Belle

Belle

Avis principal par Aela

Résumé : Dans la vie réelle, Suzu est une adolescente complexée, coincée dans sa petite ville de montagne avec son père. Mais dans le monde virtuel de U, Suzu devient Belle, une icône musicale suivie par plus de 5 milliards de followers. Une double vie difficile pour la timide Suzu, qui va prendre une envolée inattendue lorsque Belle rencontre la Bête, une créature aussi fascinante qu’effrayante. S’engage alors un chassé-croisé virtuel entre Belle et la Bête, au terme duquel Suzu va découvrir qui elle est.

Après une année marquée par une annulation de dernière minute, Les Utopiales, le festival international de science-fiction qui se déroule à Nantes fin octobre/début novembre a fait son grand retour avec une très chouette programmation à la fois du côté de la compétition internationale de longs-métrages et du côté des projections jeunes publics. Depuis plusieurs années, j’ai pris pour habitude d’assister au maximum de projections de la compétition internationale de longs-métrages et cette année, le film qui était choisi pour faire l’ouverture du festival n’était autre que Belle, le film très attendu de Mamoru Hosoda, connu pour avoir réalisé La Traversée du Temps, Summer Wars, Le Garçon et la Bête, entre autres. Je dois avouer que j’avais une très grosse attente concernant Belle, les différents teasers et bandes-annonces étaient fort alléchants. Alors, quand je l’ai vu dans la programmation des Utopiales, j’étais hyper contente et j’ai réservé ma place dès que cela a été possible. Alors, le film a-t-il été à la hauteur de mes attentes ? Mérite-t-il toute la hype qu’il y a autour de lui ? Réponse à la fin de la chronique.

Suzu est une adolescente introvertie et ne souhaite pas être le centre de l’attention. Elle n’a pas toujours été comme cela, petite fille elle adorait chanter et puis sa voix s’est tue. Sa meilleure amie lui fait un jour parvenir un lien pour s’inscrire sur U, un monde virtuel où tout est possible, un monde où elle peut s’exprimer sans être reconnue, un monde où elle retrouve sa voix. Elle est anonyme pour ses 5 milliards de followers et ça lui va bien, au début… Car même cachée derrière l’avatar de Belle, elle reste la timide Suzu et c’est compliqué pour elle de mener une double vie. L’arrivée de la Bête, un avatar qui porte en lui une colère dévastatrice, va mener Suzu à s’interroger sur elle, sa vie et ses relations.

Mamoru Hosoda propose une très chouette relecture du conte de la Belle et la Bête en choisissant l’axe de l’adolescence, de ses doutes et de ses interrogations. Finalement, de nombreux thèmes forts sont abordés tels que le décès, le deuil, le mal être adolescent, la maltraitance physique ou psychologique. De la difficulté à communiquer malgré la multiplication des canaux de communication qui peuvent conduire malgré tout à un isolement. Hosoda montre les différentes facettes du réel et du virtuel mais sans jamais prendre parti car les deux sont intimement connectés, ils s’opposent et se complètent… Grâce à Belle, Suzu cherche à évoluer et à vaincre ses doutes… Mais ce n’est pas facile pour elle de laisser tomber le masque, pour cela, elle est aidée par de nombreux amis car Suzu n’est pas si seule qu’elle pourrait le penser, de nombreuses personnes se soucient d’elle et vont essayer de l’orienter pour qu’elle se retrouve. Je choisi délibérément de ne pas évoquer la Bête pour ne pas trop dévoiler, son rôle est important et j’ai trouvé terriblement touchant et attachant. Sa meilleure amie est merveilleusement sarcastique et n’hésite pas à balancer des vieilles punchlines bien tranchantes à Suzu. J’ai aimé l’ensemble des personnages secondaires qui ont tous un rôle à jouer. J’ai apprécié les moments de légèreté comme les moments dramatiques.

Visuellement, le film est une claque, je l’ai trouvé superbe et la réalisation est top, j’ai trouvé que Hosoda avait bien réussi à équilibrer son histoire entre le réel et le virtuel. La bande son est également très bonne, je l’ai vu en VO, je ne pourrais donc pas juger du doublage de Suzu qui sera assuré par Louane (au vu de la bande annonce dévoilée, elle a l’air de bien s’en sortir) mais la voix de Kaho Nakamura est vraiment très jolie et m’a réellement transportée. Dans la version française, les chansons ont été adaptée par Cécile Corbel qui avait déjà fait une incursion dans l’animation nippone en signant la bande originale du film Arietty et le Petit Monde des Chapardeurs des studio Ghibli.

J’ai trouvé que c’était un film émouvant à la fois mélancolique et optimiste grâce aux thèmes qu’il aborde, saupoudré d’une pincée d’humour juste bien dosé. Un vrai coup de cœur 💕

Belle a eu les faveurs du jury puisqu’il a obtenu le Grand prix du jury 2021. J’ai eu du nez parce que je l’avais prédit 😆

 

  • Scénario
  • Dessin
4.8

Résumé

Coup de cœur 💕💕 J’ai été transporté par l’histoire, la bande son et le visuel.

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