Marie la sorcière

Marie la sorcière

Résumé :

Marie la sorcière vit avec son corbeau, Nacht, dans le Saint Empire Romain Germanique du XVIe siècle. Autant dire qu’avec l’Inquisition et la chasse aux sorcières, elle n’a pas la vie facile. Pourtant, elle aime les gens et ne leur souhaite que du bien. Un jour, elle rencontre Gilbert, un chevalier borné et ennemi juré des sorcières ! Le jeu du chat et de la souris commence alors entre eux !
Source : Soleil manga

Avis principal par Beldaran

Dernière parution dans la collection Fantasy des éditons Soleil Manga, j’ai décidé de tenter l’aventure aux côtés de Marie la Sorcière. Vous vous demandez sûrement pourquoi je persiste dans cette voie, surtout après le mauvais Harry Makito – Magicien et Sauveur de Sorcières ? Eh bien parce que ! ça s’est de l’argument ! Plus sérieusement, j’ai été attirée par le visuel et la lecture a été plutôt sympathique.

Tout d’abord, je salue le travail de Azumi Kobayashi qui ne mélange pas le Moyen Âge et les Temps Modernes et surtout qui fait des efforts sur l’aspect historique. Nous découvrons le quotidien de Marie, véritable sorcière, durant les temps troublés du XVIe siècle dans un village du Saint-Empire Romain germanique. L’histoire est émaillée de références historiques et, je salue l’essai de l’autrice d’articuler son intrigue autour de points historiques. Je nuancerai en précisant que malheureusement, elle use de nombreux raccourcis qui correspondent aux clichés de la période, notamment autour de l’ouvrage Malleus Maleficarum dit Le Marteau contre les sorcières. Ce livre est condamné par l’Église dès sa sortie et non, ils ne se sont pas mis à brûler plus de sorcières suite à sa diffusion grâce à l’imprimerie. C’est la même remarque pour les ordalies qui étaient surtout pratiquées par les laïcs ou encore sur l’ordre des Hospitaliers. C’est dommage car on sent que l’autrice s’est documentée mais ne sait pas comment se dépatouiller avec ces informations car, son histoire se veut comique. Le gros problème de la narration est là. Azumi Kobayashi s’appuie sur l’Histoire, sur laquelle elle saupoudre des éléments fantastiques, en tournant ses intrigues de manière comique. Pour moi, le mélange ne prend pas. Les insertions historiques cassent la fluidité de la mise en récit, comme si au milieu d’une scène, un narrateur extérieur déboulait pour expliquer un point précis. C’est rageant car l’aspect humoristique fonctionne bien. Certains décalages sont très drôles, comme la recherche d’un nouveau moyen de transport pour les sorcières, moins voyant. Également, l’autrice traite avec intelligence la façon dont les préjugés peuvent nous influencer. Et si l’humour fonctionne, c’est grâce à Marie.

Je suis toujours amusée de constater que les japonais donnent le prénom de Marie aux sorcières. Marie est persuadée de ne pas être une sorcière car elle est gentille. Le hic, c’est qu’en plus d’avoir des pouvoirs, des vrais, elle cumule tous les stéréotypes propres aux sorcières : elle vit recluse, maîtrise les herbes médicinales et accessoirement partage sa maison avec un corbeau et un chat noir. Marie est un peu bête mais attachante, et elle a le cœur sur la main. C’est d’ailleurs ce qui va la perdre, en soignant un homme de l’ordre des Hospitaliers. Ce dernier aurait pu me faire arrêter la lecture en cours de route, tellement il transpire le cliché d’un homme d’Eglise. Il est fermé d’esprit et d’une grande stupidité. Ses échanges avec Marie sont surréalistes, notamment quand ce sont leurs bêtises respectives qui communiquent. Les deux êtres qui sauvent la boutique, du moins Marie, sont le corbeau Nacht qui a un sacré caractère et Noiraud, le chat noir qui ourdit un plan machiavélique (m’enfin c’est un chat quoi). Les interventions des deux sont savoureuses et renforcent le côté comique de certains passages.

Les dessins sont plutôt classiques. Le changement de trait entre l’histoire et les explications historiques qui évoquent les dessins sur parchemin, est très intéressant. Le chara-design des personnages est assez stéréotypé mais celui de Marie surprend par sa simplicité. J’aime beaucoup la représentation du chat.

L’édition est dans les standards de l’éditeur pour cette collection : papier souple, sans transparence et qualité d’impression correcte. Le visuel de la jaquette est légèrement différent du japonais car il manque le dialogue de Nacht. La traduction, signée Sophie Piauger, rend bien compte du ton humoristique du titre.

Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Soleil Manga.

  • Scénario
  • Dessin
2.5

En conclusion

Marie la Sorcière est une série qui aurait pu être très agréable à suivre si, l’autrice avait réussi à équilibrer son récit, entre faits historiques, éléments fantastiques et ton humoristique.

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