Perfect World

Perfect World


Résumé :

Tsugumi, à 26 ans, travaille au sein d’une entreprise de design d’intérieur. Un soir, lors d’une soirée de travail, quelle est sa surprise de retrouver autour de la table Ayukawa, son amour de lycée ! Mais depuis la fin de leurs études, le jeune homme, impliqué dans un accident, est en fauteuil roulant. Certaine que jamais elle n’aura la force (et l’envie) de fréquenter un homme « au corps amoindri », la jeune femme va pourtant sentir quelque chose bouger en elle…
Source : Akata

Avis principal par Aela

Dès l’annonce de l’arrivée de Perfect World, le nouveau josei des éditions Akata, j’ai été enchantée, pas seulement par les qualités du titre qui sont indéniables, mais par le thème qu’il aborde, le handicap. Si les mangas traitant de ce thème commencent à être de plus en plus fréquents sur nos étals, ils sont aussi à la fois très rares… Car, il ne faut pas se le cacher, encore aujourd’hui, le handicap dérange…

Personnellement, ma famille est touchée par le handicap depuis 3 ans et même si nous vivons dans une société où tout est fait pour aider les handicapés au maximum, rien ne nous prépare vraiment à la réelle difficulté de ce qu’est le handicap. Je me suis rendue compte qu’un trottoir, c’est le parcours du combattant quand tu pousses un fauteuil roulant, qu’une petite marche de 1cm peut devenir une falaise, que les rampes d’accès ressemblent à des lacets de montagnes et que même si tu habites une maison de plein pied, celle-ci n’est absolument pas adaptée.

Après cette petite parenthèse que je tenais à faire pour expliquer pourquoi la lecture de ce manga me tenait à cœur, revenons à Tsugumi et Hayukawa, les héros de Perfect Word.

La mangaka prend le parti d’entrer directement dans le vif du sujet, Tsugumi est confrontée dès les premières pages au handicap de Hayukawa qui fut son amour (non déclaré) quand ils étaient au lycée. Dès le premier chapitre, elle est brutalement confrontée à ce qu’est la vie d’un handicapé. Du rejet d’une partie de la société, des regards curieux ou autres, des questions que les gens n’osent pas poser en face, de l’acception de son handicap, de la non acception de son handicap, des pathologies qui découlent d’un handicap, du sport chez les handicapés, de l’adaptation de l’habitation… La mangaka aborde l’ensemble de ces thèmes de manière très didactique et surtout très bien intégrés dans son récit. Le tout est tellement bien amené que le lecteur ne sait plus vraiment si la romance est là pour parler du handicap avec plus de légèreté ou si le handicap est là pour donner à la romance un côté plus tragique. La lecture de ce premier tome donne le ton et amène le lecteur à se poser pas mal de questions, et si j’étais à la place de l’un des deux héros ? Comment je réagirais ? Est-ce que je serais capable de surmonter tout ça ?

Mais au-delà du handicap, il ne faut pas oublier le début de romance qui pointe le bout de son nez dans ce premier tome… Tsugumi et Hayukawa retrouvent leur complicité qu’ils avaient quand ils étaient au lycée, les affinités qu’ils avaient quand ils étaient adolescents sont toujours présentes et leurs métiers respectifs sont complémentaires, ce qui les amène à passer du temps ensemble. Et plus Tsugumi passe du temps avec Hayakawa plus son amour pour lui refait surface et même si la situation est compliquée et lui fait peur, elle ne veut pas rester spectatrice, elle veut devenir actrice dans la vie de Hayakawa. La rencontre avec les personnes qui gravitent, ou ont gravité, autour de Hayakawa lui fait prendre conscience de toutes les difficultés à venir, que cela soit sur le plan social ou sur le plan médical. Mais Tsugumi est une optimiste, et elle tient à faire partie de la vie de Hayakawa quoiqu’il arrive.

Pour soutenir son récit, le trait d’Aruga Rie est délicat mais parfois un peu brouillon, mais cela ne gêne absolument pas la lecture, bien au contraire. Je trouve que ce côté brouillon donne de la profondeur à l’histoire. Et il est bon de noter que Perfect World est le premier manga d’Aruga Rie à être publié en volume relié… Il ne fait aucun doute qu’Aruga Rie fait partie des mangaka à surveiller.

Avec Perfect World, Akata propose une nouvelle fois un choix éditorial audacieux qui fait mouche. On peut, éventuellement, trouver que tout va un peu trop vite dans ce premier tome, mais la mangaka précise qu’à l’origine Perfect World devait être un one-shot. J’espère qu’elle arrivera à conserver l’équilibre entre la romance et le handicap si bien mené dans ce tome dans la suite de son récit.

Tome 2 par Aela

Le premier tome de Perfect World m’avait profondément touché et plu, et j’attendais le tome 2 avec la plus grande impatience. Allais-je être toujours aussi touchée par l’histoire ? Aruga Rie allait-elle confirmer sa très bonne gestion de son histoire que j’ai pu entrevoir dans le tome 1 ? Et l’histoire naissante entre Tsugumi et Ayukawa n’allait-elle pas tomber dans un cliché pathos ? Bref, je me posais beaucoup de questions et la lecture de ce second tome ne m’a pas laissée de marbre.

« Je dirais même qu’un amour semé d’embûches rend la vie plus intense ! »

A la fin du tome 1, Tsugumi et Ayukawa sont enfin en couple et même si Tsugumi avait pu avoir un aperçu de la vie d’un la vie d’un handicapé, là, elle va réellement réaliser ce que c’est que d’être en couple avec un handicapé et je peux dire qu’elle se heurte à un véritable mur. Entre doutes et regards des autres, ce n’est pas facile ni pour l’un ni pour l’autre. Au départ, tout ce passe à peu près bien, Tsugumi rencontre des femmes qui sont dans la même et les paroles qu’elles lui prodiguent apaisent un peu ses doutes.

« Ca suffit la plaisanterie a assez duré »

Au fur et à mesure que j’ai avancé dans ma lecture, je me suis rapidement rendue compte que le plus problématique ce n’était pas d’être un couple avec un handicapé mais bien de faire face aux regards et aux jugements des autres. Il suffit de voir la réaction de la famille de Tsugumi quand elle leur annonce que son petit ami est dans un fauteuil roulant, les questions ne se font pas attendre, pourra-t-il remarcher ? Pourra-t-il avoir des enfants ? Est-ce que tu penses te marier avec lui ? Tu peux encore l’aider aujourd’hui mais quand sera-t-il quand tu seras vieille avec moins de force ? Autant de questions qui ébranlent Tsugumi… Au départ, j’ai trouvé sa famille dure et fermée, je me suis rendue rapidement compte que c’est parce que ses parents sont inquiets pour elle et que c’est l’amour qu’ils portent à leur fille qui a engendré leur réaction. Ils veulent qu’elle soit heureuse mais doit-elle pour autant porter un tel fardeau pour y parvenir ?

« Je le connais mieux que vous. Je comprends ses sentiments, sa douleur, comme sa situation… Beaucoup mieux qu’une femme qui débarque tout juste dans sa vie »

Ce second tome n’échappe pas à l’arrivée d’un élément perturbateur au sein du couple… C’est une construction classique mais toujours efficace, surtout si c’est bien amené. Ici, ce n’est pas un mais deux personnages qui sont introduits et qui risquent de bouleverser le fragile équilibre que Tsugumi et Ayukawa construise. Le premier est Koré-Éda, un ancien camarade de lycée de Tsugumi, qu’il prenait un malin plaisir à embêter et pour cause il était amoureux d’elle, et d’Ayukawa à qui il n’avait jamais parlé. Un ancien amoureux transit qui revient sur le devant de la scène, il risque rapidement d’essayer de conquérir Tsugumi dont il semble encore amoureux. Voilà le premier triangle amoureux en place… Reste plus qu’à présenter le second, et cette fois, c’est du côté d’Ayukawa que vient le danger en la personne de Mme Nagasawa, ancienne infirmière et aide à domicile, et je peux déjà dire une chose, je n’ai pas du tout aimé ce personnage… Je l’ai trouvé antipathique au possible, sa manière de parler et d’essayer de rabaisser Tsugumi ne m’ont pas du tout plu… Elle a eu un rôle important dans la reconstruction d’Ayukawa mais ce n’est pas pour autant que cela lui permet d’avoir des mots aussi durs, alors oui, elle est amoureuse mais j’ai trouvé qu’elle s’accordait un rôle qui allait au-delà de ses attributions. Face à cette rivale, Tsugumi se met la pression, elle veut être au côté de Ayukawa tout en travaillant, elle va bien au-delà de ses limites au point de mettre sa santé en danger. Alors que pendant tout le tome, ce sont les doutes de Tsugumi qui étaient mis en avant, un malheureux accident va sérieusement ébranler Ayukawa et les rôles s’inversent.

Un second tome dur, touchant et réussi… Aruga Rie continue de dérouler son histoire sans fausses notes… Je me demande comment vont évoluer les deux triangles amoureux dans le tome 3 et comment Ayukawa va gérer ses doutes.

Tome 3 par Aela

Après 2 tomes dont la narration était totalement maitrisée, j’avais hâte d’avoir le tome 3 entre les mains pour savoir si les doutes d’Ayukawa seraient juste passagers ou si le malaise qui l’habite est plus profond. Est-ce que comme je le pense, Nagasawa, va m’être une nouvelle fois totalement antipathique ? Est-ce que Koré-Éda va attaquer de front Tsugumi, son amour du lycée ?

« Ça suffit les caprices !! »

Le tome débute là où nous avions laissé nos héros, à l’hôpital après la perte de connaissance et la chute de Tsugumi sur les rails du métro. Elle s’en sort physiquement bien mais psychologiquement c’est dur pour autant pour elle que pour Ayukawa qui se retrouve, injustement, pris à parti par les parents de Tsugumi. En fait, ce tome, c’est un petit peu tout le monde s’en mêle, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, et bien évidemment ce sont Tsugumi et Ayukawa qui en payent les pots cassés. Comme si ce n’était déjà pas assez compliqué, il faut toujours quelqu’un pour en rajouter une couche. Si la mère de Tsugumi a eu des mots maladroits à l’encontre d’Ayukawa, c’est surtout qu’elle a parlé sous le coup de l’émotion et de la colère, je me suis dit qu’elle ne pensait pas ce qu’elle disait, et elle cherche néanmoins à influencer sa fille en essayant de la culpabiliser, notamment avec la maladie de son père qui s’aggrave. J’ai trouvé son père très péremptoire, demandant à Ayukawa de quitter sa fille et demandant de cesser les caprices, de revenir à la raison et qu’il l’avait prévenue qu’elle gâcherait sa vie et cerise sur le gâteau, il tente de lui remettre les idées avec une belle claque. Des parents qui veulent le bonheur de leur enfant c’est plus que normal mais est-il nécessaire d’en arriver à de telles extrémités ? Tsugumi est une adulte, c’est à elle de faire ses choix et si ce ne sont pas les bons, elle n’en ressortira que plus forte. Si je comprends la réaction des parents, je trouve qu’ils vont trop loin, ils n’essayent même pas de comprendre la situation avant d’en arriver à faire souffrir leur fille par leurs paroles et leurs actes, parce que Tsugumi est amoureuse et même si elle se doutait que cela ne serait pas facile, elle devait sans doute s’attendre à un peu plus de soutien de la part de ses parents.

« Jamais vous ne pourrez vivre avec lui !! »

Alors que le tome 2 avait mis de côté l’aspect médical du handicap, celui-ci nous revient de plein fouet dans ce tome et ça fait mal. Je souffre avec Ayukawa et j’ai surtout découvert des aspects du handicap que je ne connaissais pas, Aruga Rie s’est documentée et rend son récit encore plus réaliste avec des termes médicaux et des pathologies. Tsugumi étant exilée chez ses parents pour sa convalescence, c’est la délicieuse Nagasawa qui va être au plus proche d’Ayukawa et autant dire que, définitivement, je ne l’aime pas… Elle n’hésite pas à dénigrer Tsugumi, et affirmant que leur relation va être un fiasco… Pour moi elle dépasse clairement les limites qui doivent exister entre une auxiliaire de vie et son patient. Et elle devient carrément détestable quand Ayukawa est hospitalisé en démontrant à Tsugumi son impuissance face au handicap. Pour Nagasawa, Tsugumi ne comprendra jamais l’angoisse, la douleur et le quotidien d’Ayukawa. Tsugumi n’était déjà pas épargnée par les propos de ses parents, autant dire que ceux-là l’achèvent carrément. Au final, seul Koré-Éda n’enfonce pas plus Tsugumi, il voit qu’elle est en souffrance psychologique et lui prête une oreille attentive pour qu’elle ne sombre pas encore plus. Il est sincèrement amoureux et attend le bon moment pour déclarer ses sentiments sans faire souffrir Tsugumi ou la mettre face à un choix cornélien.

Aruga Rie finit ce tome de la pire des manières qui soit me laissant au bord du désespoir. Ce tome était très sombre et psychologiquement éprouvant pour tous les protagonistes. Entre ceux qui espèrent et ceux qui sont défaitistes, difficile pour Tsugumi et Ayukawa de se dire que leur amour soulèvera des montagnes. La narration est une nouvelle fois très maîtrisée et je suis passée par tout un éventail d’émotions. Et les héros n’ont pas fini de souffrir et moi avec.  Un réel coup de cœur qui ne se dément pas au fil des tomes.

Tome 4 par Aela

Le tome 3 se terminait probablement de la pire des manières qui soit, surtout pour la fleur bleue que je suis, du coup, je suis partie avec un réel a priori quant à ma lecture du tome 4… Oui, je n’aime pas quand un couple est contrarié à ce point…

« Notre relation est terminée »

Ayukawa, poussé par ses angoisses et ses doutes, prend la décision radicale de se séparer de Tsugumi… Cette annonce va bien évidemment être un énorme choc pour Tsugumi qui ne s’y attendait pas du tout et doit encaisser la douleur cette demande, elle s’effondre de chagrin. Dans un sens, je comprends le choix d’Ayukawa, il ne veut pas être un fardeau pour celle qu’il aime mais ils n’ont pas vraiment testé la vie à deux, Tsugumi aurait pu trouver ses marques et cela aurait pu fonctionner. Mais non, il veut que leur histoire s’arrête alors qu’elle vient tout juste de commencer. Tsugumi accepte la séparation qui est d’autant plus douloureuse qu’Ayukawa et elle sont menés à se côtoyer dans le cadre professionnel ayant des projets en commun, ce qui n’aide pas vraiment à tourner la page. Tsugumi souffre et Ayukawa également, il est dans le doute d’avoir pris la bonne décision concernant la rupture, était-ce réellement le bon choix à faire ? Dans le même temps, Tsugumi se retrouve confrontée à la santé déclinante de son père et prends la décision de retourner vivre dans sa ville natale, elle met ainsi de la distance entre elle et Ayukawa… C’est probablement la meilleure décision qu’elle pouvait prendre dans ces circonstances, elle se rapproche de sa famille et s’éloigne de la personne qui lui a brisée le cœur. Et voilà, à peine ensemble, les voilà qui prennent déjà des chemins différents… Au final, les doutes et les regrets ne quittent pas Ayukawa et alors que sa décision semblait irrévocable, il souhaite faire marche arrière mais est-il encore temps ou a-t-il laissé sa chance ? Et contrairement à ce que j’aurai pu penser c’est Tsugumi qui met un point final à leur histoire mais il faut dire que c’est quelqu’un d’honnête et que les choses ont changé pour elle. Le seul reproche que je pourrais faire à la mangaka c’est d’aller un peu trop vite sur ce pan de l’histoire.

« Cette fille n’est pas la femme qu’il te faut ! Que tu sois handicapé ou non ! »

Cette rupture est l’occasion pour Koré-Éda de se mettre en mouvement, il attendait patiemment son moment pour déclarer ses sentiments qui n’ont pas changé depuis le lycée. Définitivement, je ne peux pas détester ce personnage, il a toujours été correct avec Tsugumi et n’a jamais dénigré Ayukawa. Il a été présent pour soutenir Tsugumi, c’est sans doute sa présence qui a permis à ce qu’elle ne s’effondre pas car il a su l’écouter. Non, je ne peux définitivement le détester, même s’il avoue de vouloir faire passer égoïstement ses sentiments en premier, il sait qu’elle est amoureuse d’Ayukawa mais lui ne veut que son bonheur et il attendra patiemment qu’elle tombe amoureuse de lui. C’est maintenant le moment de parler de Nagasawa, et ma première impression semble se confirmer au fil de ma lecture, elle est juste détestable, je n’arrive pas à avoir de compassion pour elle. Alors oui, cela se voit comme le nez au milieu de la figure qu’elle est amoureuse d’Ayukawa mais sa façon de faire ne la rend vraiment pas sympathique et même sa déclaration m’a laissée de marbre. Si je devais faire un classement des personnages qui me sont antipathiques, elle serait sur le podium.

Une nouvelle fois Aruga Rie livre un tome équilibré et joue avec nos nerfs avec une fin de tome surprenante et qui promet une confrontation qui risque de fortement ébranler Tsugumi.

Tome 5 par Aela

Perfect World Vol.5

Après 4 tomes quasiment sans fautes, j’avais hâte de découvrir le tome 5 et ce qu’il allait me réserver surtout que Aruga Rie avait terminé son tome 4 sur un coup de téléphone et une demande de rencontre très mystérieuse. Comment Aruga Rie allait-elle garder l’équilibre de son scénario maintenant que Tsugumi et Ayukawa ont pris des chemins différents ? Le couple qu’il formait était la pierre angulaire de Perfect World, le manga va-t-il garder tout son intérêt ? La lectrice fleur bleue que je suis, se dit qu’ils finiront toujours par se retrouver quelques soit les obstacles et qu’importe le temps que ça prendra.

Tsugumi est donc retournée à Matsumoto et va de l’avant grâce à Koré-Éda qui lui offre un soutien sans faille. Personnellement, je trouve toujours qu’elle a tourné la page un peu trop vite, j’ai presque de la peine pour Koré-Éda qui est la place du petit ami par défaut… Alors que Tsugumi commence à se faire à sa nouvelle vie, l’imbuvable Nagasawa fait de nouveau irruption, et elle ne m’avait pas manquée… Elle souhaite donc rencontrer Tsugumi pour une petite discussion, vu comment elle lui parle à chaque fois qu’elles se rencontrent, je peux comprendre qu’elle ne soit pas hyper enthousiaste et que Koré-Éda soit quelque peu méfiant. Et ce sont donc des excuses que Nagasawa adresse à Tsugumi, la mangaka essaye de rendre ce personnage moins antipathique, ses excuses semblent sincères mais il faut qu’elle fasse une dernière sortie pour tenter d’asseoir définitivement sa place au côté d’Ayukawa et d’écarter le danger. La construction habile du chapitre mêle passé et présent, et même si je me doutais que c’était un gros mensonge, la confirmation est donnée en fin de chapitre. Maintenant, je peux affirmer que je déteste ce personnage, elle me file de l’urticaire.

Confrontée à la maladie de son père, Tsugumi entame une formation d’aide-soignante pour l’aider au mieux et soulager sa mère. Elle fait alors la rencontre de Keigo qui suit aussi la formation pour aider Kaede, sa moitié dont la maladie l’a clouée dans un fauteuil roulant. Ce couple est le couple miroir de Tsugumi/Ayukawa, ils sont confrontés aux mêmes difficultés, voire pire… Kaede souffre d’une maladie incurable dont l’issue fatale est inévitable et Keigo travaille plus que de raisons pour lui offrir la maison de leur rêve où ils pourront vivre tous les deux. Comme le furent Tsugumi et Ayukawa, ils sont tous les deux en souffrance et pleins de doutes… On prend une nouvelle fois en plein fouet que la vie est injuste, c’est un couple sympathique et attachant mais il fallait qu’un coup du sort gâche tout.

En parallèle, Tsugumi s’investit de plus en plus dans sa relation avec Koré-Éda et ils sont vraiment trop mignons tous les deux… Je me dis que si ça continue je vais peut-être supporter leur couple parce qu’à bien y réfléchir, ils vont bien ensemble tous les deux.  Ayukawa lui aussi continue de vivre sa vie et revoit une personne de son passée qu’il a connue après son accident. Et un coup de téléphone à sa mère lui fait comprendre que Nagasawa a été faire un tour à Matsumoto, il comprend parfaitement que c’est en rapport avec Tsugumi… J’ai espéré qu’il lui dise de ne plus jamais revenir mais il est trop gentil…

L’introduction du couple Kaede/Keigo est une manière pour la mangaka de créer un pont entre Tsugumi et Ayukawa. Keigo s’adresse à Ayukawa pour qu’il soit l’architecte de la maison qu’il souhaite faire construire mais la rencontre ne se passe pas du tout comme prévu, Tsugumi ne comprends pas vraiment ce refus va tenter de le faire changer d’avis en accompagnant Keigo au rendez-vous. Voilà une dernière page qui donne vraiment de lire la suite et de savoir comment vont se dérouler les retrouvailles. Je fais une confiance aveugle à Aruga Rie pour continuer à dérouler son histoire comme elle l’a fait durant 5 tomes.

Tome 6 par Aela

Perfect World Vol.6

Perfect World est enfin de retour, la parution française ayant rattrapée la japonaise, il faut prendre son mal en patience entre chaque tome. Autant dire qu’il faut savourer la sortie d’un nouveau tome, ce qui n’est pas mon cas puisque je me suis jetée dessus et je l’ai dévoré. Rie Aruga nous avait laissé avec Tsugumi et Ayukawa qui se retrouvaient face à face après une très longue période sans s’être vu. Concernant les retrouvailles, Rie Aruga a été très maline et n’est pas tombée dans la facilité de faire croiser ses protagonistes de façon inopinée au détour d’un carrefour comme on peut le voir dans bon nombre de mangas. Elle a pris le temps de développer son histoire dans le tome 5 avec l’introduction de Kaede et de Keigo dont le projet de maison est à l’origine des retrouvailles.

« Quand je le verrai… Comment devrai-je me comporter ? »

Le refus d’Ayukawa de construire la maison de Kaede et de Keigo n’est vraiment pas passé auprès de Tsugumi et c’est très décidée qu’elle va tenter de le convaincre que c’est un projet qui en vaut la peine et qu’il est le mieux placé pour concevoir les plans et superviser la construction. Passée la surprise d’Ayukawa, les retrouvailles se déroulent plus ou moins tranquillement, l’ambiance est bizarre, mais rien d’anormal… La construction de cette maison va être l’élément central de ce tome et permettre de multiplier les interactions entre les différents protagonistes. Rie Aruga évite l’écueil de la trame classique et fait évoluer ses personnages avec maturité, pas de grands drames à l’horizon et c’est franchement très appréciable de lire une histoire bien construite qui ne tombe pas dans le pathos. Tsugumi et Ayukawa tente de travailler ensemble sans que leur relation passée ne soit un frein. Je pourrais reprocher à Tsugumi de ne pas avoir été totalement honnête avec Koré-Éda, alors oui, elle a tenté de lui dire qu’elle avait revu Tsugumi et il y a toujours eu un élément perturbateur pour l’en empêcher mais j’ai eu l’impression que cela l’arrangeait de ne pas avoir à lui dire, elle ne voulait pas l’inquiéter mais son silence est encore plus blessant. J’aime beaucoup Koré-Éda, et plus j’avance dans ma lecture et plus je l’aime.

« Ayukawa, si je suis devenue plus forte qu’avant… C’est grâce à notre rencontre ! »

Perfect World, malgré son thème et ses personnages abîmés, se veut positif… Aucun des protagonistes ne fait du sur place, ils avancent tous avec plus ou moins de difficultés mais chaque épreuve, chaque rencontre, les fait murir. Il suffit de voir la pugnacité de Tsugumi pour participer au projet de maison pour s’en convaincre, elle travaille comme une folle, elle s’est servi de ses échecs et de ses déceptions pour avancer. J’ai apprécié le fait que le rêve de Kaede et Keigo se réalise enfin malgré tous les obstacles rencontrés, malgré la maladie Kaede est rayonnante et s’investit pleinement. Rie Aruga a même réussi l’exploit de rendre Nagasawa sympathique dans ce tome, et pourtant, qu’est-ce que je n’aime pas ce personnage. Il y a bien évidemment des petites tensions sentimentales, j’ai envie de dire que tout fini par se savoir ma chère Tsugumi, et il était évident que Koré-Éda allait avoir du mal à digérer l’information mais plutôt que de tomber dans une jalousie facile il va de l’avant car il comprend que le projet est également très important pour Tsugumi. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur Koré-Éda et vous ai-je dit que j’aimais ce personnage ? Sérieusement, plus je tourne les pages et plus je me dis que c’est lui l’idéal masculin pour Tsugumi. Tout le monde avance dans ce tome 6 et je me demande comment l’évènement de la fin de tome va impacter le fragile équilibre qui s’est établi entre tous les personnages.

Plus positif que le tome précédent, Perfect World est un titre de qualité et n’hésitez pas à lire la postface de la mangaka très touchante…

  • Scénario
  • Dessin
4.5

En conclusion

Bonne pioche et coup de cœur !!!

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