Veil

Veil


Résumé :

Entièrement en couleur, ce manga est construit comme une représentation de petits moments de vie entre les deux protagonistes, interrompus par de sublimes illustrations offrant comme un sentiment de rêverie.
L’homme est un officier de police, la femme est aveugle ou du moins n’ouvre jamais les yeux. Les noms, les lieux, l’époque n’ont pas d’importance, car notre plaisir consiste à simplement les regarder se rapprocher l’un de l’autre à travers les chapitres. Source : Manga News

Avis principal par Beldaran

Après le très sympathique Spe Op !, je me lance à la découverte de Veil, titre singulier, navigant entre manga et artbook, à l’image des choix de publication des éditions Noeve Grafx.

L’œuvre a d’abord été publiée en numérique avant d’être éditée par les éditions Jitsugyô no Nihonsha. Pensée comme un dytique, le succès fait qu’un troisième volume sortira le 18 décembre prochain au Japon et je suis particulièrement impatiente de le parcourir. C’est mon coup de cœur de cette fin d’année. J’ai adoré cette lecture particulière.

Le récit est d’une grande simplicité et enchaine les saynètes qui dépeignent de courts moments du quotidien de deux êtres que le hasard a rapproché. Une plaque d’égout ouverte, une canne et c’est le début d’une histoire délicate, tout en élégance. Différents éléments nous indiquent que les évènements se déploient dans une ville russe mais la localisation n’est pas réellement importante, même si elle apporte un supplément à l’ambiance. Les personnages sont au cœur de l’œuvre. Leurs noms ne sont révélés qu’à la fin du premier volume mais ils sont presque accessoires. De fil en aiguille l’homme aide la femme aux yeux fermés à trouver un travail et à vivre dans le monde extérieur. Dans les faits, ils ne travaillent jamais mais boivent beaucoup de thé et ça, c’est important.

Le temps qui passe est marqué par la chevelure de la femme qui pousse délicatement, permettant à l’auteur d’expérimenter différentes coiffures.

Les dialogues des courts chapitres en révèlent peu sur les protagonistes mais ce point est comblé par les différents monologues humains et mobiliers, soignés qui ponctuent l’ouvrage. S’intercalent également de nombreuses illustrations de pleine page, évoquant des affiches de mode à l’ancienne. C’est très bien fait et le lecteur est guidé de manière galante au fil des pages.

Le lien qui se tisse entre l’homme et la femme est touchant. L’homme est particulièrement attentionné et protecteur, par différents petits gestes il guide la femme qui a définitivement déchiré sa prison de soie. La femme ne pouvant voir, est très tactile. Elle ressent tout de manière intense, provoquant régulièrement la confusion de l’homme. Le volume 2 qui reprend la même formidable formule du tome 1, indique qu’ils se sont rapprochés. Ils sont de plus en plus complices et la femme semble avoir gagné une réelle liberté. Nous n’avons pas envie de les quitter.

L’atmosphère de l’histoire est unique et raffinée. Elle est renforcée par des graphismes délicats, rehaussés par des couleurs chatoyantes dont le choix est pertinent. Les illustrations de pleine page sont magnifiques et le mot est faible. Elles complètent brillamment le récit. L’auteur a construit ses volumes de manière intelligente et offre au lecteur un voyage unique qu’il peine à abandonner.

Cette balade élégante est magnifiée par l’édition qui est exceptionnelle. J’ai au la chance de pouvoir acquérir le coffret qui semble être en rupture. C’est un écrin tout en finesse parfait pour accueillir les deux volumes. Il y a des imprimés à l’extérieur et à l’intérieur. Un vernis sélectif a été ajouté aux éléments noirs pour le plus bel effet.

Les tomes quant à eux sont en grand format et surtout tout en couleurs. Cerise sur le gâteau, le papier ou plutôt les papiers permettent une lecture tactile si j’ose écrire, nous mettant dans la peau de la femme tandis que l’explosion des couleurs nous offre la vision de l’homme. J’ai adoré les changements de textures. Le travail sur les jaquettes est très bon. Elles sont en papier constellation martelé, souligné de marquage en or pour le titre et le numéro. Vous l’aurez compris l’édition est clairement à la hauteur de l’œuvre. Avec le coffret vous aviez droit à 3 cartes métallisées. La traduction à 4 mains de Yukari Maeda et Patrick Honnore est excellente également.

  • Scénario
  • Dessin
4.5

En conclusion

Veil est l’excellente surprise de fin d’année. Une tranche-de-vie singulière et élégante qui nous offre un voyage atypique. C’est un coup de cœur !

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