Avis principal par Beldaran
Au mois de novembre, la collection Yuri des éditions Taifu a accueilli un nouveau manga, la série bouclée en quatre volumes, Coup de foudre dans ta face ! qui nous permet de découvrir le travail de Murata.
L’éditeur annonçait une romance qui brise les codes du genre, moui. Je reste perplexe face à l’assertion, néanmoins, cette comédie légère fut plaisante à parcourir.
Takebe est une jeune adulte, toujours habitée par ses réflexes d’ancienne loubarde : une vie à contre-courant de la société. Elle trace sa route sourcils froncés et se heurte à ses anciennes partenaires, rentrées dans le rang : enceintes, mariées et dont les aspirations ont changé. Électrochoc pour Takebe qui envisage une transition vestimentaire mais, le destin est farceur et met sur sa route une ancienne rivale, Soramori, qu’elle n’a jamais pu battre.
Le premier chapitre introduit parfaitement les personnages et le final surprend, si on n’a pas lu le résumé. L’amour débordant de Soramori, entretenu depuis des années, agit comme un répulsif pour Takebe qui développe des stratagèmes, mignons, pour s’en débarrasser. Il faut dire, qu’elle craint pour sa vie car Soramori a conservé son punch. Par la force des choses l’ancienne loubarde se rapproche, sans s’en rendre compte, de son ancienne rivale.
J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, à cause des chapitres assez courts, pour finalement totalement accrocher à partir de la séquence totalement délirante sur onestagram (oui, c’est instagram) où les deux jeunes femmes tentent d’alimenter leurs compte en mitraillant des trucs au pif dans un parc d’attractions. Le jeu prend un tournant compétitif, comme tout ce qu’elles font depuis qu’elles se sont retrouvées. Finalement, toutes les deux ont des fonctionnements plutôt similaires vis-à-vis des trucs populaires, bien que Soramori soit celle qui paraît le plus intégrée à la société. La chute est savoureuse.
Le dernier chapitre est chou. Takebe passe en mode protectrice mais est bien mal récompensée. Chassez le naturel, il revient telle une gifle.
C’est une comédie romantique et pour le moment la romance s’amorce en douceur entre deux jeunes femmes, assez réservées quant à leurs sentiments et qui apparaissent en décalage avec la société. Elles forment un joli couple et je suivrai l’évolution de leur relation avec plaisir. En revanche, l’humour est là, par des comiques de situation, des dialogues et les sourcils froncés de Takebe.
La simplicité du dessin, tout en rondeur, colle très bien à ce type de récit. Les yeux de Takebe transmettent toute la palette d’émotions de la jeune femme. Le découpage est classique et accompagne parfaitement la narration qui est limpide.
L’édition est correcte : le papier est souple mais très légèrement transparent et nous avons droit à une première illustration en couleurs. La traduction, signée Karen Guirado, est agréable. En effet, le phrasé d’ancienne loubarde de Takebe sonne juste et celui de Soramori rappelle de temps en temps son passé de baston. Le titre français est percutant. J’espère que sur les autres tomes, la typographie du titre suivra celle des volumes japonais.
Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Taifu comics.
Tome 2 par Beldaran
Le troisième volume sort à la fin de mois de février et cela m’a poussé à lire le deuxième. La lecture est toujours aussi sympa : longue vie aux sourcils froncés de Takebe.
Soramori tente toujours des rencards, comme font les vrais couples et cela se passe rarement comme prévu parce que cela ne ressemble pas du tout aux deux jeunes femmes. Le passage au musée d’art contemporain est savoureux mais le moment au cinéma c’est quelque chose. Soramori est obnubilée par le fait de renforcer leur couple et traîne Takebe dans des sorties qu’elle semble plus ou moins subir. Soramori est une éponge et tente de reproduire ce qu’elle entend de ses collègues de travail, ce qui la conduit à proposer une activité origami qui est le passage qui m’a fait le plus marrer.
Finalement, les deux jeunes femmes sont en quête d’une voie toute tracée qui leur permettrait de rentrer dans le rang et de se dire qu’elles appartiennent à la société. Mais chassez la loubarde, elle revient en moto ! Toutes leurs activités finissent en affrontement et malgré tout, Takebe semble y trouver son compte. L’histoire propose une romance différente et c’est en cela que le titre tire son épingle du jeu, car non, toutes les histoires romantiques n’ont pas à se ressembler.
Bon, même si l’apparition d’une sorte de rivale à Soramari m’a laissé perplexe mais comme elle est aussi cinglée que la jeune femme, ça passe.
Nous découvrons les parents de Takebe qui sont à son image, la discussion sur le shampoing est lunaire.
Dans le dernier chapitre, la binoclarde d’internet fait un retour en force et propose une escapade nocturne ce qui réveille les élans protecteurs de Takebe.
C’est l’occasion pour Soramori de comprendre qu’il n’y a pas Une vision du couple, chacune et chacun construit la relation qui lui correspond le mieux.
Nous avons droit à un moment romantique sous les étoiles, où Takebe livre ses pensées mais ce moment suspendu s’écrase sur le plancher des vaches avec le côté très terre à terre de la jeune femme.
Le chapitre bonus est rigolo.
Nous avons encore droit à une première illustration couleur.
Au final, l’histoire se poursuit dans la même ambiance légère que le premier tome. De nouveaux personnages apparaissent et apportent plus d’épaisseur au récit.
C’est toujours aussi plaisant à suivre.
Chronique réalisée grâce au service de presse des éditions Taifu Comics.
Tome 3 par Beldaran
La sortie du quatrième et dernier volume de la série me rappelle que je n’ai jamais lu le troisième. Il faut dire que le quatrième arrive plus d’un an et demi après le troisième mais bon la série est bel et bien terminée en France alors foncez !
Le volume surprend dès le départ car l’illustration couleurs d’ouverture a disparu, emportant avec elle le sommaire, ce qui est tout de même plutôt dommage. A être sur l’édition, j’y reste. Il est toujours plaisant de constater que le titre français reprend l’emplacement du japonais et la qualité d’impression reste identique aux premiers volumes : bonne, avec un papier souple, très, très légèrement transparent. Ceci étant écrit, place à l’action !
Soramori propose des rendez-vous plus légers, tranquilles et profite paisiblement de la présence de Takebe mais cette dernière s’interroge, est-ce suffisant ? Comme toujours les réflexions des deux jeunes femmes les conduisent à des destinations inattendues, souvent accompagnées par des éléments extérieurs, ici deux fillettes dans un parc. Ces digressions toujours plus loufoques les amènent à se questionner sur leur relation et notamment Soramori qui cherche toujours plus de sorties qui feraient plaisir à celle qu’elle aime mais drame, cette dernière s’offre une sortie avec sa rivale, Otome, pour une raison mystérieuse. Encore une fois la chute est savoureuse et surtout démontre que sous ses airs renfrognés, Takebe fait des efforts, à sa façon.
La révélation arrive pour Takabe via une ancienne loubarde qui est rentrée dans le rang : c’est un électrochoc. Il est temps de se comporter en adulte et d’avoir des rencards d’adulte, non mais ! Le chapitre qui suit est intéressant car si Takebe est toujours focalisée sur l’idée de changer, Soramori l’aime telle qu’elle est et ces deux façons de penser font des étincelles qui mènent Takebe à suivre un entrainement ridicu euh spartiate. C’est là qu’entre en scène Maria et surtout Miharu pour solutionner le problème de Takebe par la force du Gorille !
Le dernier chapitre laisse parler les poings et les cœurs : ce qui fait le sel de la série.
Murata parvient, derrière un déroulé loufoque, à proposer des moments touchants et des réflexions pertinentes sur l’influence du regard des autres et sur le fait de rester soi-même. Par conséquent, l’histoire séduit toujours autant et c’est avec plaisir que je suis les avancées de la relation entre Takebe et Soramori.
Encore une fois, le chapitre bonus offre une chute parfaite au volume. Et j’ai failli l’oublier mais le coup du texto publicitaire : un régal. Murata met en scène un humour qui fait mouche à chaque fois, merci.
Le dessin tout en rondeur et épuré sert très bien l’histoire, histoire dont je suis impatiente de découvrir la fin avec le tome 4 paru il y a deux petits jours.
Chronique réalisée grâce au service de presse des éditions Taifu Comics.
En conclusion
Coup de foudre dans ta face est une comédie romantique plaisante entre deux anciennes loubardes.
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