Blue Period

Blue Period

Résumé :

Yatora est un lycéen studieux à qui tout réussit. Pourtant, il ressent depuis toujours une impression de vide en lui. Jusqu’au jour où, par hasard, il tombe sur un tableau qui le subjugue littéralement… Très vite, Yatora réalise que peindre est le seul moyen de faire passer ses émotions et de se révéler. Cet événement le pousse à se livrer corps et âme à la peinture pour tenter le concours d’entrée de la plus sélective des écoles de Beaux-arts ! Source : Pika

Avis principal par Beldaran

Blue Period fait partie des titres que j’attendais avec impatience cette année. Il arrive en France déjà auréolé de succès car il a remporté entre autres en 2020 le Prix Manga Taishô et le Prix du manga Kôdansha. C’est également l’occasion de découvrir le travail de Tsubasa Yamaguchi. A noter que l’œuvre va être adaptée en série animée et devrait être diffusée cette année au Japon. La lecture du premier tome s’est avérée particulièrement dense et intéressante. Néanmoins, je pensais plus accrocher. Le manga souffre de la comparaison avec Demande à Modigliani publié aux éditons naban qui traite d’une autre manière du milieu de l’art.

L’histoire nous plonge dans le quotidien assez classique et bien huilé du lycéen Yatora. Il est studieux, enchaine les bonnes notes et sort avec ses amis la nuit siffler des bières. Bref, une existence banale dans laquelle transparaît rapidement que le jeune homme est une sorte de caméléon, il se coule dans le moule de la société sans vraiment réfléchir et surtout absolument pas motivé. Il suit le courant des attentes d’autrui. Finalement, sa vie apparaît comme assez triste et vide. Tsubasa Yamaguchi prend le temps de déconstruire ou plutôt de construire son personnage suite à une révélation, un choc provoqué par la rencontre avec un tableau peint par une camarade du club d’arts plastiques. C’est un aspect du tome particulièrement intéressant à suivre. Cette flamme qui s’allume dans le cœur du jeune Yatora et que rien ne semble pouvoir éteindre, la naissance d’un objectif. L’autrice profite du regard de néophyte du lycéen pour présenter le monde de l’art dans sa plus large acception, tout en questionnant la notion de passion. C’est une phase particulièrement verbeuse qui alourdie la narration. L’autrice décortique et présente l’accès aux différentes universités d’art du Japon, dévoilant, un milieu difficilement accessible demandant beaucoup de travail. Par le biais d’un exercice à réaliser durant les vacances, de nombreuses facettes de l’art (peinture, sculpture ou encore photographie), exposant sa richesse et sa complexité. Yatora s’illustre par sa pratique acharnée et en commençant à montrer qui il est vraiment.

Cette frénésie qui s’empare de lui est accompagné par le regard bienveillant de sa famille et surtout de ses amis, jugés comme des délinquants. C’est vraiment un point appréciable du récit.

L’histoire met en lumière les 6 premiers mois de la nouvelle vie de Yatora qui révèle un bon et beau coup de crayon. C’est dense, très dense, avec l’apparition dans les dernières pages, très probablement d’un futur rival qui devrait stimuler notre lycéen.

La série démarre fort bien, traitant d’un sujet quelque peu atypique et donne envie de suivre l’évolution de Yatora. Cependant, le côté didactique très appuyé, casse un peu le rythme.

Du côté des personnages, gravitent autour du héros quelques têtes originales comme Yuka qui n’hésite pas à asticoter et aider Yatora. Il me tarde d’en apprendre plus sur lui. Le personnage de Mori est très intéressant à observer également. Elle incarne parfaitement ce à quoi aspire Yatora.

Les graphismes sont assez particuliers et surprenants. Le trait est fin, précis et soigné. Il y a de très bons angles de vue, démontrant une mise en scène travaillée et immersive par instant. Les personnages sont particulièrement expressifs mais j’ai un gros problème avec leurs mentons. Je sais, cela me surprend moi-même. A noter, que pour les dessins d’œuvres d’art, Tsubasa Yamaguchi a fait appel à différents artistes, qu’elle remercie en fin d’ouvrage. La démarche est pertinente et démontre le travail de l’autrice sur son œuvre.

L’édition est vraiment bonne. Nous avons droit à des pages couleurs en début d’ouvrage et la qualité d’impression est correcte. La couverture est soignée avec l’ajout d’un vernis sélectif du plus bel effet. La traduction signée Nathalie Lejeune est franchement convaincante.

Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Pika.

Tome 2 par Beldaran

Le premier tome fut sympathique à découvrir malgré quelques menus défauts mais je sors totalement conquise par la lecture du volume 2, toujours aussi dense mais mieux rythmé et donc terriblement captivant.

Naturellement, l’histoire s’articule toujours autour de Yatora et de ses interrogations. Le récit attaque par son avenir, en choisissant une fac d’art, Geidai. Le hic au-delà du concours d’entrée, du prix, exorbitant, il n’en a toujours pas parlé à ses parents et surtout à sa mère en fait. Ce point apporte la touche réaliste qu’il manquait au premier tome. La mère de Yatora est inquiète face au choix de son fils ce qui peut être compréhensible. Ce sentiment pousse Yatora à s’interroger sur l’université et la solution qu’il trouve, pourrait apparaître facile mais correspond totalement à la démarche du lycéen. Nous avons donc droit à un passage particulièrement émouvant qui se termine sur une note humoristique lorsque les parents découvrent le prix de la fac.

Ensuite, l’histoire bascule dans un nouveau cadre, l’école préparatoire où les questionnements de Yatora sur lui-même et l’art de manière générale trouvent un nouvel essor. Les pages se révèlent captivantes grâce à l’apport de nouveaux personnages, je suis fan de l’enseignante Ooba et surtout les réflexions traitant de l’art s’insèrent parfaitement dans la trame de l’histoire car nous les abordons à travers les yeux naïfs et encore emplis de préjugés de Yatora. 

Le lycéen n’est pas un génie mais sa passion pour la peinture est réelle. C’est un excellent moteur. Le voilà maintenant guidé, grâce à Ooba ou ses camarades d’école prépa qui lui apportent des éléments nouveaux dans sa manière d’aborder l’art. C’est réellement flagrant lors de sa visite au musée, grâce à Haruka Hashida. Le moment est fascinant et très instructif. La thématique de l’art se dévoile via la création artistique et la maîtrise de diverses techniques comme la composition. Cependant, Tsubasa Yamaguchi n’oublie pas la dimension de l’artiste torturé, représentée de différentes manières, comme par Yotasuke Takahashi, solitaire et perfectionniste, son dernier échange avec le lycéen est très important. Il permet à Yatora d’exploser, cela renforce sa passion et son envie de travailler toujours plus. Il est intéressant de noter que ses amis sont toujours là, même s’ils ne sont plus sur la même longueur d’onde. Ils comprennent et l’accompagnent à leur façon. C’est plutôt touchant. Le personnage de Yuka qui intrigue depuis le premier tome, se distingue lors d’un moment fort qui nous permet de le comprendre. Il souhaite simplement vivre librement sa vie, loin des cadres rigides imposés par la société. Il fait parti des impulsions qui permettent à Yatora de grandir et qui nourrissent son feu artistique.

Les dessins sont dans la même veine que le premier tome. De fait, les visages surprennent moins mais les mentons, je ne m’y fais toujours pas et les dents non plus.

Ce volume est particulièrement intéressant dans sa construction qui se veut réaliste, en présentant les différents questionnements de Yatora sur l’art en général et sur le sien. C’est assurément une série vraiment pertinente pour les personnes qui ne savent pas comment aborder l’art et celles qui l’apprécie déjà. Le cheminement de Yatora est prenant à suivre et ce tome marque une étape importante dans son apprentissage.

Chronique réalisée grâce au service de presse des éditions Pika.

  • Scénario
  • Dessin
3.5

En conclusion

Blue Period nous offre une introduction dans le monde de l’art particulièrement prenante et convaincante, grâce, notamment, à des personnages attachants.

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