Le château solitaire dans le miroir

Le château solitaire dans le miroir

Résumé :

Kokoro Anzai vient d’entrer au collège. Toutefois, elle ne s’y sent pas à sa place et vit recluse chez elle, incapable de mettre les pieds en classe. Un matin, alors qu’elle s’apprête à passer une nouvelle journée dans sa chambre, de la lumière émane de son miroir. Elle le traverse et découvre de l’autre côté un mystérieux château. Ils sont sept collégiens, avec elle, à avoir été invités par une « fille-loup » dans ce lieu qui renferme une pièce appelée la chambre des souhaits. Celui qui en trouvera la clé obtiendra le privilège de formuler n’importe quel vœu et de le voir exaucé… Source: nobi nobi!

Avis principal par Maccha

Ayant beaucoup aimé le film d’animation de Keiichi Hara du même nom, j’étais curieuse de découvrir l’adaptation en manga du roman best-seller au Japon de Mizuki Tsujimura, édité en France chez les éditions Milan.

Kokoro ne peut plus aller au collège, ni à l’institut spécial pour ceux qui ne peuvent aller à l’école classique. Elle souffre de phobie scolaire et ses parents ne savent plus comment gérer cette situation. Un jour, son miroir brille et en le touchant elle se retrouve de l’autre côté où elle est accueillie par une fillette portant un masque de loup. Une fois la frayeur passée, elle apprend qu’il y a six autres collégiens comme elle qui peuvent faire des allers-retours dans ce château fantastique où il y a une clé cachée qui permettra à celui qui la trouve d’exaucer son vœu, dans un délai de moins d’un an.

Alors qu’on pourrait s’attendre à une compétition acharnée pour trouver la clé, celle-ci ne démarre pas. Les sept personnages étant des collégiens qui se rendent au château dans les horaires scolaires, Kokoro devine qu’ils sont dans la même situation qu’elle et ne vont pas à l’école, ce qui facilite un peu leur échange alors qu’elle a du mal à parler aux inconnus. Le château devient une sorte d’échappatoire précieuse, un endroit rien qu’à eux qu’ils souhaitent profiter jusqu’au bout. Le lieu risquant de disparaître lorsque quelqu’un aurait fait son vœu, le conserver jusqu’au dernier moment leur semble plus important.

Un des points forts du titre est le bon équilibre entre l’univers fantastique et mystérieux du château et le côté réaliste en traitant des sujets bien réels et d’actualité, comme le harcèlement et la phobie scolaire. La psychologie des personnages est bien travaillée. On voit bien la détresse de Kokoro mais aussi la contrariété de ses parents. Ils s’inquiètent pour elle, font de leur mieux mais ne savent plus comment réagir et mettent un peu la pression sur elle par moments malgré eux, agacés d’être démunis face à la situation de leur fille qui se renferme encore plus face à cette attitude. D’autres adultes pensent qu’elle n’arrive tout simplement pas à s’intégrer. La jeune fille se sent incomprise et n’arrive pas à dire ce qui est à l’origine de ses troubles, même à ses parents.

En plus de Kokoro, on a Masamune, fan de jeux vidéo qui passe son temps à jouer avec Subaru qui est impressionné par ces jeux et leurs réalismes; Ureshino, un garçon un peu dodu et fleur bleue et qui fait rire malgré lui; Fûka qui a l’air calme et posée ; la jolie Aki ; et Rion qui impressionne Kokoro dès leur rencontre. Enfin, on a Mademoiselle Loup, la fillette au masque, qui semble enthousiaste d’être leur guide dans ce jeu mais qui reste mystérieuse. Tout le monde évite le sujet de l’école, à part Masamune qui affirme de ne pas y aller à cause de l’incompétence des professeurs et l’inutilité de l’école, un point de vue qui surprend Kokoro pour qui c’est en quelque sorte un endroit sacré qu’elle culpabilise de ne pas pouvoir y aller. Elle est aussi surprise de voir que des personnes aussi belles qu’Aki et Rion, d’apparence enjouée et populaire sont dans le château. On voit le mal-être de la jeune fille qui même dans ce lieu a toujours une boule au ventre, ayant peur d’être la cible de propos violents ou de moqueries. Il suffit ainsi qu’Ureshino lui coure derrière ou que Fûka fasse une remarque déplaisante, pour que ses traumatismes refassent surface et que même le château devienne un endroit angoissant. Malgré tout, elle réussit à trouver dans ce lieu un refuge et des confidentes.

Le premier tome introduit le château, ses règles, les personnages et l’histoire de Kokoro. On retrouve l’ambiance du film, un atmosphère de conte à la fois mystérieux et fantastique avec le château et un aspect psychologique réaliste et touchant.

Taketomi Tomo est un mangaka déjà publié en France chez les éditions Kana avec la série Evil heart. Son trait est expressif et met en valeur les émotions des personnages. Au niveau des décors, on a l’essentiel et c’est plutôt soigné.

J’aime bien les lettres inversées sur le titre et l’effet miroir entre le devant et le derrière de la couverture sous la jaquette. Personnellement, je trouve les illustrations des couvertures un peu trop sombres, même si cela va plutôt bien avec l’ambiance.

Tome 2 par Maccha

Le Château solitaire dans le miroir T2

 Nos personnages passent des journées paisibles dans le château. Même si quelques petites tensions apparaissent, Kokoro est soulagée de voir que cela finit par s'arranger et ils passent des moments chaleureux. Elle trouve même le courage de sortir de chez elle, même si elle est terrorisée et ne voit pas une autre option que la disparition de son bourreau pour retrouver une vie normale. Puis viennent les vacances d'été pendant lesquelles ils sont rarement au complet dans le château à cause des programmes de chacun. Tout semble aller pour le mieux jusqu'au jour où Ureshino déclare qu'il veut retourner à l'école et se sent moqué même au sein du château. Ils finissent ainsi par parler du sujet qu'ils évitaient depuis le début ; l'école. Seul Rion semble avoir un statut particulier, ce qui crée aussi une tension entre lui et Ureshino.

Après tout cet incident, malgré quelques tensions dues au fait qu'ils sont souvent sur la défensive, nos personnages parlent plus à cœur ouvert. On apprend un peu plus sur Rion et notamment sur Ureshino, qui refuse d'être considéré comme une victime de violences scolaires malgré ce qu'on pourrait déduire de son histoire. On apprend que lui aussi comme Kokoro va à un institut et se sent écouté là-bas. Ce qui pousse Kokoro à s'ouvrir un peu plus à la dame de l'institut alors qu'elle se méfie même de sa mère malgré les efforts de celle-ci. La jeune fille commence tout de même à se rendre compte qu'elle a toujours été fermée à l'aide proposée de sa mère alors qu'elle souhaite être comprise sans rien expliquer.

Les personnages se rapprochent malgré tout et découvrent petit à petit des choses les uns sur les autres. Alors qu'il ne reste que six mois de délai, ils décident de chercher sérieusement la clé tous ensemble pour l'utiliser au dernier moment mais la dernière révélation de Mademoiselle loup change les choses pour certains. La fille-loup est toujours mystérieuse mais semble pousser "ses petits chaperons rouges égarés" pour qu'ils aillent de l'avant. Le tome se termine sur une dernière découverte qui semble lier les sept personnages.

Un tome riche où on apprend un peu plus sur certains personnages qui se rapprochent malgré les tensions, en se confiant un peu plus et en découvrant leurs points communs. Le tout accompagné par de belles mises en scène et des moments chaleureux et touchants.

Critique rédigée grâce au service de presse des éditions nobi nobi!.

  • Scénario
  • Dessin
4

Résumé

Une histoire mêlant des thématiques réels et le fantastique avec des personnages attachants qui nous touchent.

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