Ayako, l’enfant de la nuit

Ayako, l’enfant de la nuit

Résumé :

Transposée dans des temps plus modernes, la terrible histoire d’Ayako résonne toujours de manière aussi cruelle ! Une version remaniée avec brio par Kubu Kurin qui explore l’identité des personnages, insuffle une charge érotique sans précédent au récit et prolonge ainsi le tragique mythe de l’enfant illégitime… Source : Delcourt/Tonkam

Avis principal par ladybird3000

Ayako, l’enfant de la nuit est une série courte en 3 volumes qui s’inspire de la célèbre histoire Ayako du maître du manga Osamu Tezuka. Je n’ai pas lu l’œuvre originale et ne pourrais donc pas comparer les deux, cependant j’ai pu lire diverses critiques, parfois assez négatives, notamment dues à la comparaison avec l’œuvre originale, et je pense donc que ce n’est finalement pas un défaut de ne pas connaître l’original.

Nous découvrons une famille riche possédant la plupart des terres d’une ville nommée Yodoyama. Le père, Gôki Tengé, est un homme influent, mais malgré tout vieillissant. Sa femme et lui ont eu cinq enfants, dont le plus âgé est préssenti pour hériter des terres. Le second, Jin, a quitté la maison et se retrouve déshérité, mais cela n’est pas un problème pour lui. Rapidement, nous comprenons que quelque chose ne tourne pas rond dans cette famille, car une jeune fille, Ryôko, vit dans la remise et serait une enfant illégitime, tandis que la petite dernière, Ayako, bien que présentée comme enfant légitime, ne le serait en réalité pas non plus. Jin revient en ville pour le travail, c’est alors qu’il rencontre sa dernière petite sœur et découvre ce qu’il se trame dans sa famille.

L’histoire d’Ayako, une enfant illégitime à la période de l’après-guerre est ici racontée dans les temps modernes. L’auteur a également choisi de changer les lieux et les noms des personnages, voire même leurs façon d’être, comme cela peut être le cas avec un personnage en particulier, Ryôko, qui dénote complètement de son personnage d’origine, O-ryô. Comment puis-je dire cela alors que je ne connais pas l’histoire d’origine, tout simplement car j’ai feuilleté quelques pages et ai essayé de trouver quelques informations afin de comprendre la phrase en fin de volume où le mangaka explique que ce personnage est celui qui a le plus changé. En effet, Ryôko est une jeune fille intelligente et débrouillarde, ce qui était plutôt l’inverse dans l’histoire originale. O-ryô semblait plutôt illettrée et niaise, sans doute à cause de la façon dont elle a été éduquée, à l’abri des regards, mais cela n’est qu’une supposition de ma part. Ce qui semble ne pas changer cependant, c’est sa relation avec Ayako, une relation aimante et protective.

Rapidement, nous comprenons que les liens de la famille Tengé sont peu conventionnels, notamment en raison du père de famille qui court après les femmes. Mais si cela s’était arrêté là, cela aurait pu être presque banal. En effet, la petite dernière, Ayako, qui est considérée comme enfant légitime, contrairement à Ryôko, alors qu’elle ne l’est pas, est en fait le fruit d’une relation entre le père et la femme de son fils ainé. Tout le monde dans la famille est au courant, et pire encore le fils est d’accord avec cela tant qu’il hérite de l’entièreté des terres de son père. La petite Ayako, malgré l’amour que lui porte son père, a une vie difficile car elle est maltraitée par son oncle en permanence, puisqu’elle lui rappelle ce qu’il a cédé à son père et ce qui en a découlé.

J’ai trouvé ce premier volume intéressant à lire, même si j’ai finalement été assez étonnée du fait que le personnage qui est le plus mis en avant pour le moment est Ryôko, la première fille illégitime. Elle est non reconnue par la famille et traitée comme un membre extérieur, voire comme une servante, si bien qu’elle vit dans la remise et doit obéir à ce qu’on lui demande. Cependant, elle ne se laisse pas vraiment faire et prend toujours soin d’Ayako, quitte à recevoir les coups qui lui sont destinés. On remarque que Jin et elle entretiennent une relation proche, mais celle-ci n’est pas encore beaucoup expliquée. Ce que l’on sait, c’est que Jin est énormément attaché à elle et souhaite la sauver de sa situation.

Ce qui m’a étonné également, c’est que je m’attendais à plus de violence envers Ayako, mais également envers Ryôko. Ce n’est pas que j’avais envie de voir ces enfants se faire martyriser, mais je trouve que l’ambiance globale n’est pas aussi violente que ce à quoi je m’attendais, bien que l’on ressente toutefois le malaise et la tragédie qui se joue sous ce toit (attention, je suis consciente que le fait le lever la main sur un enfant ne serait-ce qu’une fois est déjà considéré comme violent, mon propos n’est pas de diminuer cela). L’aspect entourant Jin et son métier est également peu développé pour le moment, ou du moins j’ai trouvé cette partie de l’histoire assez lente. J’ai comme l’impression que les enjeux qui l’ont ramené dans sa ville de naissance ne sont pas si forts que cela, ou du moins bien moins intéressants que cela pourrait l’être dans la série d’origine.

Enfin, l’un des aspects mis en avant concernant ce titre est le fait que l’auteur apporte une touche d’érotisme non présente dans l’histoire d’origine. Cela se ressent en effet énormément, notamment avec des scènes de bains ou des plans mettant bien en avant les atouts féminins. Il faut savoir que le mangaka est principalement connu au Japon pour ses mangas érotiques, ce qui peut expliquer sa facilité à inclure des plans langoureux et sensuels, même dans les scènes les plus banales.

Concernant les dessins, je les ai trouvé vraiment très beaux. Rien qu’en regardant la couverture, on peut se rendre compte du talent de l’auteur. Les décors sont magnifiques et fourmillent de détails, ce qui ne rend pas les pages vides visuellement. Les personnages, en particulier féminins, sont magnifiquement dessinés. J’ai cependant eu plus de mal avec les personnages masculins, notamment les personnages plus âgés, voire au contraire l’unique enfant masculin vu jusqu’ici. Je trouve leurs visages parfois déformés et les expressions bien moins réussies qu’avec les personnages féminins, le pire étant quand leur visage est déformé par la colère ou la stupéfaction.

A la lecture de ce premier volume, et sans connaître l’œuvre originale, je ne peux donc pas juger de sa fidélité, mais je peux dire que j’ai apprécié ma lecture. Les sujets ici abordés, notamment les relations d’adultère et de maltraitance infantile sont malheureusement encore d’actualité de nos jours, c’est pourquoi je trouve qu’il est intéressant de transposer ce récit dans les temps modernes. Comme j’ai pu le lire dans plusieurs critiques, les enjeux politiques décrits ici ne sont pas aussi importants que dans l’œuvre originale, mais je pense que c’est aussi l’aspect de la famille et des relations qui sont surtout développés ici et cela me donne envie de découvrir la suite. De plus, l’auteur fait quelques clins d’œil à Osamu Tezuka en dessinant notamment une case dans le style du maître et en incluant quelques éléments tels que le Black Jack Coffee ou autres figurines dont Astro Boy.

Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Delcourt/Tonkam.

  • Scénario
  • Dessin
3.8

En conclusion

Un premier volume que j’ai trouvé intéressant à lire et dont j’ai particulièrement apprécié les dessins pour leurs détails et la beauté des personnages féminins.

Envoi
User Review
0 (0 votes)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

:bye: 
:good: 
:negative: 
:scratch: 
:wacko: 
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose: 
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail: 
:-( 
:unsure: 
;-)