Avis principal par Beldaran
En 2014, les éditions Glénat présentaient, le manga post-apo, Cagaster, publié par Kachou Hashimoto sur son site internet. Le titre a ensuite été adapté en série animée par le studio Gonzo et diffusé sur Netflix en 2020. En 2016, Kachou Hashimoto revient en France et nous entraine au XIXe siècle auprès d’un chasseur de plantes avec Arbos Anima mais la série semble à l’arrêt depuis la parution du tome 5 en 2019.
J’avoue, j’avais un peu (totalement) oublié l’autrice alors, lorsque Glénat a annoncé le lancement de sa dernière série en date, bouclée en quatre volume, j’ai dit en avant !
Cagaster c’était super, Arbos Anima c’était assez sympa mais, La Guilde marchande de Pandémonia m’a laissé une impression mitigée (vous vous attendiez à une autre rime, avouez ?).

Pandémonia est une terre où les humains sont en conflit quasi permanent avec les monstres. Par conséquent, il y a des héros qui arpentent ces territoires, avec la volonté farouche de latter du monstre, sans pousser plus loin la réflexion d’un possible vivre ensemble. De ce bourbier, jaillit Lucciola Lunatria, fervente héroïne qui, au contact imprévu de Bilkis Draco, découvre la force de frappe d’une bonne négociation où tout le monde sort gagnant et sans verser une goute de sang. C’est le topo du long premier chapitre qui dévoile une négociation forte, toute en tension mais dont le revirement de l’héroïne en 5 secondes, chrono en main (j’exagère) m’a laissé pantoise. Elle nous bassine à brailler toutes les quatre cases : ici c’est la loi du plus fort qui l’emporte, pour passer à, ok, l’argent c’est magique, que puis-je vous offrir ? (j’exagère bis).
La narration est hachée, et par conséquent, sert mal une histoire qui en plus d’être linéaire, est particulièrement prévisible. Cet aspect est le plus dérangeant car, il n’y a vraiment aucune surprise dans ce tome, avec un dernier chapitre qui voit se former un petit groupe autour de Lucciola, composé de personnages tous plus clichés les uns que les autres. C’est vraiment dommage, car le postulat est plutôt original et sympa : les humains font le choix d’interagir de manière intelligente avec les monstres où tout le monde sort gagnant.
Les grandes envolées lyriques sur « les marchands sont formidables, vive eux », sont un chouïa agaçantes aussi.
Je râle parce que, malgré tout, Kachou Hashimoto, lance des pistes intéressantes, notamment autour des capacités singulières de l’héroïne ou encore en ce qui concerne l’ouverture d’une ancienne route marchande.
Finalement, je pense que le titre s’adresse à un public jeune qui y trouvera certainement son compte. J’ai oublié l’humour. J’y suis restée formidablement hermétique (Je sens que vous êtes ravis de cette précision).
Pour les dessins, nous sommes dans la continuité de ce que Kachou Hashimoto a proposé sur Arbos Anima, avec un trait fin pour des personnages expressifs et des décors soignés. L’autrice se réapproprie le bestiaire de créatures fantastiques connues pour un résultat plaisant et original. Les scènes d’action ne sont pas toujours lisibles, en cause, des cases surchargées et des bulles prenants trop de place. En revanche, la forme des bulles varie et s’adapte à chaque situation. C’est un chouette détail qui sert la narration.
L’édition est dans le standard de l’éditeur, avec un petit format souple agréable en main. Une bonne qualité d’impression sur un papier fin, légèrement transparent. Pensez à jeter un œil sous la jaquette. La traduction, signée Jocelin Meunier, est claire et dynamique.
Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Glénat.
En conclusion
La Guilde marchande de Pandémonia offre un premier tome introductif en demi-teinte, à cause d’une histoire trop prévisible. Néanmoins, quelques éléments donnent envie de découvrir la suite. A voir le tome 2.
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