Moi aussi

Moi aussi

Résumé :

Satsuki Yamaguchi travaille en intérim en tant qu’opératrice dans un service client téléphonique. Elle est aussi formatrice pour les nouveaux employés. Très investie dans son travail, elle devient malheureusement la cible du harcèlement sexuel d’un de ses supérieurs. Ce récidiviste notoire a jeté son dévolu sur Satsuki… Sombrant peu à peu dans la solitude et l’isolement, la jeune femme réussira-t-elle à briser la loi du silence ?
Source : Akata

Avis principal par Maccha

Reiko Momochi est une des mangakas phare des éditions Akata qui aime aborder des problèmes de société dans ses œuvres qui trouvent naturellement leur place dans le catalogue de l’éditeur. Cette fois-ci elle nous propose un titre sur le harcèlement sexuel, un sujet qui est toujours d’actualité. L’œuvre en deux tomes fait partie d’une série intitulée Otona no Mondai Teiki qui propose des histoires traitant des problèmes que font face des femmes adultes et est proposée pour la version française sous le titre « Moi aussi », faisant sans doute référence au mouvement #MeToo, le mouvement social encourageant la prise de parole des femmes qui subissent des agressions sexuelles, relancé avec force depuis octobre 2017 à la suite de l’affaire Weinstein.

Il s’agit plus précisément de l’histoire du combat d’une femme contre le harcèlement sexuel dans le monde de travail, basée sur une histoire vraie. L’œuvre a été supervisée par Kaori Sato qui a servi de modèle pour le personnage de Satsuki Yamaguchi. Aujourd’hui politicienne, il s’agit de l’une des premières femmes à avoir essayé de se faire entendre publiquement sur le harcèlement sexuel en entreprise.

On suit Satsuki, une intérimaire dans une entreprise dans les années 2000. Son quotidien devient un cauchemar lorsque son supérieur hiérarchique lui fait des avances, de plus en plus entreprenant. Lorsqu’elle résiste, il n’hésite à pas recourir au harcèlement moral avec abus de pouvoir, lui causant aussi des torts dans sa carrière en plus de l’impact psychologique. Cependant Satsuki ne fléchit pas facilement et essaiera de faire tout ce qu’elle peut pour résoudre cette situation. Au début, elle ne sait pas comment gérer celle-ci et pense que cela finira par s’arranger si elle essaie de garder la distance sans froisser son supérieur et elle prend sur elle. Finalement elle réussit à s’exprimer clairement mais cela n’arrange pas les choses. On voit pourquoi beaucoup de femmes n’osent pas parler des agressions qu’elles subissent et baissent les bras, ne trouvant pas de soutien auprès de personnes qui minimisent ces actes ou qui ne veulent pas se confronter à des problèmes. Ainsi la force de Satsuki est mise à rude épreuve. La route pour se reconstruire après un tel traumatisme est longue. Heureusement elle finit par trouver un soutien précieux auprès d’une association de femmes et se rend compte qu’elle n’est pas seule.

J’avoue que j’étais un peu sceptique au début et j’ai été agréablement surprise. En effet, j’admire l’originalité des histoires de Reiko Momochi et les thèmes qu’elle choisit mais j’ai parfois du mal avec la manière dont elle les aborde et sa narration, notamment dans Double Je où j’avais l’impression qu’elle se perdait dans son histoire entre les différents rebondissements de situations dramatiques. Finalement, contrairement à mes craintes, j’ai trouvé que malgré la gravité du sujet, la mangaka réussit à le traiter avec justesse. La mise en scène est réussie et l’impact psychologique est très bien montré. On sent bien l’angoisse de l’héroïne face à ce pervers narcissique et sa volonté désespérée de se faire entendre. Après, on a toujours des mises en scènes un peu clichés, comme le sourire du méchant juste avant de ruser. Malheureusement les différentes étapes sont assez réalistes mais on nous informe aussi sur les différentes tactiques des bourreaux et nous donne des idées pour se protéger. Ainsi, on voit que ce ne sont pas toujours des personnes dont on se méfie qui nous font du mal. On nous explique aussi le contexte de l’époque au Japon avec la difficulté de trouver un emploi. Le Japon est une société patriarcale et le respect de la hiérarchie est importante mais on voit aussi que certaines choses ont quand même changé comme le fait qu’un cadeau de valeur d’un supérieur qui peut être considéré comme une preuve d’harcèlement aujourd’hui contrairement à l’époque. Le tome donne un message de soutien et d’espoir.

J’aime bien la couverture avec le bris de glace sur l’héroïne, qui présente bien le contenu de manière symbolique. On clôture le tome avec quelques scènes de la vie quotidienne de Momochi.

Fiche réalisée grâce au service de presse des éditions Akata.

  • Scénario
  • Dessin
3.8

Résumé

Un premier tome bien mené qui traite avec justesse un sujet délicat toujours d’actualité.

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