La Malédiction de Loki

La Malédiction de Loki


Résumé :

La jeune Aisya grandit dans un orphelinat et lorsqu’elle peint avec son propre sang, ses tableaux sont investis d’une puissance capable d’accomplir des miracles. Mais la noirceur des velléités humaines finit par entacher les peintures que la petite fille créait de bon cœur et bientôt, celles-ci se font baptiser « les peintures maudites de la sorcière ». La petite soumet alors une ultime mission à son seul ami, un garçon dessiné de ses mains qu’elle a surnommé Loki : celle de brûler toutes ses œuvres. Ainsi démarre le long périple du jeune Loki pour tenir sa promesse. Source : Delcourt/Tonkam

Avis principal par Beldaran

Afin de marquer la sortie de leur nouveauté du mois de septembre, les éditions Delcourt/Tonkam ont proposé simultanément les deux premiers volumes avec une couverture réversible pour le tome 1. Avec ce titre, nous découvrons la première œuvre du mangaka Hachi qui est toujours en cours de publication au Japon. Je sors très agréablement surprise de la lecture des deux volumes.

L’histoire prend place dans un univers dont quelques éléments évoquent les dernières décennies du XIXe siècle au sein d’un pays occidental. La construction du premier chapitre est intéressante car oscille entre passé et présent, nous permettant de saisir rapidement les enjeux de l’intrigue principale.

Aisya vit recluse dans un orphelinat, son don particulier, lié à la peinture, lui vaut d’être reconnue pour ses miracles. Malheureusement, la nature humaine étant ce qu’elle est, ses œuvres sont perverties et prennent peu à peu le nom de « peintures maudites de la Sorcière ». Face à cela, la jeune fille charge son seul et unique ami, Loki, de détruire ses travaux. Ces premières pages sont poignantes et le lien qui unit les deux personnages, bien travaillé. Un élément se révèle d’ailleurs fort surprenant.

Grâce à long bond dans le temps, nous retrouvons Loki, fort bien équipé, pour affronter les œuvres d’Aisya. On aurait pu craindre une succession d’histoires où Loki scelle un tableau par chapitre mais heureusement l’auteur apporte des variations à son récit tout en étoffant son univers. Ainsi, le chapitre 2, présente un tableau, tout en développant les humains qui gravitent autour et surtout vient approfondir le caractère de Loki qui possède une haine farouche envers les humains. Nous apprenons également qu’il fait parti de la compagnie Vinculum et plus précisément de la quatrième division qui a un rôle assez particulier.

Le dernier chapitre est riche en action car il nous propose de découvrir un camarade de Loki, Touen et une organisation qui évoque l’Eglise, La Fondation Sacrée des Arts. L’apparition de cette organisation a quelque chose d’assez classique dans sa mise en scène mais c’est bien fait. Le premier tome remplit totalement son office d’introduction en posant les bases d’une intrigue prenante et qui possède de multiples mystères. La narration est dynamique et offre des scènes d’action très sympas, grâce à l’outil de Loki qui est vraiment bien pensé et très cool. Vu la fin du volume, j’étais très heureuse d’avoir le tome 2 sous la main.

En effet, un élément imprévu sous la forme d’une poupée (?) relance le récit vers de nouvelles intrigues. Certains points concernant les peintures maudites sont révélés et nous découvrons de nouveaux personnages qui offrent un éclairage neuf sur Loki ainsi que sur le rôle et la création de la quatrième division. J’avoue avoir trouvé la seconde partie du volume plus intéressante avec un focus sur le personnage de Touen qui se trouve en pleine phase de Rédemption (j’aime beaucoup le personnage. Il apporte la touche d’humour et son histoire est touchante).

A nouveau l’ensemble est bien rythmé, malgré une première partie moins emballante mais qui fait le job. Je suis assez impatiente de lire la suite.

Entre les chapitres, l’auteur présente les peintures maudites dans leur mouture originale et leur version altérée. L’ensemble est accompagné de l’histoire du tableau.

En ce qui concerne les graphismes, ils sont vraiment bons. Le trait est fin et soigné. A noter, qu’il y a quelques couacs dans les proportions. Les décors sont travaillés. J’ai particulièrement apprécié la vue sur le district du marché noir. J’aime beaucoup le design des personnages, notamment celui de Loki dont le visage expressif et réellement marquant dans certains scènes. Les couvertures sont très jolies, en particulier la version réversible du tome 1.

L’édition est très agréable avec des pages couleurs en début de tome. Le papier est souple mais sans transparence. L’effet métallisé sur les couvertures est attrayant. La traduction, signée Anaïs Koechlin colle parfaitement au récit.

Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Delcourt/Tonkam.

Tome 3 par Beldaran

La Malédiction de Loki T3

Après deux premiers volumes qui posaient le cadre du récit et qui se révélaient particulièrement prenants, le troisième tome est placé sous le signe de l’action. La lecture est toujours plaisante mais pas au même niveau que les autres volumes.

Le premier chapitre présente les conséquences des événements du tome 2 où Lice a dévoilé des capacités étonnantes, très utiles dans la chasse aux peintures maudites. Malheureusement, cela n’a pas échappé à un membre éminent de la Fondation sacrée des arts. Ainsi nous basculons des locaux de la 4e division de la compagnie de Vinculum à ceux de la Fondation.

Loki se transforme au fil des pages et cette évolution est scandée de flash-backs réellement émouvants. Nous comprenons sa détresse et ce que réveille la petite Lice en lui. La scène qui les réunit est touchante. Loki avance et ses pas le conduise, accompagné de Lice et de Touen, à Doltron. En parallèle, nous découvrons une partie du fonctionnement de la Fondation et c’est assez terrifiant. Les membres les plus éminents s’appuient sur la cérémonie des stigmates, élément emprunté au christianisme. Leur objectif se précise tout comme leur rapport aux peintures maudites qui est décidément malsain.

La quasi-totalité du volume se déroule à Doltron, ville où tout se vend et tout s’achète dans un joyeux chaos plus ou moins encadré. C’est le repère de tous les rejetés de la société.

Le développement de cette partie est assez désordonné, avec de nombreuses informations sur la cité et un combat dantesque très brouillon. L’histoire met en avant un vieil homme fantasque qui va faire tourner en bourrique le pauvre Loki. Le personnage possède un côté assez horripilant, même si on comprend le pourquoi de ses actes. C’est autour de lui que gravite la seule et unique peinture maudite du tome. D’ailleurs, il est appréciable de noter que l’auteur ne s’est pas enfermé dans un schéma narratif linéaire. Cependant, le destin de la ville m’a moyennement emballée, malgré la tentative de donner un peu d’épaisseur au vieux bonhomme exaspérant.

Dans le dernier chapitre, la seconde phase du combat devient illisible, en partie à cause du personnage de Loki qui se transforme. La résolution est prévisible mais la mise en scène est sympa.

Finalement, ce volume apporte autant de réponses que de mystères, notamment autour de Lice mais avec sa narration brouillonne, je le trouve moins efficace et prenant que le premier tome.

Les dessins restent bons avec de belles pleines pages. Les décors de la cité de Doltron sont travaillés et évoquent des villes du Proche-Orient. Il est dommage que le déroulement du combat soit si chaotique.

Ce troisième tome fait avancer doucement l’intrigue, tout en faisant évoluer ses personnages.

Chronique réalisée grâce au service de presse des éditions Delcourt/Tonkam.

  • Scénario
  • Dessin
3.8

En conclusion

La Malédiction de Loki propose un univers bien construit et intrigant. Les personnages sont intéressants. L’ensemble offre un récit dynamique très emballant.

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