu’elle grimpe plus vite les échelons ? Pourtant, au détour d’une conversation, on comprend qu’Arte a encore du chemin à parcourir pour réaliser des tableaux nobles, c’est-à-dire des œuvres religieuses mais dont les femmes n’auraient pas l’intelligence nécessaire à la réalisation. Heureusement Veronica est là pour conseiller Arte et surtout l’aider dans ses réflexions. Ses réflexions sont guidées par une commande de portrait particulière qui permet à Arte de mettre en avant tout ce qu’elle apprit et surtout qui lui permet de prendre une importante décision pour la suite de sa carrière.

Il est très plaisant de suivre l’élaboration des portraits, avec la recherche des accessoires ou la mise en place d’un système qui permet de jouer sur le rendu de la peau. On sent qu’Arte a gagné en maturité, même si elle reste toujours aussi tête en l’air et dynamique. A côté d’elle, il est agréable de retrouver, Veronica mais aussi Dacia qui avance dans son apprentissage ou de croiser Angelo au détour d’une rue.

Les dernières pages, nous présentent l’arrivée d’une mystérieuse femme à Florence qui chamboulera peut-être le quotidien d’Arte.

Malgré quelques points frustrants en début de volume, il est toujours aussi agréable de suivre l’avancée d’Arte dans le milieu de la peinture, univers en mutation depuis les morts de Léonard de Vinci et Raphaël. Les dessins sont toujours aussi incroyables, en fourmillant de mille détails.

  • Scénario
  • Dessin
4

En conclusion

Cette histoire mêlant histoire et peinture et mettant en scène une jeune fille dynamique a déjà tout pour plaire. J’ai vraiment été charmée et je vous le recommande vivement.

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