March comes in like a lion

March comes in like a lion

Résumé :

Rei, 17 ans, est un joueur professionnel de Shogi (jeu d’échec version japonaise). Mais Rei est aussi un adolescent meurtri par la mort de ses parents et de sa petite soeur. Alors qu’il vit une vie de solitaire, il fait la rencontre de trois soeurs qui vont lui redonner le goût à la vie. A leur contact il va petit à petit ouvrir les yeux sur lui-même et sur les personnes qu’il rencontre sur son chemin. Il s’ouvre au monde mais découvre aussi la difficulté du chemin qu’il a choisi de suivre. Source : Manga News

Avis principal par Beldaran

L’année dernière je découvrais Chica Umico grâce Honey & Clover, série qui m’a fascinée par le traitement de ses personnages, son ambiance et ses graphismes si particuliers. L’annonce de l’arrivée de son nouveau titre, auréolé de succès au Japon, m’a ravie. Comme certains d’entre vous, j’ai découvert March comes in like a lion par le biais de son adaptation animée diffusée sur Wakanim à partir d’octobre 2016. Kana a eu la bonne idée de publier simultanément les deux premiers tomes dont le premier à un prix découverte, attractif avec une recette exclusive. Je sors de la lecture de ce premier tome, riche, totalement conquise.

L’histoire nous entraîne dans le quotidien d’un lycéen, joueur professionnel de shôgi, Rei Kiriyama. Il convient d’indiquer immédiatement, le shôgi n’est pas au cœur du récit, même s’il est important pour le héros, car nous sommes face à une tranche-de-vie pure et dure, teintée de mélancolie. La narration toute en douceur s’anime au fil du récit. Ainsi le silence des premières pages, cède la place au joyeux brouhaha des liens que tisse Rei, notamment avec les 3 sœurs.

Comme je l’écrivais, le shôgi n’a pas une place primordiale mais malgré cela, entre les chapitres un joueur professionnel nous donne des indications sur ce milieu et la mangaka nous livre par petite touche le quotidien d’un joueur. On sent qu’il y a de la recherche et surtout, même si on n’y connaît rien, on est pas perdu. Le centre du récit est réellement les liens que tissent les personnages, même si la nourriture prend beaucoup de place.^^ Il faut noter que derrière la mélancolie se dessine un humour touchant, mention spéciale aux chats et à certains dialogues et autres situations cocasses.  Le travail sur les liens, se ressent sur le développement des personnages et là c’est une galerie variée qui s’offre à nous.

Tout d’abord, Rei dont le passé tragique est révélé en fin de tome et qui permet de comprendre ses réactions, même si on sent qu’il nous manque certaines pièces pour le comprendre complétement. Il connaît déjà une évolution intéressante dans ce tome grâce à son rival et aux trois sœurs. Ces dernières sont formidables, respirent le dynamisme malgré leurs propres cicatrices. Elles dégagent une réelle force. A travers ces personnages, Chica Umino dévoile toute une palette de sentiments touchants qui donne du corps aux personnages.

Je suis une grande fan des dessins. Ils présentent un charme tout particulier qui correspond parfaitement au ton de l’histoire. Le petit reproche serait l’abondance des bulles qui donne des planches chargées.

Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Kana.

Tome 2 par Beldaran

Le tome 2 est aussi riche que le premier avec un Rei qui se dévoile un peu plus et surtout le shôgi qui est énormément mis en avant.

L’auteur nous explique, enfin, comment fonctionne ce jeu complexe par le biais d’un artifice ludique, en remplaçant les pièces par des chats. Les chats des trois sœurs étaient déjà géniaux mais là, on passe un cap. Tout au long du tome, des stratégies nous sont présentées mais sans jamais alourdir le récit. C’est donc très intéressant à découvrir.

Rei est au centre de l’histoire. Il s’interroge beaucoup sur ses choix de vie, qu’ils soient professionnels ou privés. Il a le cafard et ce n’est pas l’arrivée de sa sœur, dont les paroles sont venimeuses, qui va arranger les choses. Kyoko est tout simplement diabolique mais au fil des pages on comprend que le lien qui les unit est plus complexe qu’il n’y paraît. En effet, Rei a acquis une place particulière au sein de sa famille adoptive, place qu’il aime et déteste à la fois.

Dans ce contexte, plutôt morose, d’introspection pour le héros, la bouffée d’air frais vient de Nikaidô. Il est exceptionnel dans sa façon d’encourager Rei. Malgré sa constitution qu’on devine fragile, il est débordant de vie. Les 3 sœurs viennent décrisper le récit également en apportant des touches d’humour bienvenues.

La narration est toujours aussi enlevée et dynamique. On est emporté par le flot des bulles, toujours aussi nombreuses.

La lecture est réellement agréable. Les personnages se révèlent un peu plus pour notre plus grand plaisir.

Critique réalisée grâce au service presse des éditions Kana.

Tome 3 par Beldaran

C’était déjà amorcé dans le tome précédent et c’est confirmé dans celui-ci, le shôgi prend sa place dans le récit avec la découverte d’un tournois important pour les joueurs, le Shishiô qui promet, en plus, de belles récompenses pour les joueurs.

Le tournois permet de remettre sur le devant de la scène des personnages brièvement aperçus mais aussi d’en faire apparaître de nouveaux. Cette compétition lève également le voile sur la vie des joueurs de shôgi qui peut être solitaire. Le focus sur Smith est très intéressant et touchant. Il donne également une autre vision de Kiriyama. Nous découvrons un peu plus le fameux Gotô qui a tout de l’homme antipathique mais qui dégage un charisme écrasant. Certains dialogues laissent comprendre qu’il a une vie de famille compliquée et Kyôko nous ferait presque pitié. Par le biais de Gotô et des bribes de souvenirs de Kiriyama c’est une petite fille complétement perdue qui nous apparaît.

Le personnage qui se démarque alors qu’il est présent pour la première fois, c’est Shimada. Il est tout menu, frêle et effacé mais pourtant il va donner une leçon primordiale à Kiriyama. Il dégage une force tranquille et son affrontement contre Gotô est magistral. Ce combat est prenant et nous initie un peu plus au shôgi. Je suis toujours aussi fascinée par la manière dont la mangaka traite et développe ses personnages. C’est très bien fait.

Du côté de Kiriyama cela commence plutôt mal puisqu’il finit l’année malade mais les trois sœurs forcent sa porte et l’embarque manu militari chez elles. L’ambiance qui se dégage de cette maison est douce et réconfortante. Ce lieu est devenu capital pour Kiriyama. Il lui permet de s’accrocher et de reprendre goût à la vie, même si ses vieux démons le rattraperont au cours du tome. Cependant, l’épreuve qu’il passe, lui permet de grandir, dans sa vie de lycéen mais également en tant que joueur professionnel de shôgi.

Le récit est toujours aussi riche, prenant et conserve ses touches d’humour. Ce titre ne cesse de devenir intéressant, vivement la suite !

Chronique réalisée grâce au service de presse des éditions Kana.

Tome 4 par Beldaran

Comme initié dans le volume précédent, le shôgi fait réellement office d’axe autour duquel vient s’enrouler l’histoire et l’évolution des différents personnages, Kiriyama en tête. Cependant, comme les matches sont survolés, nous ne sommes pas perdus et le milieu du shôgi est de plus en plus chouette à découvrir.

Le tome se concentre sur la finale du tournois Shishiô qui voit s’opposer le surpuissant Meijin Sôya et Shimada. La finale se compose de 7 rencontres dont une dans la région natale de Shimada. Il est donc capital pour lui de remporter deux manches. Kiriyama l’accompagne tout au long de cette épreuve et avec lui nous découvrons l’ambiance particulière de la dernière marche d’un grand tournois de titre.

Le récit s’attarde sur le passé de Shimada, personnage particulièrement attachant qui ne lâche rien, malgré une santé quelque peu fragile. C’était vraiment très intense à suivre et en même temps, légèrement teinté de mélancolie. Son adversaire, est rapidement présenté. Il est un génie du shôgi mais le personnage laisse perplexe. Shimada discerne une certaine ressemblance dans la manière de jouer et de penser le jeu avec Kiriyama. Jusqu’au bout cette finale est très prenante.

La mangaka arrive a instauré différentes ambiances au fil des pages, ce qui rend le récit totalement addictif et immersif.  L’humour n’est pas oublié et s’insère naturellement dans la narration, que ce soit par la présence des 3 sœurs ou de leurs chats (j’en suis fan !).

L’ensemble de ces événements va avoir un impact sur Kiriyama, on le sent. Il n’est plus le même qu’au début de l’histoire. Il amorce une transformation doucement mais sûrement. Il semble avoir conscience de certaines choses importantes pour la suite. Kyôko nous refait une apparition fracassante et croise les trois sœurs. Akari confirme ce qu’on suppose depuis un certain temps, le lien entre Kyôko et Kiriyama est éminemment torturé et ne ressemble pas à celui qui existe entre un frère et une sœur.

Le récit est réellement intense. Maintenant, il faut voir de quelle manière ces événements vont influencer les actions de Kiriyama.

Chronique réalisée grâce au service de presse des éditions Kana.

Tome 8 par Beldaran

March comes in like a lion T8

Oui, j’ai trois tomes de retard et en plus ils furent formidables à lire, la palme revenant à l’incroyable volume 7. Je ne vais pas vous faire un résumé mais je peux écrire que Chica Umino représente les brimades à l’école par le biais de la pétillante Hinata, de manière juste, sans tomber dans le pathos, tout en faisant évoluer ses personnages. L’histoire est contée d’une manière incroyable et c’est, assurément, un titre qu’il faut lire.

J’en arrive au tome 8, encore une fois, la narration est dense et captivante. Il est divisé en deux parties, une consacrée à la rencontre entre Kiriyama et le Meijin Sôya et l’autre dévoile l’affrontement de Shimada contre Kishô Yanagihara au tournois Kishô. Le shôgi est réellement l’épine dorsale de l’histoire où les personnages gravitent autour, toujours en se questionnant et en allant de l’avant.

Le duel qui réunit Kiriyama et Sôya est une rencontre commémorative. C’est la première fois que les deux joueurs s’affrontent et cela nous permet d’en apprendre plus sur le Meijin qui paraît très étrange et qui cache un secret surprenant. La mise est en scène de leur affrontement est prenante et nous permet de constater l’évolution de Kiriyama. Un concours de circonstances les réunit tous deux après le duel, nous dévoilant le mystère autour de Sôya qui nous fait comprendre que les deux joueurs se ressemblent d’une certaine façon et dont leurs esprits se sont connectés l’espace d’un instant durant le jeu. Kiriyama sort profondément marqué par cette rencontre, ce qui promet de très belles choses pour la suite.

L’autrice maîtrisant parfaitement sa narration et glisse vers la seconde partie du tome par le biais d’un focus sur la famille Kawamoto et les œufs mollets et un Nikaidô qui a repris du poil de la bête. C’est un passage tout doux qui donne le sourire.

La seconde partie fait la part belle à Shimada et surtout à Yanagihara, le redoutable « papi » du circuit qui va introduire un point important, que reste-t-il aux joueurs de shôgi lorsqu’ils prennent leur retraite. L’autrice prend le temps de développer ce personnage et par le biais de métaphores visuelles puissantes, nous transmet ses angoisses et sa volonté farouche de vaincre. Son cheminement intérieur est particulièrement intéressant à suivre car parsemé de réflexions subtiles qui peuvent interpeler le lecteur. La confrontation permet de comprendre que le shôgi est un sport intense autant pour l’esprit que pour le corps. Ce qui d’ailleurs offre quelques remarques truculentes de la part du président qui apporte de la légèreté au récit.

Le volume s’achève sur un chapitre « Famille Kawamoto Fight » où la joie du moment l’emporte sur la mélancolie.

Les graphismes sont toujours aussi agréables. Mon seul regret, on ne voit pas assez les chats Kawamoto.

Chronique réalisée grâce au service de presse des éditions Kana.

Tome 10 par Beldaran

March comes in like a lion T10

Je rattrape doucement mon retard sur cette formidable série mais je passe directement au tome 10. Ce n’est pas pour cela que je n’ai pas apprécié le 9, non. Cependant, ce dernier fait plutôt office de transition avec une petite Hinata qui regarde résolument vers l’avenir et qui choisit de changer de coupe de cheveux. Ce passage est très drôle. C’est l’occasion également de découvrir de nouveaux joueurs de shôgi. Le problème vient du fait que j’ai lu, les deux tomes dans la foulée et la lecture du volume 10 a été tellement percutante, qu’elle a éclipsé celle du 9.

La première partie du tome démontre à quel point Rei a évolué, gagné en maturité. Le chapitre surprenant sur sa mère adoptive souligne ce point, même si sa place dans la trame du récit apparaît légèrement forcée mais il est intéressant d’avoir enfin le ressenti de cette personne.

Hinata a rejoint le même lycée que Rei et s’épanouit dans sa nouvelle vie de lycéenne sous le regard attentif de Rei qui veille au grain et surtout aux garçons qui tourneraient un peu trop autour de la jeune fille. Par ce biais, le lecteur comprend les sentiments que Rei n’arrivent pas forcément encore à nommer. Ce travail sur les sentiments s’effectue toujours avec finesse et justesse au sein d’une ambiance des plus chaleureuse.

Si Rei évolue dans sa vie affective, il est également monté d’un cran dans le monde du shôgi puisqu’il est passé en B2. Nous découvrons un nouvel adversaire que l’autrice prend toujours le temps de présenter et nous permet en quelques pages de nous y attacher. C’est assurément une des forces du titre, ce travail minutieux sur l’ensemble des personnages.

Le début du récit est là pour préparer la mauvaise surprise des trois derniers chapitres avec une famille Kawamoto rattrapée par le passé. Je me répète mais encore une fois, c’est tellement bien construit, bien amené que je regrette de ne pas avoir le tome 11 sous la main. C’est maintenant à Rei de protéger les sœurs Kawamoto et il va le faire de manière surprenante et tellement forte que le lecteur se dit, « Bien joué Rei ! ». Les dernières pages sont exceptionnelles dans le traitement de cette situation difficile qui nous permet d’en apprendre plus sur le passé des sœurs. La résolution de Rei apporte une touche d’humour grâce à la réaction des personnages. La tante est formidable et la petite Momo qui fait office de voix-off est très drôle.

En bref, c’est un sacré tome que nous propose Chica Umino qui aborde toujours avec justesse les bonheurs et les tourments de ses personnages.

Tome 11 par Beldaran

March comes in like a lion T11

Nous avions quitté le groupe sur une annonce percutante de Rei qui mettait en avant son évolution mais qui a laissé la famille Kawamoto sous le choc.

L’autrice maîtrise parfaitement les évènements suite à la déclaration de Rei en jouant habilement sur le caractère candide d’Hina et sur le reste de la famille qui a compris que ce n’était pas des paroles en l’air. Cependant, les mots de Rei restent en filigrane des différentes actions du tome car la vie continue et le shogi ne s’arrête pas, ainsi nous avons le plaisir de découvrir un nouveau joueur à Osaka, pour une rencontre qualificative au tournoi Gyokushô. L’homme est assez particulier, virulent mais particulièrement drôle. Il pousse Rei dans ses retranchements. La fameuse affaire concernant Hina ressort lors de la partie et offre des échanges savoureux.

Après ce duel éprouvant, Rei affronte à nouveau le père des filles Kawamoto. Leur conversation dévoile la petitesse de Seijirô, homme profondément égoïste qui se moque royalement de ses filles. Une nouvelle fois, Rei se montre impérial et tellement adulte.

Afin de souffler, le récit offre un dimanche tranquille aux filles Kawamoto et à Rei. C’est un instant lumineux et tout en douceur mais Seijirô réattaque de la plus vile des façons. Cependant, Akari s’affirme et se libère de l’emprise ce père méprisable. L’échange est terrible mais nécessaire pour que les sœurs avancent. L’autrice désamorce toute cette tension grâce à une intervention magique de Rei, en une réplique, qui défend son nouveau bonheur bec et ongles.

Cet évènement met en avant le personnage d’Akari dont on saisit pleinement les sacrifices, effectués pour élever ses deux petites sœurs. Rei va tenter de trouver une solution à sa manière, cela promet pour la suite.

Et le grand-père des Kawamoto dans tout ça ? Et bien, il suit les péripéties depuis son lit d’hôpital et apporte la touche d’humour qui fait du bien et des analyses pertinentes sur sa petite fille mais aussi sur Rei.

Ce volume, dans sa brillante construction, les émotions, toujours d’une grande justesse, qu’il véhicule, confirme les très grandes qualités de la série. Chica Umino nous offre encore une fois un merveilleux moment de lecture.

Chronique réalisée grâce au service de presse des éditions Kana.

  • Scénario
  • Dessin
4.5

En conclusion

March comes in like a lion est une tranche-de-vie plaisante à suivre. Le travail sur le développement des personnages est très intéressant et particulièrement juste.

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