Avis principal par Beldaran
A la fin du mois de juin les éditions Taifu nous permettaient de découvrir le travail de Hirokawa Kou avec le premier tome de la duologie Unlikely Lovers. Le manga a été nommé aux Chil-Chil BL Awards 2024 dans la catégorie « meilleure découverte » et en général, ces titres finissent toujours par être publiés en France. La lecture a été plutôt sympathique.
Kumazawa est un homme calme, posé, presque inexpressif qui subit le bruit de son voisin, youtubeur, Kô-Ichi, depuis six mois. Ce voisin, très exubérant et bruyant, réalise des vidéos où il donne des conseils en amour. Un soir, Kumazawa craque et frappe chez Kô-Ichi, tout heureux de lui présenter sa chaîne mais Kumazawa lui fait une proposition pour lui fermer son clapet et patatras, glissade incontrôlée qui nourrit une situation particulière entre les deux hommes qui dure la quasi-totalité du volume.
Leur relation évolue essentiellement dans l’appartement de Kumazawa où Kô-Ichi squatte de manière régulière le soir et ne part que sous certaines conditions. Kumazawa reste inflexible, presque, et ne dépasse jamais les limites alors que le youtubeur ne semble pas avoir conscience de grand-chose et souhaite expérimenter des trucs avec son taciturne de voisin. Néanmoins dans le lien qui se créé entre les deux hommes persiste une incompréhension voire un quiproquo autour du désir de Kô-Ichi.
Le point de vue passe de l’un à l’autre pour un rendu équilibré où chacun est intrigué, intéressé par l’autre mais, là où Kô-Ichi est dans le rentre dedans, il en veut plus, Kumazawa est dans le contrôle, il se connaît et a bien compris que Kô-Ichi n’était pas expérimenté et encore moins avec un homme. C’est le point fort du titre, le traitement du consentement et du respect de l’autre.
Sinon la narration est plutôt plan-plan pour un récit qui ronronne d’où la lecture plutôt sympathique. Ce volume réunit les deux hommes et le second explorera leur relation avec quelques péripéties je suppose.
Les dessins sont à l’image de l’histoire, sympathique, sans plus. Le design des personnages est classique, tout comme le découpage. Les scènes érotiques sont censurées.
En ce qui concerne l’édition, le papier est souple, sans transparence et la qualité d’impression est correcte. Le visuel de couverture est moins chargé que la version japonaise ce qui est appréciable. La traduction, signée Nicolas Pujol, est agréable.
Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Taifu.
Tome 2 par Beldaran
Deux ans, jour pour jour (29 mai 2024-29 mai 2026), après la sortie du premier tome, nous découvrons enfin le dernier volume de cette duologie dont, je l’avoue, j’avais totalement oublié l’existence. J’ai dû relire le premier tome pour me remettre dans l’ambiance, tome qui se suffisait à lui-même.
Kou Hirokawa s’attaque à diverses thématiques dont le traitement reste superficiel ce qui est assez frustrant car au lieu de s’éparpiller, peut-être aurait-elle dû en développer une seule mais de manière correcte.
Un évènement pousse les deux hommes à emménager ensemble et ce moment est lié à l’activité de youtubeur de Kô-ichi, activité qui est au centre du volume. Elle permet de questionner le couple et notamment le fait que les deux hommes cachent leur relation alors que Kô-ichi ne voit pas le souci de la révéler au grand jour mais il ne veut pas heurter les sentiments de Kumazawa, son taciturne mécano sexy. Par un coup du sort, totalement improbable, la personne qui gère le montage des vidéos de Kô-ichi nous permet d’en apprendre plus sur Kumazawa et de mieux cerner son caractère. Il est rongé par le fait de dévoiler son homosexualité, la pression homophobe de la société n’aide pas et il ne souhaite pas que sa relation avec Kô-ichi influence de manière négative la vie en ligne de ce dernier. D’ailleurs, j’ai aimé les deux pages bonus qui certes sont faciles mais sont efficaces.
Il est toujours intéressant et appréciable d’observer que l’autrice reste dans les clous du consentement au cœur du couple sur certains aspects. Il en ressort que les deux ont des petits soucis de communication et règlent ça en multipliant les moments érotiques, toujours aussi variés et censurés.
J’ai trouvé les moments de tension, assez ridicules, notamment le dernier qui est traité de manière plutôt risible. Ils sont censés donner du rythme à la narration mais non, c’est toujours aussi plan-plan.
En bref, cette duologie offre une lecture plutôt sympathique, portée par des dessins classiques qui font le boulot, avec des interrogations intéressantes autour du couple. Si vous appréciez le trope grumpy x sunshine vous serez comblées.
Chronique réalisée grâce au service de presse des éditions Taifu.
En conclusion
Unlikely Lovers est une comédie romantique légère qui associe un mécano taciturne à un insouciant youtubeur.
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