Avis principal par Beldaran
C’est en 2019 que nous avons découvert Kaya Azuma avec le one-shot My Rumspringa aux éditions Hana, éditeur qui a accueilli les autres titres de l’autrice jusqu’à sa dernière série en date, Le gardien de phare et l’enfant mouette qui nous est proposée par les éditions Taifu. Le manga est toujours en cours au Japon où les volumes sortent une fois par an, au mois d’août et assurément c’est une histoire estivale. La lecture fut sympathique.
Une île perdue au milieu de la mer. Un phare. Un vieux gardien, Evan, qui veille à assurer une voie sûre pour les navires. L’homme est rongé par des cauchemars et c’est l’un d’entre eux qui lance l’histoire. Cette île isolée m’a fait, un peu, penser à celle de Lullaby of the Dawn, série signée Ichika Yuno et également disponible chez l’éditeur.
Une nuit le travail d’Evan est interrompu par un son incongru et le voilà qui récupère un oisillon mouette. L’histoire aurait pu en rester là et nous aurions suivi la fin de vie du vieil homme mais tadam, retournement de situation inattendu (si vous n’avez pas lu le titre, ni regardé la couverture, ni lu le résumé : ce qui fait beaucoup), l’oisillon est devenu bipède, il ressemble à un enfant humain mais avec des ailes. L’histoire se déploie lentement. Evan apprivoise l’enfant-mouette qui gagne un nom, René. De nombreuses questions se dessinent et une en particulier autour du temps. En effet, l’enfant-mouette vieillit anormalement vite tandis qu’Evan suit un processus inverse. La montre à gousset qui fait quelques apparitions subtiles est importante. Evan ne semble pas plus surpris que cela par les évènements ou du moins apparaît résigné. L’ajout des villageois dans son quotidien bouscule un peu la situation mais dans l’ensemble les gens sont compréhensifs. Un enfant-mouette ? Cool ! Dis, tu ne voudrais pas participer à la fête du village ? Et voilà ! Emballé c’est pesé.
Puis le récit connaît un accroc, nous rappelant la première page. C’est assez perturbant car c’est brutal et finalement bien fait car l’autrice m’avait totalement endormi avec une histoire qui ronronne. Le cours du récit reprend au clic de la montre à gousset et le temps a encore laissé des traces sur Evan et René.
Les dessins sont soignés. Il y a un beau travail sur les décors, très détaillés que ce soit le phare ou la ville. Les personnages sont expressifs et vu les aléas du temps, les visages doivent suivre. Le découpage est classique mais est dynamique lorsque c’est nécessaire, avec des pleines pages bien marquantes.
L’édition est dans les standards de l’éditeur : un papier souple, très légèrement transparent et une qualité d’impression correcte. Les premières pages couleurs sont appréciables, avec une première illustration très jolie. Le visuel de couverture est fidèle à la version japonaise. La traduction, signée Nicolas Pujol, est agréable.
Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Taifu.
En conclusion
Le gardien de phare et l’enfant mouette est une histoire qui prend son temps d’installer ses personnages et son univers, tout en titillant notre curiosité grâce à quelques mystères. A suivre.
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