La Courtisane d’Edo

La Courtisane d’Edo


Résumé :

Dans le quartier des plaisirs de Yoshiwara, à l’époque d‘Edo, Akané est une jeune orpheline issue de la noblesse militaire. Suite au mystérieux assassinat de ses parents, elle décide de se jeter dans la gueule du loup en se présentant dans une maison close de grand luxe : l’Akebonorô. Sa rencontre avec Sôsuke, jeune prêteur sur gage et grand séducteur à l’intelligence acérée, va littéralement bousculer son destin. Dans cet environnement où la luxure est reine, cette apprentie courtisane s’apprête-t-elle à goûter au paradis ou à l’enfer ?

Avis principal par Aela

La Courtisane d’Edo est une des nouveautés shôjo de ce printemps des éditions Pika depuis le remaniement de leur collection shôjo, le titre paraît sous le label Red Light qui s’adresse aux lectrices qui sont à la recherche de contenus plus épicé. Après Black Bird et Last Note, également chez Pika, ce manga signe le retour de Kanoko Sakurakouji en France, pour le plus grand plaisir de bon nombre de lectrices. La série est prépubliée dans le magazine Betsucomi et est toujours en cours au Japon avec 8 tomes de disponible. Je vous l’avoue, je ne connais pas très bien cette mangaka, j’ai lu les premiers tomes de Black Bird il y a fort longtemps parce qu’on me les avait prêtés mais je n’ai jamais lu la fin car je n’ai pas vraiment accroché à l’histoire et aux personnages. Mais j’ai été très intriguée par le synopsis de La Courtisane d’Edo et comme l’occasion m’a été donné de pouvoir le lire, je n’ai pas hésité à me plonger dans l’univers des courtisanes et du quartier des plaisirs de Yoshiwara.

Issue de la noblesse militaire, la jeune Akané est une orpheline qui est vendue à une maison close de grand luxe : l’Akebonorô malgré qu’elle soit considérée trop âgée pour être formée. La mangaka ne perd pas de temps et plante le décor dès les premières pages, son héroïne a un but et semble déterminée à l’atteindre malgré les obstacles. Au fil des pages, la raison de son geste est dévoilée, si elle a choisi de « se vendre » comme future courtisane c’est pour découvrir qui est le meurtrier de ses parents. J’ai trouvé qu’Akané sortait assez radicalement des héroïnes shôjo que j’ai l’habitude de croiser au fil de mes lectures, elle n’échappe à la condition assez classique d’orpheline, mais elle forte et opiniâtre, et sa future condition de courtisane rend le personnage encore plus intéressant. Elle a connu une enfance heureuse et ne manquait de rien, comme elle est issue de la noblesse militaire, Akané a également reçu une certaine éducation. Avant le tragique de ses parents, elle était même fiancée. Rien ne destinait Akané à ce destin et tourne le dos à son passé en rejetant férocement son fiancé qui était venu la sortir de la maison close. Akané découvre ce monde régit par de nombreux codes, où le paraître à tout son importance, qu’elle va devoir intégrer et appliquer. Au fil des pages, Akané prend confiance en elle et devient plus sensuelle dans son attitude.

« Le sourire, c’est l’arme de la courtisane. »

Kanoko Sakurakouji introduit très rapidement ses héros, le premier est le fils d’une riche famille, Sôsuke, il est charmeur et quelque peu soupe au lait. Il sait l’influence qu’il a dans le quartier des plaisirs et n’hésite pas à user et à abuser de sa richesse pour dominer ceux qu’il considère comme étant quantité négligeable. Il est cynique, sarcastique, langue de vipère et pourtant, quelque chose se dégage de ce personnage. Il parait superficiel mais derrière ce masque, je sens rapidement que ce personnage va être plus intéressant qu’il n’y parait. A l’opposé du brun Sôsuke, la mangaka introduit le blond Riitchi, qui est l’ancien serviteur de la famille d’Akané, il était entré dans les ordres mais n’y est pas resté. Il réussit à se faire embaucher à l’Akebonorô pour en faire sortir Akané mais il finit par se laisser convaincre de ne rien faire pour qu’elle enquête sur la mort de ses parents. Il n’adhère pas à cette folie mais il préfère rester près d’elle pour la protéger au besoin. Que voilà un beau triangle amoureux qui se dessine ! Et Sôsuke et Riitchi se retrouve rapidement face à face avec quelques révélations à la clé.

Côté dessin, rien à redire. C’est superbe, beaucoup de détails et de motifs. C’est un plaisir pour les yeux. J’apprécie le fait que la mangaka détaille l’univers des courtisane et les us et coutumes qu’il fallait respecter tant pour la courtisane que pour le client. J’ai également apprécié toutes les petites notes disséminées au fil de la lecture qui permet au lecteur de mieux comprendre les différents termes utilisés. J’ai vraiment apprécié la lecture de ce premier tome qui met en place tous les éléments pour une histoire d’amour chaotique et une enquête bien dangereuse. Une vraie bonne surprise me concernant.

Fiche réalisée grâce au service presse de Pika

Tome 2 par Aela

La Courtisane d'Edo T2

Après un premier tome enthousiasmant à tout point de vu, j’avais hâte de lire le tome 2 et de voir comment Akane allait continuer son évolution dans son apprentissage de courtisane et si l’auteur n’allait pas trop rapidement mettre de côté l’enquête pour étirer le scénario et faire, ainsi, perdre un intérêt majeur du manga.

Alors que nous avions laissé Akane en bien fâcheuse posture à la fin du tome 1, elle doit une fière chandelle au fils de la famille Ômiga qui lui évite d’être la risée du quartier. Alors que le lecteur sait qui est la coupable, Akane décide qu’il n’est point la peine de chercher de de passer à autre chose car elle le sait, un tel acte ne peut rester impuni et dans le monde des prostituées, la punition n’est pas petite. Comme je pouvais m’en douter dès le premier tome, Yukari est un loup déguisé en agneau, elle n’hésitera pas à continuer les coups bas pour nuire à Akane, car elle ne vise qu’une seule place et c’est la première. Alors, oui, je trouve que c’est une méthode basse, vile et pleine de mesquineries mais je garde aussi à l’esprit que le monde des courtisanes est un monde sombre où seules les plus fortes arrivent à s’en sortir. Je trouve que cette situation est parfaitement résumée dans la scène avec la prostituée atteinte de la petite vérole, et Akane s’en rend compte elle aussi, rares sont les élues à pouvoir choisir leurs clients et à passer au travers de la maladie. Derrière les beaux kimonos, les jolies coiffures et les différents artifices, le monde des courtisanes est violent. J’apprécie cette plongée dans cet univers où l’apparat est primordial, les petites notes sont toujours les bienvenues pour mieux appréhender les us et les coutumes pour l’occidentale que je suis.

Pour mon plus grand plaisir, l’enquête n’est pas mise au rebut, elle avance doucement mais sûrement. Les raisons du meurtres des parents d’Akane sont toujours des plus opaques, les interrogations sont nombreuses mais les réponses se font quelque peu attendre. Cela ne me dérange pas tant que ça avance un peu. Après, il ne faut pas se leurrer, La Courtisane d’Edo est un shôjo et, l’enquête n’est évident qu’un prétexte à la mise en place d’une histoire d’amour qui devrait faire chavirer le cœur des plus fleurs bleues d’entre nous. Akane essaye de déchiffrer les sentiments qu’elle commence à ressentir, de l’amour ou de la haine ? La frontière entre ses deux émotions est parfois tellement ténue que je comprends les incertitudes et les hésitations d’Akane concernant Sôsuke. Il se dessine aussi les prémices d’un triangle amoureux, pas vraiment de surprises, ça reste un grand classique des shôjos. D’un côté, se trouve Sôsuke, le riche héritier qui ne veut pas laisser Akane s’échapper, il dit qu’il la déteste, cherche-t’il à se convaincre ? Ou cache-t’il ses vrais sentiments ? Et de l’autre côté, se trouve Riitchirô, un ancien serviteur de la famille d’Akane, qui choisi de veiller sur elle malgré qu’il soit en désaccord avec ses choix. Ayant chacun la volonté de protéger Akane, Sôsuke et Riitchirô, vont effectuer un rapprochement tactique.

La Courtisane d’Edo continue à me séduire dans ce deuxième tome. J’apprécie toujours le trait de Kanoko Sakurakouji, c’est fin et détaillé, les kimonos et les coiffures sont magnifiques. Le quartier des plaisirs a encore de nombreux secrets à dévoiler et je ne doute pas que je vais tomber sous le charme du tome 3.

Chronique réalisée grâce au service presse Pika.

 

Tome 3 par Aela

La Courtisane d'Edo T3

Me voici enfin avec le tome 3 de La Courtisane d’Edo entre les mains, j’ai adoré les 2 premiers, sans mettre de côté de l’enquête, les premiers sentiments d’Akane commençait à éclore et ne sachant pas déchiffrer son petit cœur, elle était quelque peu perdue. Je me doute que le tome 3 va faire vibrer mon côté fleur bleue, que l’enquête va passer au second plan pour mettre en avant les sentiments d’Akane et de Sôsuke.

« A quoi bon reconnaître mes sentiments ? J'ai une mission à accomplir... Ces sentiments ne sont que des obstacles... »

A la fin du tome 2, Akane prenait la défense de Sôsuke et dévoilait par la même occasion des compétences insoupçonnées, elle est issue de la noblesse militaire et de ce fait, elle maîtrise le naginatajutsu, la surprise fut grande chez ceux qui ont assisté à la scène. En cas, après ce fait d’armes d’Akane, elle devient la coqueluche du quartier et les tabloïds prennent grand plaisir à revenir sur cet épisode au grand dam de cette dernière. Cet épisode met surtout en avant que Sôsuke est loin de laisser insensible Akane, et si elle s’attache à lui même si elle fait tout pour ne pas le reconnaître. Allant même jusqu’à soutenir que ce qu’elle ressent pour Sôsuke n’a rien à voir avec ce qu’elle ressentait pour son fiancée… Et là, j’ai envie d’écrire, « Tu m’étonnes » ou encore « Sans blague »… Akane découvre ce que c’est qu’est l’amour avec un A majuscule, le vrai… Mais Akane a un but et elle s’est très bien que cet amour est un obstacle, si elle se laisse emporter par le tourbillon de l’amour, elle n’arrivera jamais à découvrir la vérité concernant la mort de ses parents. J’aime beaucoup Akane, c’est un personnage très intéressant, elle est partagée entre la raison et son cœur, lequel des deux l’emportera à la fin ?

« Qu'allez-vous choisir ? Votre bonheur ? Ou celui de Mademoiselle ? »

Mais Sôsuke commence à comprendre qu’il y a peut-être anguille sous roche. Quelle fille normalement constituée refuserait qu’on lui achète sa liberté. J’aurais pu le penser complètement aveugle, mais finalement il réfléchit. La suite est logique, il veut savoir pourquoi Akane souhaite tant rester dans sa cage dorée avec les conséquences que cela peut avoir. Et comme Akane, il se retrouve partager entre la raison et l’aider, et quelque soit son choix, il est loin d’être sans conséquence puisqu'ils ne font pas partis de la même classe sociale. Ce tome permet également l’introduction d’un nouveau personnage nommé Aoi qui va devenir, à priori, une allié sérieuse pour Akane dans sa quête de la vérité, surtout qu’elles ont toutes les deux plus proches qu’on pourrait le croire. J’ai trouvé Aoi vraiment sympathique, elle est souriante, enjouée et elle permet au lecteur de découvrir une autre facette des courtisanes.

« Tu me demandes de t'aider à retourner dans ton monde, alors qu'il m'est interdit ! »

Ce tome 3 est plus axé sur les tourments amoureux que subissent Akane et Sôsuke, mais ce n’est pas pour me déplaire… Un amour interdit, ça fait toujours palpiter mon petit cœur de shôjo addict. J’adore les personnages d’Akane et de Sosuke. L’enquête avance mais j’ai trouvé qu’elle passait au second plan et pourtant j’ai adoré, que dis-je, j’ai vibré à la lecture de ce tome… Kanoko Sakurakouji, pour le moment, maîtrise son histoire et les caractères de ses personnages et cela me semble bien parti pour durer. J’espère juste qu’elle ne va pas trop étirer son histoire.

Chronique réalisée grâce au service presse Pika Édition

Tome 4 par Aela

La Courtisane d'Edo T4

Je suis toujours très enthousiaste avant la lecture d’un tome de La Courtisane d’Edo, il faut dire aussi que Kanako Sakurakouji nous a plongé dans un univers fascinant et nous propose une histoire particulièrement addictive. J’ai dévoré les 3 premiers tomes que j’ai réellement trouvé très bon, du coup, mon attente est très forte concernant le tome 4. Et de facto, j’ai également peur d’être déçue, quand la mangaka propose un récit construit, maîtrisé sur 3 tomes, je me dis qu’à un moment donné, il va y avoir une baisse de régime. Alors, je suis partagée entre gros enthousiasme et grosse peur d’être un peu déçue à la lecture de ce 4ème tome.

« Tôt ou tard, elle disparaîtra de ma vie. Lorsque sa maison sera restituée... elle deviendra à nouveau la princesse inaccessible qu'elle était. »

 

Ils se tournaient autour depuis le début, Akane et Sôsuke se sont enfin rapprochés pour le plus grand bonheur de mon petit cœur de fleur bleue mais, ce n’est pas pour autant que le petit jeu de la séduction est terminé, bien au contraire. Akane et Sôsuke continuent à se « chercher » même s’ils sont conscients que le tourment se trouve au bout du chemin et qu’ils vont inévitablement souffrir à le parcourir ensemble. Ils me font un peu penser à Roméo et Juliette, ils s’aiment mais ne peuvent pas être ensemble, si la mangaka pouvait juste éviter la tragique fin pour m’éviter de pleurer pendant ma lecture, ce serait cool ^_^ Si dans certains shôjo, la fin de l’histoire semble évidente, je dois avouer que je ne sais pas trop comment Kanako Sakurakouji va choisir de terminer son histoire… Oui, je sais, la fin n’est pas encore pour tout de suite, elle n’a même pas été annoncée, j’espère juste que la série ne sera pas inutilement allongée. Bref, je divague là, revenons à nos courtisanes… Je suis donc très contente de l’évolution de la relation entre Akane et Sôsuke…

« Au printemps, en franchissant le portail de Yoshiwara, je me voyais commencer ma descente aux enfers. A cette époque... je n'aurais jamais imaginé me frayer un nouveau chemin. J’avancerai à petits pas… Aidée de mes compagnons d’infortune... »

Ce 4ème tome permet d’en apprendre plus sur la vie dans le quartier des plaisirs et notamment la rivalité entre les différentes maisons de courtisanes. La préparation du spectacle du Niwaka met en lumière les hostilités existantes… Le duel entre Asakeno et Kisegawa, de la maison Akibaya, démontre encore plus la violence de ce monde où le prestige est tout. L’arrivée de Kisegawa dans le récit permet également l’introduction de personnalités importantes qui auront un rôle à jouer dans l’enquête d’Akane. Je trouve ça malin de la part de Kanoko Sakurakouji d’avoir utiliser le Niwaka pour introduire ces personnages, c’est fluide et il n’y a pas de syndrome « comme un cheveu sur la soupe mais j’en ai besoin pour la suite de l’histoire ».

« J’ai connu des sentiments que j’ignorais jusqu’ici. C’est tout ce que j’ai aujourd’hui. C’est peut-être fort peu… Mais pour moi, c’est un trésor précieux qui brille comme un diamant ! »

Après avoir été mise un peu en arrière plan dans le tome 3, l’enquête d’Akane prend une nouvelle ampleur dans ce tome. Il faut dire que maintenant que Sôsuke est au courant de tout, il fallait s’attendre à un coup d’accélérateur et il s’est fait sentir. Akane n’est plus seule et elle va pouvoir compter sur le soutien d’Aoï, la courtisane avec qui elle a noué des liens d’amitié, dont l’histoire est semblable à celle d’Akane et de l’amant de cette dernière Sakitchi qui grâce à son statut de marchand ambulant a accès à de nombreuses maisons. Comme je pouvais m’en douter, l’enquête est compliquée car des personnalités importantes sont mêlées à cette sombre affaire. Et même si leurs noirs desseins sont encore flous, ils n’hésitent pas à employer les grands moyens pour se protéger. La fin du tome semblait tellement évidente vu tous les indices distillés mais elle n’en reste pas moins très choquante et annonce un tome 5 des plus prometteurs.

Une nouvelle fois, Kanoko Sakurakouji livre un très bon tome de La Courtisane d’Edo. Elle maîtrise son récit d’une main de maître ce qui rend la lecture fluide et excitante.

  • Scénario
  • Dessin
4.3

En conclusion

Un bon premier tome qui laisse entrevoir une bonne histoire. A suivre…

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