Journal d’une vie tranquille

Journal d’une vie tranquille


Résumé :

Après une carrière riche et une vie bien remplie, Tetsuya Chiba n’aspire plus qu’à la tranquillité, au calme. Une vision dont il s’amuse souvent en voyant ses petits-enfants si plein d’énergie et de certitudes. Au travers de scénettes en flash-back, l’auteur né en 39 se remémore les grands moments de sa vie, sa jeunesse sous les bombes américaines, l’exil de Tokyo, son insouciance d’alors… mais aussi sa carrière, ses débuts, les moments durs, la mort de Tezuka… un récit de vie rocambolesque et pourtant empli d’un positivisme rafraichissant. Un témoignage rare signé d’un maître conteur. Source : Vega

Avis principal par Maccha

Depuis leur apparition en 2018, les éditions Vega proposent de bons titres seinens de sujets variés qui me tentent énormément. Je m’attaque enfin aux œuvres de ce label avec Journal d’une vie tranquille, un manga tranche-de-vie autobiographique d’un grand mangaka.

On connait Tetsuya Chiba en particulier en tant que dessinateur de la série Ashita no Joe où on suit l’histoire d’un jeune de la rue qui devient un boxeur de génie, une œuvre considérée aujourd’hui comme un manga culte.

J’ai toujours aimé les histoires réelles et les œuvres biographiques qui nous permettent de connaître la vraie vie des gens dans leur époque. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu le premier tome de cette œuvre autobiographique d’un maître de manga.

Le volume est plutôt fin et est composé de chapitres courts (30 chapitres sur 123 pages). Cependant le format est un peu plus grand que les volumes classiques et le tout est en couleurs, ce qui est très agréable. Le récit est présenté sous forme d’anecdotes avec un ton léger et des touches humoristiques. Quelques photos ajoutent du réalisme et renforcent l’aspect autobiographique.

Le début du tome nous raconte comment l’auteur s’est lancé dans ce journal en 2015, alors qu’il n’avait pas très envie au départ de commencer une nouvelle série et qu’il prétextait son âge et son état de santé face à un éditeur insistant. S’en suivent ensuite des souvenirs de son enfance pendant la guerre à Mukden, en Mandchourie, actuelle ville de Shenyang en Chine, intercalés par des anecdotes plus récentes. Ce premier tome se focalise principalement sur leur départ en famille à la fin de la Seconde Guerre Mondiale de Mandchourie vers le Japon et parallèlement on suit des moments récents de sa vie et des anecdotes sur la vieillesse avec des petites touches humoristiques, ou encore des moments particuliers qu’il a passés avec d’autres grands maîtres de manga. Ainsi, on assiste à sa dernière rencontre avec le maître Shigeru Mizuki, ou aux funérailles d’Osamu Tezuka, le père du manga moderne, où de nombreux mangakas de l’époque étaient présents, et à la création des Easy, un groupe de mangakas légendaires qui jouent au golf… C’est intéressant et amusant de voir tous ces grands maîtres de manga ensemble.

Aujourd’hui Tetsuya Chiba semble mener une vie tranquille mais cela n’avait pas toujours été le cas, notamment durant son enfance à Mandchourie et leur voyage difficile vers le Japon. A l’époque, il ne ressentait pas trop la guerre dans leur résidence à Mandchourie même s’il se souvient de la pénurie alimentaire de cette période et il percevait dans les quartiers une certaine animosité envers les Japonais. Après la défaite du Japon, les choses se compliquent pour les foyers japonais qui décident de fuir, et c’est ainsi que commence une vie de réfugiés et de fuite temporaire pour la famille, avec Tetsuya l’ainé des quatre enfants. C’est donc une période pleine de péripéties qu’a vécu notre auteur. Cependant, ils ont eu beaucoup de chance et ont été épargné malgré tout. Le jeune âge du mangaka à cette époque faisait qu’il ne se rendait pas vraiment compte de la gravité des événements. C’est aujourd’hui avec le recul qu’il comprend ce qu’ont dû ressentir ses parents et leur angoisse alors que lui se croyait en voyage avec eux, grâce à l’insouciance de l’enfance. C’est ce qui permet aussi au mangaka de raconter cette période avec de la légèreté, malgré certains moments durs qui ont marqué son esprit.

On aperçoit aussi durant cette période des anecdotes qui présagent sa carrière future. Une vie de mangaka qu’il a connue depuis ses années lycéennes avec des délais à respecter et un rythme de vie difficile. Dans ce premier tome, les années de sa carrière sont un peu survolées cependant.

La fin de ce tome marque la fin de la période d’itinérance depuis la Mandchourie. Je suis curieuse de savoir ce que réserve la suite de ce journal autobiographique, en supposant que cela se concentre plus sur les années de sa carrière.

Le trait plutôt simple de l’auteur va bien avec le ton léger, à la fois drôle et touchant des anecdotes. Le manga bénéficie d’une très belle édition avec une couverture cartonnée. Le seul défaut que j’ai remarqué est l’inversion des noms des mangakas dans une page où on voit tout le groupe.

  • Scénario
  • Dessin
4

En conclusion

Une œuvre autobiographique avec un ton léger, à la fois drôle et touchant, qui plaira aux fans de Tetsuya Chiba ou à ceux qui aiment des tranches-de-vies et les histoires de vies réelles.

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